Cinq éléphantes d’Afrique rassemblées tête contre tête dans une savane sèche, au petit matin.

Chœurs d’éléphantes à Amboseli : 60 % des grondements se superposent, et les voix s’accordent

Environ 60 % des grondements d’éléphantes partent en chœur. Sur 903 appels enregistrés à Amboseli, un modèle devine mieux que le hasard ce que fait le troupeau, et les voix convergent dans trois situations sur six.

Environ 60 % des grondements d’éléphantes se produisent en chœurs superposés, et ces chœurs renseignent sur l’activité du troupeau (Scientific Reports du 1er octobre 2026). La démonstration porte sur 903 grondements d’éléphantes adultes enregistrés à Amboseli, au Kenya, entre 1986 et 2022. L’Earth Species Project les a passés à l’apprentissage automatique avec ElephantVoices et l’Amboseli Trust for Elephants.

Citer ce chiffre

Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :

Dans certaines situations, les voix se rapprochent aussi acoustiquement au fil d’un échange. Ces échanges à plusieurs voix avaient été bien moins étudiés que les appels isolés. Le corpus suit d’abord la famille d’Echo, soit 27 éléphantes nommées une par une, et la compare à 39 autres familles du parc.

Trois situations sur six font converger les voix

Un grondement sonne comme « un moteur de camion au ralenti », selon Mickey Pardo, écologue du comportement à ElephantVoices (Scientific American). Superposez-en trois ou quatre et le mélange devient difficile à démonter : isoler une voix revient à séparer deux basses jouées ensemble. Les auteurs ont donc entraîné leurs modèles sur le chœur entier.

La convergence acoustique apparaît dans trois des six situations examinées : les grandes salutations, les appels de contact et les grondements cadencés. Dans les trois autres, les voix restent distinctes. Selon Sara Keen, ce sont des situations où le groupe semble coordonner une action commune.

« Nous arrivons à entraîner un modèle capable de regarder un chœur entier et d’en tirer une interprétation de ce qui se passe. »

Sara Keen, chercheuse senior (Earth Species Project), dans Scientific American

Pourquoi s’accorder ? Les chercheurs ne tranchent pas. Le rapprochement manque en revanche quand une femelle s’adresse seulement à son petit, ou quand une éléphante lance un départ.

Plus de 10 kilomètres : AAP rapportait en juillet 2026 cette transmission par le sol, contre environ 5 kilomètres dans l’air. La convergence se joue à une autre échelle, celle d’un échange entre voisines.

Les six situations soumises au modèle

Les chercheurs n’ont pas travaillé sur un grondement générique. Chaque appel a sa fiche dans l’éthogramme d’ElephantVoices : la fiche de la petite salutation décrit une approche par l’arrière, en général d’une aînée vers une plus jeune, suivie d’une réponse plus rauque. Voici les six situations que le modèle devait retrouver.

Les six situations de grondement soumises au modèle (Earth Species Project et ElephantVoices, 1er octobre 2026)
AppelLa situation qu’il accompagne
ContactUne éléphante séparée du groupe appelle à distance
« On y va »Juste avant un départ du groupe
CadencéPendant le repos ou le repas
CooD’une femelle vers un jeune
Petite salutationApproche d’une aînée vers une plus jeune, dans la famille
Grande salutationRetrouvailles après une séparation

Avec six catégories, un tirage au sort tomberait juste environ une fois sur six. Le modèle fait mieux que le hasard. Il ne tape pas juste à chaque fois : l’étude publiée dans Scientific Reports conclut qu’un chœur porte de l’information sur le contexte, sans livrer de verdict certain. Elle réunit neuf signataires, de Louis Mahon à Joyce Poole, selon la liste des publications d’ElephantVoices.

Des micros pour repérer les couloirs

Des réseaux de capteurs peuvent écouter un paysage entier, là où l’observation directe est impraticable. C’est l’usage visé : la surveillance acoustique passive. Savoir déduire le contexte comportemental d’un enregistrement élargirait ce qu’on peut en tirer. Les auteurs citent le repérage des habitats importants et des couloirs de déplacement, puis l’aide aux stratégies de coexistence entre humains et éléphants. Les mêmes méthodes avaient déjà écouté des cachalots et des orques.

« Ce travail montre à quel point il est vital d’associer les nouvelles analyses informatiques à de vraies observations de terrain », déclare Arik Kershenbaum, zoologue à l’université de Cambridge. Il n’a pas participé à l’étude. Sur les éléphants d’Asie, c’est ce couplage qui avait livré les résultats du test du détour.

À Amboseli, chaque éléphante de la famille d’Echo a son nom : Enid, Erin, Eudora, Ella.

Votre réaction :

Article créé en collaboration avec l’IA.

Les plus lus

  1. 1Grippe et Covid : la campagne s’ouvre le 13 octobre, et un seul rendez-vous suffitGrippe et Covid : la campagne s’ouvre le 13 octobre, et un seul rendez-vous suffit
  2. 2Ballon d’or : qui est le journaliste français qui vote, et combien pèse sa voixBallon d’or : qui est le journaliste français qui vote, et combien pèse sa voix
  3. 3Ce qui change au 1er octobre 2026 : APL, gaz, franchisesCe qui change au 1er octobre 2026 : APL, gaz, franchises
  4. 46 prix Nobel 2026 annoncés du 5 au 12 octobre, l’heure de Paris prix par prix6 prix Nobel 2026 annoncés du 5 au 12 octobre, l’heure de Paris prix par prix
  5. 5Mont Royal, 3 803 m de dénivelé aux Mondiaux de MontréalMont Royal, 3 803 m de dénivelé aux Mondiaux de Montréal

Nos dossiers

Recevez notre sélection dans votre boîte mail

Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

Avatar illustré de Élise, voix éditoriale d'Actu Alt Plus
Élise

« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

Articles: 443