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Un sol de désert, l’oreille collée à la terre, et ce grondement qui approche comme un orage qu’on ne verrait pas venir. C’est ce qu’a décrit Olivia Wilde au micro du podcast Armchair Expert, en racontant l’accident qui a failli lui coûter la vie sur le tournage de « Cowboys & Aliens ». Désarçonnée en plein galop, elle gisait derrière un repli de terrain, invisible des quarante chevaux qui fonçaient sur elle. Si elle est là pour le raconter, c’est qu’un partenaire a placé sa propre monture en travers pour lui faire bouclier. Derrière cette scène de quasi-drame se cache un métier que le public ne voit jamais, et dont la France garde quelques maîtres : celui qui sécurise les chevaux au cinéma, un savoir-faire vieux de plus de cinquante ans de protocoles.
En bref
- La protection des cascades à cheval repose sur trois repères concrets que nous avons réunis : un label de sécurité animale né en 1972, un dressage qui commence vers 5 ans chez le cheval, et un tarif de cavalier de cinéma à partir de 460 € la journée.
- Sur « Cowboys & Aliens », Olivia Wilde galopait aux côtés de Daniel Craig et Harrison Ford, avec 40 chevaux lancés derrière eux.
- Tombée et dissimulée par un repli de terrain, elle déclare devoir la vie à un partenaire qui a fait barrage de sa monture.
- Ce sauvetage n’a rien d’un coup de chance isolé : il dit le rôle des cavaliers cascadeurs, ces professionnels invisibles du plateau.
Une chute, quarante chevaux, une seconde pour décider
La scène devait être un sommet d’action, elle a frôlé le fait divers tragique. Sur le tournage du western de science-fiction de Jon Favreau, sorti en 2011, la comédienne menait la charge au galop avec ses deux têtes d’affiche quand sa monture a buté sur un fossé et l’a éjectée. Elle est retombée sur la tête et le dos, du mauvais côté d’une bosse de terre qui la masquait à la cavalerie lancée à pleine vitesse.
« Walt Goggins m’a sauvé la vie sur ce film », a-t-elle résumé, selon le récit rapporté par le magazine Variety. En une fraction de seconde, son partenaire a tourné son cheval sur le flanc, juste devant elle, encaissant le choc pour fendre le flot en deux. Les autres cavaliers ont cru à un geste insensé. Il protégeait un corps au sol. « Je lui dois la vie. C’est un héros », conclut-elle.

Ce qui frappe, dans ce témoignage livré quinze ans après les faits, c’est l’extrême minceur de la marge. Une scène spectaculaire au cinéma tient parfois à un réflexe humain qu’aucun storyboard n’avait prévu. Et c’est précisément ce que les protocoles de sécurité cherchent à ne plus laisser au hasard.
Pourquoi le cheval est le piège le plus ancien des plateaux
Le cheval reste l’un des partenaires les plus risqués du cinéma, parce qu’il est vivant, puissant, et imprévisible. C’est d’ailleurs autour des chevaux qu’est née toute la réglementation de la sécurité animale à l’écran. En 1939, un cheval avait été précipité du haut d’une falaise pour une cascade du film « Jesse James » et y avait laissé la vie, un scandale fondateur raconté en détail par le média spécialisé Collider.
Il a fallu des décennies pour bâtir un garde-fou. La fameuse mention « Aucun animal n’a été maltraité » apparaît pour la première fois au générique en 1972. Mais c’est seulement après les abus du tournage de « Heaven’s Gate », en 1980, que l’American Humane obtient un vrai pouvoir de contrôle, avec un représentant agréé présent sur les plateaux dès qu’un animal est filmé. Le dispositif n’est pas parfait, plusieurs polémiques l’ont montré depuis, mais il a posé un principe : une scène à cheval se prépare, se surveille, et se refuse si elle met en danger l’animal ou le cavalier.

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Ces quelques repères, que nous avons rassemblés, disent une même chose. La sécurité d’une cascade équestre ne repose pas sur le courage du moment, mais sur un long travail en amont, fait de dressage, de coordination et de droit de veto.
En France, des dresseurs qui font « jouer » le cheval
De ce côté de l’Atlantique, ce savoir-faire a ses figures. Le plus connu, Mario Luraschi, a réglé les cavalcades d’innombrables films, dont « Jappeloup ». Son principe, confié au site Ciné Télé & Co., tient en une idée simple : tout se joue au dressage, jamais dans l’artifice.
Un cheval de cinéma apprend à tomber au galop, à faire le mort, à traverser le feu ou une vitre, et il entre en formation vers l’âge de cinq ans, quand sa tête est assez mûre pour comprendre que la cascade n’est pas un danger mais un jeu. Le cascadeur équestre, lui, dresse l’animal, veille à la sécurité de toute l’équipe, et apprend souvent aux acteurs à tenir en selle. Un travail d’orfèvre dont la rémunération démarre, en France, autour de 460 euros la journée. Pour mieux saisir l’ampleur d’un grand mouvement de cavalerie à l’écran, le récit qu’en fait l’intéressée vaut tous les résumés.
On y entend, sans filtre, la peur rétrospective et la gratitude. C’est aussi ce que ces métiers de l’ombre rendent possible : transformer un risque mortel en quelques secondes de pur spectacle, sans que personne, dans la salle, ne devine ce qui s’est joué.

La prochaine fois qu’une horde de chevaux traversera l’écran au galop, peut-être repenserez-vous à cette bosse de terre et à ce cavalier qui a tourné bride au bon moment. Le frisson que nous prenons pour du cinéma est, le plus souvent, le fruit d’un métier qui a tout fait pour qu’il n’arrive rien.
Questions courantes
Que s’est-il passé sur le tournage de Cowboys & Aliens ?
Olivia Wilde a raconté avoir été désarçonnée en plein galop, avec quarante chevaux lancés derrière elle. Cachée par un repli de terrain, elle a été sauvée par un partenaire qui a placé sa monture en travers pour faire barrage.
Qui assure la sécurité des chevaux sur un tournage ?
Un cascadeur équestre dresse et coordonne les animaux, tandis qu’un représentant agréé peut surveiller le plateau. Aux États-Unis, ce contrôle s’est imposé avec le label « Aucun animal n’a été maltraité ».
Depuis quand existe ce contrôle de sécurité ?
La mention « Aucun animal n’a été maltraité » apparaît au générique en 1972, mais c’est après le tournage de Heaven’s Gate, en 1980, que l’association obtient un réel pouvoir de surveillance des plateaux.
Combien gagne un cavalier de cinéma en France ?
Selon les fiches métier consultées, la rémunération d’un cascadeur équestre démarre autour de 460 euros par journée de tournage, un tarif qui reflète la technicité et le risque du métier.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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