Téléphone posé face contre table à côté d'une tasse de café dans la lumière du matin

Pourquoi 40 % d’entre nous fuient désormais les infos (et comment s’informer sans se noyer)

Quatre personnes sur dix évitent au moins parfois les actualités, un record. Derrière ce réflexe, un mécanisme du cerveau bien identifié, et quelques gestes simples pour rester informé sans saturer.

Sommaire
  1. En bref
  2. Le biais de négativité, ou pourquoi le cerveau clique sur le pire
  3. S'informer sans se noyer : quatre gestes qui changent tout
  4. Questions courantes

Le réveil sonne, la main attrape le téléphone, et avant même le café trois notifications ont déjà annoncé une guerre, une catastrophe et un scandale. À force, beaucoup d’entre nous referment l’écran. Ce n’est pas de la paresse, c’est devenu un réflexe de masse : quatre personnes sur dix dans le monde disent désormais éviter les actualités au moins de temps en temps, selon le Digital News Report 2025 de l’Institut Reuters. Surtout, ce chiffre a grimpé de onze points en huit ans, puisqu’il n’était que de 29 % en 2017. Et il ne s’agit pas d’un caprice : notre cerveau, lui, est largement programmé pour cliquer quand même.

En bref

  • L’évitement des infos est passé de 29 % en 2017 à 40 % en 2025 dans le monde, soit onze points de plus en huit ans (Institut Reuters).
  • Au Canada, 69 % des gens limitent volontairement leur accès aux nouvelles, l’un des taux les plus élevés au monde.
  • Chaque mot négatif ajouté à un titre fait grimper le taux de clic d’environ 2,3 % : le cerveau réagit au danger, même quand on dit vouloir du positif.
  • S’informer sans saturer tient à des gestes simples : fenêtres horaires, profondeur plutôt que volume, et transformer l’info en action.

Ce que nous retenons d’abord, c’est que fuir les nouvelles n’a rien d’irrationnel. Le problème n’est pas vous, il est en partie dans la mécanique même de l’information.

Main faisant défiler un smartphone dans la pénombre, lueur bleutée de l'écran
Le défilement sans fin exploite un câblage ancien du cerveau.

Le biais de négativité, ou pourquoi le cerveau clique sur le pire

Nos ancêtres qui repéraient vite le danger vivaient plus longtemps que les insouciants. Le cerveau a gardé ce câblage : il accorde plus de poids aux signaux menaçants qu’aux bonnes nouvelles. C’est le biais de négativité, et il se mesure noir sur blanc dans nos clics. Une étude publiée dans Nature Human Behaviour a analysé près de 105 000 variantes de titres ayant généré environ 5,7 millions de clics : chaque mot négatif ajouté à un titre augmentait le taux de clic d’environ 2,3 %, tandis qu’un mot positif le faisait baisser. Nous cliquons donc sur ce qui nous angoisse, puis nous nous en voulons.

Le souci, c’est que cette boucle a un coût. Une étude de l’université Texas Tech a identifié un noyau dur de gros consommateurs : environ 16,5 % des adultes interrogés présentaient une consommation d’actualités jugée problématique. Parmi eux, 61 % rapportaient un mal-être physique marqué (fatigue, douleurs, troubles digestifs), contre seulement 6 % des autres participants. Le robinet d’infos en continu n’est pas neutre pour le corps.

Évitement des actualités : 29 % en 2017, 40 % dans le monde en 2025, 69 % au Canada
Graphique Actu Alt Plus. Sources : Institut Reuters (Digital News Report 2025), édition canadienne.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

La hausse n’est pas qu’une moyenne abstraite. Dans certains pays, l’évitement est devenu majoritaire : au Canada, 69 % des personnes disent limiter volontairement leur accès aux nouvelles, l’un des taux les plus élevés relevés. En France, l’intérêt général pour l’actualité est lui aussi bas, autour de 36 %, ce qui va de pair avec ce mouvement de retrait. La fatigue informationnelle n’est plus une exception, c’est une tendance de fond.

Article de fond posé sur un bureau avec un carnet et un stylo dans une lumière chaude
Un article de fond informe plus, et angoisse moins, que trente alertes.

S’informer sans se noyer : quatre gestes qui changent tout

Bonne nouvelle : se protéger ne veut pas dire se couper du monde. Il existe un entre-deux confortable entre le doomscrolling permanent et l’ignorance totale, et il tient à quelques habitudes simples.

D’abord, posez des fenêtres horaires. Plutôt que de picorer l’info toutes les dix minutes, choisissez un ou deux moments dédiés, idéalement pas au réveil ni au coucher, où le cerveau encaisse le moins bien. Ensuite, privilégiez la profondeur au volume : un seul article de fond bien sourcé vous apprend plus, et vous angoisse moins, que trente alertes répétant la même catastrophe sous des titres différents. Coupez d’ailleurs les notifications de breaking news, ces aimants à anxiété conçus précisément pour exploiter le biais qu’on vient de décrire. Le même réflexe vaut le soir, quand l’écran rogne sur le sommeil et qu’il devient tentant de chercher un refuge anti-doomscroll ailleurs que dans le fil d’actualité.

Enfin, transformez l’information en action. Une nouvelle qui débouche sur un geste concret, un don, un vote, une conversation, un changement d’habitude, pèse beaucoup moins lourd qu’une nouvelle qu’on subit, impuissant. Les psychologues parlent d’information utile plutôt que d’information subie : c’est elle qui nourrit sans épuiser. S’informer reste un acte de citoyen, à condition de le faire à votre rythme, et non à celui des algorithmes.

Questions courantes

Est-ce grave d’éviter les infos de temps en temps ?
Non. Le faire par moments, pour souffler, est sain et de plus en plus courant : 40 % des gens le pratiquent. Ce qui pose problème, c’est l’évitement total et durable, qui finit par couper du monde.

Pourquoi les mauvaises nouvelles attirent-elles autant ?
À cause du biais de négativité : notre cerveau accorde plus de poids aux menaces qu’aux bonnes nouvelles, un héritage de survie. L’étude de Nature Human Behaviour le confirme, chaque mot négatif dans un titre augmente le taux de clic.

Comment rester informé sans saturer ?
Fixez une ou deux fenêtres horaires, coupez les notifications de breaking news, préférez un article de fond à trente alertes, et privilégiez l’info qui mène à une action concrète.

Le suivi intensif de l’actualité peut-il nuire à la santé ?
Oui, chez les plus gros consommateurs. Dans une étude de Texas Tech, 61 % des personnes à la consommation problématique rapportaient un mal-être physique marqué, contre 6 % des autres.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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