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Dans les collines de Masaka, au sud de l’Ouganda, des caféiers tiennent tête à la sécheresse grâce à un geste tout simple : couvrir le sol entre les plants plutôt que de le laisser nu. La méthode, testée sur une trentaine de fermes-modèles, n’a rien d’anecdotique pour vous. En un an, le prix du café a bondi de plus de 18 % dans les rayons français, selon UFC-Que Choisir. Ce qui se joue là-bas, dans la manière même de cultiver, pèse directement sur ce que vous paierez bientôt votre paquet.
Ce que font vraiment les caféiculteurs de Masaka
La technique porte un nom savant, l’agriculture régénératrice, mais elle tient à des gestes concrets. Entre les rangs de caféiers robusta, les agriculteurs plantent des cultures de couverture et étalent du paillage, au lieu de laisser la terre à nu et exposée à l’érosion.
Pour diffuser ces pratiques, le Fonds pour l’environnement mondial a réuni une coalition, avec le géant Nespresso et l’Union internationale pour la conservation de la nature, qui a monté 30 fermes de démonstration. Plus de 2 100 foyers agricoles y ont déjà été formés aux gestes régénératifs, selon l’UICN. Les producteurs viennent apprendre sur le terrain, et le plus ancien et plus grand exportateur de café du pays y a apporté son savoir-faire local.

Rien de spectaculaire, donc : de la paille, des plantes intercalaires, un peu de méthode. Mais des effets déjà visibles.
Pourquoi couvrir le sol change tout face à la sécheresse
Le principe est simple : un sol vivant retient l’eau et encaisse mieux le manque de pluie. En couvrant la terre, le paillage et les plantes intercalaires limitent l’érosion, remettent de l’azote et protègent du soleil les micro-organismes du sol. Des arbres d’ombrage complètent l’ensemble et nourrissent la terre de leurs feuilles, tandis que le sol n’est jamais retourné. Certains agriculteurs vont plus loin et font pâturer du bétail entre deux récoltes, pour imiter les perturbations naturelles et enrichir la terre. Ce n’est pas tout à fait du bio, précisons-le : là où le bio se définit par ce qu’il exclut, l’agriculture régénératrice se mesure à la santé du sol qu’elle reconstruit.
« Trop peu de pluie, ou au mauvais moment, est devenu une vraie menace pour la production, confie à l’UICN Nakalisa Mary Fatuma, petite productrice à Masaka. Depuis qu’on paille et qu’on plante des variétés résistantes à la sécheresse, les parcelles tiennent, et mon café est plus vigoureux. » Un témoignage modeste, mais qui dit l’essentiel : la parcelle a cessé de s’effondrer au premier coup de chaud.
Le lien direct avec votre paquet de café
Pourquoi s’en soucier depuis la France ? Parce que la tasse coûte de plus en plus cher. Sur un an, le café brut a doublé sur les marchés mondiaux : la livre s’échangeait à moins de 2 dollars début 2024, avant d’osciller entre 3 et 4 dollars en 2025. Dans les rayons, le prix a grimpé de plus de 18 % en moyenne sur un an, jusqu’à 26 % sur le grain, et de 23 % sur deux ans, relevait UFC-Que Choisir en décembre 2025 après avoir passé au crible 52 références. Le paquet s’affiche désormais autour de 31 euros le kilo.

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En cause : les récoltes malmenées au Brésil et au Vietnam, qui pèsent à eux deux plus de la moitié de la production mondiale, la spéculation, et une demande qui grimpe. Or le robusta ougandais, plus résistant à la chaleur, est justement la variété appelée à prendre de la place à mesure que le réchauffement rogne les zones à arabica. Rendre ces récoltes plus fiables, c’est agir à la source de la flambée. Nous avions déjà raconté comment le climat menace jusqu’aux espèces de café sauvages.

Reste une question honnête : couvrir les sols suffira-t-il à calmer les prix ?
Une piste solide, pas une baguette magique
Pas si vite. « Il n’y a pas encore de problème d’approvisionnement, mais cela a inquiété les marchés », rappelle Guillaume David, chercheur au Cirad, cité par Que Choisir. La flambée tient surtout à la météo, à la finance et à une demande mondiale dopée par de nouveaux buveurs, en Chine et en Inde, que quelques dizaines de fermes-modèles ne renverseront pas seules.
Leur mérite est ailleurs : prouver qu’une parcelle peut encaisser la sécheresse sans rendre les armes. Si la méthode essaime des collines de Masaka aux autres ceintures caféières, elle ne rendra pas le café bon marché. Mais elle pourrait éviter qu’il devienne, un matin, un petit luxe.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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