Une grande libellule au corps noir cerclé de jaune posée sur une tige d'herbe au bord d'un ruisseau au petit matin

La plus grande libellule de Grande-Bretagne s’est posée sur un pouce, et elle vit aussi dans nos rivières

Une naturaliste galloise a photographié un cordulégastre annelé agrippé à son doigt. La même espèce de 9 cm fréquente nos ruisseaux frais, où sa larve patiente jusqu'à cinq ans.

Sommaire
  1. En bref
  2. Une géante encore froide au petit matin
  3. La même libellule survole nos ruisseaux
  4. Pourquoi sa présence vaut un bon point pour la rivière
  5. Questions courantes

Neuf centimètres d’insecte rayé jaune et noir, agrippés à un pouce humain au lever du jour. La photo, prise mi-juin au pays de Galles par une naturaliste de l’association Buglife, a fait le tour des réseaux. On y voit la plus longue libellule de Grande-Bretagne, le cordulégastre annelé, encore engourdie par la fraîcheur du matin. Ce que l’image ne dit pas, c’est que cette géante n’a rien d’exotique pour nous : la même espèce vole au-dessus de nos ruisseaux, du Massif central aux Pyrénées, et sa présence est un assez bon bulletin de santé pour l’eau qui la porte.

En bref

  • L’espèce photographiée, le cordulégastre annelé (Cordulegaster boltonii), atteint 9 cm de long : c’est la plus grande libellule de Grande-Bretagne (source : Good News Network / Buglife).
  • Elle n’est pas britannique : elle peuple aussi la France, surtout les ruisseaux frais et bien oxygénés des zones de collines et de montagnes, jusqu’à 2 000 m d’altitude (source : INPN).
  • Sa larve vit enfouie au fond du cours d’eau et peut y passer 4 à 5 ans avant de prendre l’air.
  • La France compte 89 espèces de libellules ; 11 sont menacées de disparition, sentinelles de zones humides en recul.

Une géante encore froide au petit matin

La scène se passe près de la rivière Ceiriog, dans les collines galloises. Sarah Hawkes, agente de conservation pour Buglife Cymru, promenait son chien tôt le matin quand elle a repéré l’insecte cramponné à une tige d’herbe. Les libellules dépendent du soleil pour chauffer leurs muscles : celle-ci était encore lente, presque docile, et s’est laissée approcher jusqu’à grimper sur un doigt. D’où l’image, rare, d’une bête de 9 centimètres tenant tranquillement sur une main.

Le cordulégastre annelé doit son nom latin, Cordulegaster boltonii, à ses anneaux : un corps noir cerclé de jaune vif, comme une guêpe étirée. Malgré ses ailes fines, c’est un chasseur redoutable, capable de capturer en vol guêpes, scarabées, bourdons et même d’autres libellules. La britannique North Wales Wildlife Trust rappelle qu’on peut l’observer en vol de mai à septembre.

Gros plan sur la tête et le corps rayé jaune et noir d'un cordulégastre annelé immobile sur une tige
Encore froide au lever du jour, la libellule attend le soleil pour s’envoler.

Engourdie le matin, foudroyante l’après-midi : ce contraste tient à sa physiologie. Comme tous les insectes, elle ne produit pas sa propre chaleur et règle son activité sur la température extérieure. Le cliché du pays de Galles capture précisément ce moment de latence, juste avant que le soleil ne la relance.

La même libellule survole nos ruisseaux

Voilà le détail que l’image virale escamote. Le cordulégastre annelé n’est pas une curiosité insulaire : c’est la seule espèce de son genre à occuper une large part de l’Europe, France comprise. Selon l’Inventaire national du patrimoine naturel, elle est bien répartie sur notre territoire, jusqu’à 2 000 mètres d’altitude, avec une nette préférence pour les ruisseaux à fond sableux, clairs et bien oxygénés des régions de collines et de montagnes. Le Massif central, les Pyrénées, les contreforts boisés : autant de terrains où croiser la même géante que la photographe galloise, entre juin et octobre.

Sa larve, elle, mène une vie souterraine et patiente. Tapie au fond du ruisseau, à demi enfoncée dans le sédiment, elle guette le passage d’une proie. Elle grandit lentement, par étapes successives, et peut passer 4 à 5 ans dans l’eau avant d’émerger pour devenir adulte (2 à 3 ans seulement dans le bassin méditerranéen, plus chaud). Cinq années immergée pour quelques semaines de vol : la libellule que vous voyez filer sur l’eau a longtemps mûri sous vos pieds.

Pourquoi sa présence vaut un bon point pour la rivière

Cette dépendance au cours d’eau fait des libellules de précieuses sentinelles. Comme leur larve passe des années dans l’eau, elle ne survit que là où l’oxygène, la fraîcheur et la qualité du milieu sont au rendez-vous. Repérer un cordulégastre annelé en train de chasser, c’est donc un indice que le ruisseau au-dessus duquel il vole se porte plutôt bien.

En France, 89 espèces de libellules : 11 menacées de disparition et 13 quasi menacées
Graphique Actu Alt Plus. Sources : INPN et UICN France (Liste rouge des libellules de métropole).
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

Le revers, c’est que ces insectes encaissent de plein fouet la dégradation des milieux humides. En compilant les données de l’INPN et le bilan de l’UICN France, on dénombre 89 espèces de libellules en métropole : 11 sont aujourd’hui menacées de disparition et 13 autres quasi menacées. Plus de la moitié des zones humides françaises ont disparu au fil des décennies, et avec elles le terrain de jeu de ces chasseuses.

Un ruisseau forestier clair à fond sableux dans un paysage de collines, eau vive sur les galets
Ruisseaux frais et bien oxygénés : l’habitat où la larve patiente plusieurs années.

La prochaine fois qu’une de ces flèches rayées vous frôle au bord d’un torrent, vous saurez quoi regarder : si c’est un grand corps noir cerclé de jaune, vous tenez peut-être la cousine française de la vedette galloise. Et le simple fait qu’elle soit là raconte, mieux qu’un prélèvement, ce que vaut l’eau qui coule à vos pieds.

Questions courantes

Quelle est la plus grande libellule de Grande-Bretagne ?
Le cordulégastre annelé (Cordulegaster boltonii), qui atteint environ 9 cm de long, avec une envergure comparable. C’est l’espèce photographiée sur un pouce au pays de Galles.

Vit-elle aussi en France ?
Oui. Elle est bien répartie en métropole, surtout dans les ruisseaux frais, clairs et bien oxygénés des zones de collines et de montagnes, jusqu’à 2 000 m d’altitude, et s’observe de juin à octobre.

Combien de temps vit sa larve dans l’eau ?
De 4 à 5 ans dans la plupart de la France, 2 à 3 ans dans le sud méditerranéen, enfouie au fond du cours d’eau, avant d’émerger pour devenir une libellule adulte.

Pourquoi dit-on que les libellules sont de bons indicateurs ?
Parce que leur larve passe des années dans l’eau et ne tolère qu’un milieu frais et bien oxygéné. Leur présence signale une rivière en bon état ; leur déclin, des zones humides en souffrance.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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