Allée de baies de serveurs éclairées de petites diodes bleues, tuyaux de refroidissement au plafond d’un centre de données

Consommation de l’IA : les centres de données, IA comprise, pèsent 1,1 % de l’électricité française

Électricité, eau, prix au million de tokens, règles en vigueur : ce que l’intelligence artificielle consomme vraiment en France, et pourquoi les gigawatts annoncés trompent.

Sommaire
  1. En bref
  2. Quelle part de l’électricité française pour les centres de données ?
  3. Combien consomme une requête d’intelligence artificielle ?
  4. Quelle consommation d’eau pour les centres de données en France ?
  5. Que coûte vraiment un million de tokens ?
  6. Que la loi interdit-elle déjà en France ?
  7. Questions courantes

Décryptage

Les centres de données consomment environ 5 TWh d’électricité par an en France, soit 1,1 % des 451 TWh consommés dans le pays en 2025. RTE, le gestionnaire du réseau à haute tension, en attend environ 15 TWh en 2030 si 60 % des projets identifiés voient le jour. L’eau prélevée, le prix au million de tokens et les interdits légaux se mesurent aussi.

En bref

  • Au taux d’utilisation actuel, les 14 GW réservés par les centres de données sur le réseau consommeraient environ 27 TWh par an.
  • En Irlande, les centres de données absorbent 23 % de l’électricité relevée aux compteurs.
  • Une requête Gemini consomme 0,26 mL d’eau selon Google ; une réponse de Le Chat, 45 mL selon Mistral AI, qui inclut la fabrication des serveurs.
  • Les centres suivis par l’Arcep ont prélevé autant d’eau potable qu’une ville d’environ 11 000 habitants.
  • En Europe, les règles sur les IA à haut risque ne s’appliqueront qu’au 2 décembre 2027.

Quelle part de l’électricité française pour les centres de données ?

L’estimation de 5 TWh figure dans le bilan prévisionnel 2025-2035 de RTE, publié le 9 décembre 2025. Elle couvre l’ensemble des centres de données, sans isoler la part de l’intelligence artificielle.

Le bilan électrique 2025 de RTE précise une partie de ce total. Les centres installés sur un site dédié et branchés sur le réseau de transport ont consommé près de 1 TWh en 2025, contre environ 0,8 TWh en 2024. Leur consommation a doublé entre 2021 et 2025. RTE l’attribue en partie au stockage et au traitement de volumes de données croissants, et à l’intelligence artificielle. Les centres raccordés au réseau de distribution d’Enedis ont, eux, consommé environ 3 TWh en 2024.

La hausse se lit aussi chez les opérateurs de centres de données suivis par l’Arcep, le régulateur des télécoms. Leur consommation électrique a progressé de 8 % en 2023, selon l’édition 2025 de son enquête, puis de 12 % en 2024.

Selon le périmètre retenu, la part française va de 0,2 % à 1,1 % de la consommation du pays.

PérimètreAnnéeConsommation (TWh)Part de la consommation du territoire
France, centres « sur site dédié » (réseau RTE)20240,80,2 %
France, centres « sur site dédié » (réseau RTE)202510,2 %
France, centres raccordés au réseau Enedis202430,7 %
France, ensemble des centres de données (estimation RTE)202551,1 %
France, trajectoire RTE si 60 % des projets aboutissent2030153,3 % (base 2025)
France, consommation totale (corrigée du climat)2025451100 %
Irlande, centres de données20247,022 %
Irlande, centres de données20257,723 %
Europe, centres de données20246215 % du total mondial
Monde, centres de données20244151,5 %
Monde, projection AIE2030945non publiée
Monde, projection AIE (scénario de base)20351 200non publiée

Pourquoi les centres de données pèsent-ils bien plus en Irlande ?

Selon l’office statistique irlandais, les centres de données du pays ont consommé 7 663 GWh en 2025, 23 % de l’électricité relevée aux compteurs. Dix ans plus tôt, c’était 5 %.

Tout se joue au dénominateur : les compteurs irlandais totalisent environ 33 TWh, contre 451 TWh en France. Les centres de données irlandais consomment pourtant davantage que les nôtres : 7,7 TWh contre environ 5.

À l’échelle mondiale, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) chiffre leur consommation à 415 TWh en 2024, soit 1,5 % de l’électricité de la planète. Elle l’attend vers 945 TWh en 2030, un peu plus que toute la consommation actuelle du Japon. Les États-Unis en représentent 45 %, la Chine 25 % et l’Europe 15 %.

Avec 1,1 % de l’électricité consommée en 2025, la France reste sous la moyenne mondiale ; la trajectoire de RTE la porterait vers 3,3 % en 2030.
Avec 1,1 % de l’électricité consommée en 2025, la France reste sous la moyenne mondiale ; la trajectoire de RTE la porterait vers 3,3 % en 2030.
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Pourquoi les gigawatts annoncés trompent-ils ?

Parce qu’une puissance réservée n’est pas une énergie consommée. Fin novembre 2025, les centres de données détenaient 14 GW de droits d’accès au réseau de transport, sur environ 30 GW attribués à l’ensemble des projets d’électrification.

Un centre neuf monte lentement en charge, parfois pendant plusieurs années. Selon RTE, les centres déjà raccordés au réseau de transport n’utilisent en moyenne que 22 % de leur puissance de raccordement. Leurs capacités vont de 40 à 240 MW et totalisent 770 MW fin 2025, surtout en Île-de-France.

À ce taux, les 14 GW consommeraient environ 27 TWh par an, 6 % de l’électricité française. À pleine puissance toute l’année, ils dépasseraient 120 TWh : une borne théorique. Tous les projets n’aboutiront pas non plus : la trajectoire de RTE n’en retient que 60 %.

Combien consomme une requête d’intelligence artificielle ?

Selon une mesure publiée par Google le 21 août 2025, une requête texte médiane adressée à Gemini consomme 0,24 Wh d’électricité et 0,26 mL d’eau. L’eau tient en cinq gouttes. Le calcul inclut les puces qui calculent, les machines tenues en réserve et le refroidissement du bâtiment. Google y annonce avoir divisé par 44, en douze mois, l’empreinte carbone de cette requête médiane.

Mistral AI a publié le 22 juillet 2025 une analyse de cycle de vie de son assistant Le Chat. Elle a été conduite avec l’Agence de la transition écologique (ADEME) et le cabinet Carbone 4. Une réponse de 400 tokens y coûte 45 mL d’eau et 1,14 g d’équivalent CO2. Ce chiffre mesure l’impact marginal d’une réponse, fabrication du matériel comprise ; l’entraînement est chiffré à part.

L’écart entre les deux chiffres d’eau tient d’abord à ce qu’ils comptent. L’entraînement est massif mais ponctuel ; l’inférence, le calcul d’une réponse, revient à chaque question ; le bâtiment consomme pour refroidir les machines. Aucun des deux n’inclut l’entraînement ; Mistral AI ajoute la fabrication des serveurs. Un chiffre qui ne dit pas son périmètre ne se compare à rien.

Quelle consommation d’eau pour les centres de données en France ?

Les opérateurs de centres de données interrogés par l’Arcep ont prélevé 575 000 m³ d’eau en 2024, presque entièrement potable. Son enquête « Pour un numérique soutenable », publiée le 21 mai 2026, en interroge 23, qui exploitent près de 160 centres. Ce volume retrouve un niveau proche de 2022, après une hausse exceptionnelle en 2023.

Un habitant consomme en moyenne 52 m³ d’eau potable par an, selon l’observatoire des services d’eau (données 2024). Ces 160 centres ont prélevé autant qu’une ville d’environ 11 000 habitants. Le périmètre se limite aux opérateurs interrogés, pas à tous les sites du pays.

Le mode de refroidissement arbitre entre l’eau et l’électricité. Un refroidissement par évaporation dépense de l’eau pour économiser du courant ; un circuit fermé fait l’inverse. L’indicateur à demander à un exploitant est le WUE, en litres par kilowattheure.

Que coûte vraiment un million de tokens ?

Les modèles d’IA se vendent aux entreprises et aux développeurs au token, par paquet d’un million. Deux tarifs coexistent : l’entrée, ce que vous envoyez, et la sortie, ce que le modèle écrit, facturée plus cher.

Au 14 octobre 2026, la grille d’Anthropic affiche Claude Opus 5.5 à 4 dollars en entrée et 20 en sortie, Claude Haiku 4.5 à 1 et 5 dollars. La grille de xAI place Grok 4.7 à 2 et 6 dollars. Celle de Mistral AI affiche le million de tokens de Mistral Large 4 à 1,36 dollar en entrée et 4,18 en sortie. La promotion en cours le ramène à 0,68 et 2,09 dollars, sans date de fin indiquée.

Que la loi interdit-elle déjà en France ?

En France, la loi interdit déjà de diffuser sans consentement des deepfakes sexuels. L’article 226-8-1 du code pénal, créé par la loi du 21 mai 2024 sur l’espace numérique, punit cette diffusion faite sans l’accord de la personne représentée. Il couvre les contenus sexuels générés par un traitement algorithmique qui reproduisent l’image ou les paroles d’une personne.

La peine atteint deux ans de prison et 60 000 euros d’amende. Elle passe à trois ans et 75 000 euros si la diffusion emprunte un service en ligne.

Depuis le 2 février 2025, le règlement européen sur l’IA proscrit aussi plusieurs usages : la notation sociale, les bases de reconnaissance faciale constituées par moissonnage d’images, la reconnaissance des émotions au travail ou à l’école. Selon la Commission européenne, la génération de contenus intimes non consentis ou pédocriminels rejoint cette liste en décembre 2026.

Les obligations des modèles d’IA à usage général s’appliquent depuis le 2 août 2025. Celles des systèmes à haut risque, comme le tri de candidatures, ne s’appliqueront qu’au 2 décembre 2027. Pour les IA intégrées à des produits, ascenseurs ou jouets, l’échéance est fixée au 2 août 2028.

Vrai ou faux ?

  1. Les centres de données consomment déjà plus de 5 % de l’électricité française.

    Faux. Environ 5 TWh sur 451 TWh consommés en 2025, soit 1,1 %, selon les bilans de RTE.

  2. Un centre de données raccordé utilise bien moins de puissance qu’il n’en a réservé.

    Vrai. Les sites branchés sur le réseau de transport utilisent en moyenne 22 % de leur puissance de raccordement, selon RTE.

  3. Les règles européennes sur les IA à haut risque, comme le tri de CV, s’appliquent depuis le 2 août 2026.

    Faux. Elles ont été repoussées au 2 décembre 2027, et au 2 août 2028 pour les IA intégrées à des produits.

Questions courantes

Les 5 TWh des centres de données français sont-ils tous dus à l’IA ?
Non. L’estimation de RTE couvre l’ensemble des centres de données, qui servent aussi au stockage, au traitement et à la sécurisation des données. RTE cite l’intelligence artificielle parmi les causes de la hausse, sans en isoler la part.

Les nouveaux centres de données sont-ils plus puissants ?
Oui. Selon l’Arcep, les centres ouverts en 2024 affichent en moyenne 20 MW, plus du double des centres ouverts en 2023 (9 MW) et près de sept fois la moyenne des centres existants en 2023 (3 MW).

Une réservation de 14 GW, est-ce beaucoup pour le réseau ?
C’est près de la moitié des quelque 30 GW de droits d’accès attribués fin novembre 2025 à tous les projets d’électrification, devant l’hydrogène (9,5 GW) et l’industrie (6,5 GW).

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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