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Le 9 juin, le service statistique de l’Éducation nationale a livré son baromètre annuel du harcèlement à l’école : 3 % des écoliers, 4 % des collégiens et 2 % des lycéens se déclarent en situation de harcèlement, selon la note de la Depp. Le chiffre paraît bas, presque rassurant. Sauf qu’à côté de cette poignée d’élèves nettement repérés, un autre nombre se tient dans l’ombre : 13 % des écoliers vivent une dégradation de leur vie scolaire que le seuil officiel ne range pas dans la case « harcèlement ». C’est cette zone grise, plus de quatre fois plus large que le noyau dur en primaire, qui dit le mieux ce qui se joue dans une cour de récréation.
En bref
- Baromètre Depp du 9 juin 2026 : 3 % des écoliers, 4 % des collégiens, 2 % des lycéens se déclarent harcelés.
- Au-delà du seuil, 13 % des écoliers, 6 % des collégiens et 5 % des lycéens sont en situation « intermédiaire à surveiller ».
- 33 240 questionnaires exploités dans 678 établissements, du CE2 à la terminale.
- Une autre enquête, l’enquête Enabee, estime à plus de 16 % les 6-11 ans probablement victimes : la mesure dépend de la méthode.
L’enquête en est à sa troisième édition. Du CE2 à la terminale, les élèves remplissent une grille d’auto-évaluation pendant la Journée nationale de lutte contre le harcèlement, en novembre. Au total, 678 établissements ont transmis leurs grilles et 33 240 questionnaires ont pu être exploités. Est compté « en situation de harcèlement » l’élève qui déclare subir de manière répétée des atteintes de ses camarades et exprime une perception négative de sa vie scolaire. Deux conditions cumulées, donc un filtre assez strict.

Le seuil officiel et tout ce qu’il laisse dehors
C’est précisément ce filtre qui crée la zone grise. Un enfant peut subir des moqueries répétées sans cocher la deuxième condition, ou dire que ça va mal sans que les atteintes soient jugées assez fréquentes. La Depp a un mot pour ces situations qui frôlent le seuil sans le franchir : « intermédiaires à surveiller ». Elles concernent 13 % des élèves en primaire, 6 % au collège et 5 % au lycée. Pour bien voir l’écart entre ce qui est compté et ce qui couve, voici les deux niveaux côte à côte, par âge.

La lecture est nette : en primaire, pour un écolier classé victime, il y en a plus de quatre autres dans l’angle mort. L’écart se resserre avec l’âge, comme si la mécanique se durcissait et se concentrait au collège, là où la part de harcèlement déclaré est la plus haute. La zone grise n’est pas un détail statistique, c’est le terrain où une situation peut basculer, dans un sens ou dans l’autre.
Pourquoi 3 % ici et 16 % ailleurs
Reste une question qui dérange : comment un même pays peut-il afficher 3 % d’écoliers harcelés d’un côté, et plus du quintuple de l’autre ? En janvier, l’agence Santé publique France estimait, via son enquête Enabee, que plus de 16 % des enfants de 6 à 11 ans sont des victimes probables. Les deux chiffres ne se contredisent pas, ils ne mesurent pas la même chose. La Depp interroge directement l’élève et croise deux conditions strictes ; Enabee passe par les parents et les enseignants et compte les victimes « probables » sur un faisceau d’indices. Une mesure resserrée contre une mesure large : l’écart, c’est la zone grise rendue visible par une autre méthode. L’enquête Enabee ajoute d’ailleurs que près de 18 % des enfants de cet âge ont des comportements agressifs, et que 6 % cumulent les deux rôles, victime et agresseur, deux faces souvent prises dans la même mécanique. La Depp le reconnaît elle-même : ses chiffres sont toujours plus bas que ceux des autres études, parce qu’ils exigent que l’élève coche, lui-même, deux cases à la fois.
Cette année, un changement de protocole brouille encore les comparaisons. Pour la première fois, et sur la base du volontariat, les élèves pouvaient inscrire leur nom et leur prénom sur la grille. La Depp prévient elle-même que ce passage au non-anonyme a pu modifier les réponses et qu’il « pourrait être à l’origine » de la baisse uniforme observée par rapport à 2024, de l’ordre d’un à deux points. Autrement dit, écrire son nom en haut d’une feuille où l’on raconte qu’on est victime n’est pas neutre. Le résultat n’est donc pas comparable à ceux de 2023 et 2024.

Ce que la moyenne efface
Derrière les pourcentages nationaux se cachent des écarts brutaux. L’étude relève que les garçons sont autant concernés que les filles, et qu’au lycée tout dépend de la filière : en deuxième et troisième année de CAP, la part d’élèves touchés grimpe jusqu’à huit fois celle des autres lycéens. La moyenne lisse ces poches, comme elle lisse la zone grise. Pour une famille, le bon réflexe est moins de guetter le seuil officiel que les signaux faibles, ceux qui peuplent justement la catégorie « à surveiller » : un enfant qui invente des maux de ventre le matin, qui perd ses affaires, qui se tait sur sa journée. La ligne d’écoute nationale contre le harcèlement, le 3018, est gratuite et anonyme.
Le mérite de ce baromètre n’est pas de livrer un chiffre rond et apaisant. C’est de nommer une frontière, et de montrer combien d’enfants vivent juste en dessous, là où personne ne déclenche encore l’alerte.
Questions courantes
Que dit le baromètre Depp 2026 ?
Publié le 9 juin 2026, il indique que 3 % des écoliers, 4 % des collégiens et 2 % des lycéens se déclarent en situation de harcèlement scolaire, à partir de 33 240 questionnaires d’auto-évaluation.
C’est quoi la « zone grise » des 13 % ?
Ce sont les élèves en situation « intermédiaire à surveiller » : une vie scolaire qui se dégrade sans franchir le seuil strict du harcèlement. Elle touche 13 % des écoliers, 6 % des collégiens et 5 % des lycéens.
Pourquoi d’autres études donnent plus de 16 % ?
L’enquête Enabee de Santé publique France interroge parents et enseignants et compte les victimes « probables », une mesure plus large que les deux conditions strictes retenues par la Depp. Les deux ne mesurent pas la même chose.
Les chiffres baissent-ils vraiment ?
La Depp invite à la prudence : les élèves pouvaient cette année donner leur nom, ce qui a pu modifier les réponses. Les résultats ne sont pas comparables à ceux de 2023 et 2024.
Que faire si je soupçonne une situation ?
Surveiller les signaux faibles (refus d’aller en classe, maux inexpliqués, isolement) et contacter le 3018, numéro national gratuit et anonyme, ou l’équipe de l’établissement.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
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