Un éléphant d’Asie adulte observe une boîte transparente posée au sol, la trompe relevée, dans un centre de soins tropical.

Éléphants d’Asie, test du détour : la paroi transparente ne les piège pas, l’âge si

Seize éléphants d’Asie ont contourné une vitre sans marquer d’hésitation, aussi vite que devant une paroi opaque. Le détail que l’étude glisse plus loin : la latence grimpe à 8,18 secondes dès que l’ouverture change de côté, et elle s’allonge avec l’âge.

1,16 seconde. C’est le temps qu’un éléphant d’Asie met à contourner une paroi transparente pour atteindre le fruit qu’il voit à travers. Seize d’entre eux ont passé ce test du détour au National Elephant Institute de Lampang, en Thaïlande, sous l’œil d’une équipe de Hunter College (CUNY) et de la Golden Triangle Asian Elephant Foundation, qui publie ses mesures le 9 septembre 2026 dans PLOS One. Devant la boîte opaque, la même manœuvre leur prenait 1,51 seconde : la vitre ne les a pas ralentis.

Le test du détour est un classique de la psychologie comparée : il mesure le contrôle inhibiteur, cette capacité à renoncer au chemin direct vers une récompense visible. Les chercheurs ont d’abord appris aux éléphants à faire le tour d’un cube opaque ouvert sur un seul côté, garni d’une tranche d’ananas, d’une demi-pomme ou d’une petite banane. Puis ils ont posé au même endroit un cube transparent percé de trous de 2 centimètres : le fruit restait visible et odorant droit devant, le passage restait sur le côté. Cinq des seize éléphants étaient attachés pendant l’épreuve, comme le veut l’usage du centre, et leurs mahouts pouvaient seulement dire « avance », « recule » et « viens ».

Le bout d’une trompe s’engage par l’ouverture latérale d’un cube transparent contenant un fruit.
Le passage est sur le côté, le fruit se voit droit devant : c’est tout le test du détour.

Ce qui a vraiment fait hésiter les éléphants

Franchir la vitre ne leur a coûté aucune hésitation supplémentaire : 1,16 seconde contre 1,51 devant l’opaque, soit un écart statistiquement nul (χ²=0,37, p=0,54). L’étude rappelle que sur des épreuves de détour comparables, les grands singes passent sans jamais toucher la barrière, ou presque, et que les corvidés se tiennent à leur niveau. Les éléphants d’Asie rejoignent cette liste.

Le vrai obstacle est venu après. Sur les 16 éléphants d’Asie testés au National Elephant Institute de Lampang, en Thaïlande, la latence avant de s’engager passe de 2,21 à 8,18 secondes dès que l’ouverture de la boîte change de côté, selon l’étude publiée le 9 septembre 2026 dans PLOS One. Soit 3,7 fois plus de temps pour défaire le geste qu’ils venaient d’apprendre (χ²=59,9, p<0,001). Une fois entrés, ils traînaient aussi davantage au premier passage devant la vitre : 8,52 secondes à l’intérieur contre 5,94 ensuite (p=0,013), le temps de situer le fruit. Le détour finissait toujours par arriver, et toutes les épreuves ont été bouclées en moins de 60 secondes, 3,68 secondes en moyenne.

Latence moyenne avant de s’engager dans le détour, par condition (PLOS One, 9 septembre 2026).
ConditionLatence moyenne
Cube opaque, familiarisation1,51 s
Cube transparent, premier passage1,16 s
Ouverture inchangée2,21 s
Après rotation de l’ouverture8,18 s
Toutes épreuves confondues3,68 s

L’animal se prête à ce genre de mesure depuis longtemps. AAP mesurait le 22 juillet 2026 que les éléphants s’entendent à 10 km par le sol, grâce à un os d’oreille surdimensionné ; un mois plus tôt, c’était la peau de leur trompe, dont le dessus est 3,14 fois plus rigide que le dessous.

L’âge allonge l’hésitation

Reste l’âge. Plus un éléphant était âgé, plus il tardait à s’engager et plus il restait longtemps dans la boîte, dans les épreuves où il fallait défaire le geste appris. L’étude y voit un indice possible de déclin cognitif et s’en tient là : l’échantillon compte 16 individus de 4 à 60 ans, dont une majorité de jeunes, ce qui rend prématurée toute conclusion sur un vieillissement établi. Le sexe, en revanche, ne change rien : entre les huit mâles et les huit femelles, aucune mesure comportementale ne diffère.

Pourquoi ce détour intéresse les clôtures électriques

Le contrôle inhibiteur ne reste pas au laboratoire. L’étude rappelle que le conflit entre humains et éléphants figure parmi les principales menaces pesant sur l’éléphant d’Asie : les animaux entrent dans les cultures en contournant les barrières installées par l’homme, clôtures électriques comprises. Pour éviter la décharge, il faut réprimer l’envie de marcher droit vers les champs et chercher une autre entrée. Comprendre comment un éléphant apprend à faire le tour d’un obstacle, c’est comprendre comment il déjoue celui qu’on lui oppose. L’étude avance aussi que ce contrôle de soi pourrait servir leur vie sociale, faite de groupes qui se séparent et se reforment. Sydney Hope, qui a mené le travail, invite les agriculteurs à ne pas tout miser sur la clôture.

Votre réaction :

Article créé en collaboration avec l’IA.

Les plus lus

  1. 1Taratata 600 : la date d’enregistrement et celle de diffusionTaratata 600 : la date d’enregistrement et celle de diffusion
  2. 2Résultat du Super Loto du 18 septembre : 13 millions gagnésRésultat du Super Loto du 18 septembre : 13 millions gagnés
  3. 3Steam Frame, 72 heures pour acheter après le tirage au sortSteam Frame, 72 heures pour acheter après le tirage au sort
  4. 4Nouveau félin : le tilcayo, premier chat décrit depuis un siècleNouveau félin : le tilcayo, premier chat décrit depuis un siècle
  5. 5Résultats des évaluations nationales 2026, dès le 21 septembreRésultats des évaluations nationales 2026, dès le 21 septembre

Nos dossiers

Recevez notre sélection dans votre boîte mail

Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

Avatar illustré de Élise, voix éditoriale d'Actu Alt Plus
Elise

« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

Articles: 363