Grosse blatte souffleuse de Madagascar posée sur une main gantée de noir lors d'une saisie

100 000 cafards saisis chez un seul éleveur australien : la plus grosse prise d’insectes du pays

À Bathurst, les autorités ont confisqué plus de 100 000 cafards exotiques destinés aux reptiles. En France, les mêmes espèces se vendent librement en animalerie.

Sommaire
  1. En bref
  2. Pourquoi un continent traque l'insecte
  3. Le marché caché qui dit la mode des terrariums
  4. Questions courantes

Quelque part à Bathurst, petite ville posée à l’ouest de Sydney, des agents en gants noirs ouvrent un local commercial et tombent sur des bacs empilés, des boîtes d’œufs en carton, et dessus, par milliers, des insectes brun luisant gros comme une phalange. Plus de 100 000 cafards vivants, recensés un par un, dans un seul élevage. Le 5 juin, les autorités australiennes ont parlé de la plus grosse saisie d’invertébrés exotiques jamais réalisée dans le pays, selon le récit qu’en fait Smithsonian Magazine. Et derrière le frisson, une vraie question : pourquoi un pays-continent traque-t-il l’insecte comme une menace d’État ?

En bref

  • Plus de 100 000 cafards exotiques saisis chez un seul éleveur de Bathurst, en Nouvelle-Galles du Sud, record national pour des invertébrés exotiques.
  • Valeur estimée jusqu’à 200 000 dollars australiens (environ 142 000 dollars américains).
  • Deux espèces en cause : la blatte souffleuse de Madagascar et la blatte dubia, interdites d’importation, d’élevage et de vente en Australie.
  • Les mêmes insectes se vendent librement en France comme nourriture vivante pour reptiles.

Les insectes en question, ce sont la blatte souffleuse de Madagascar, l’une des plus grandes du monde, et la blatte dubia, un peu plus petite. Rien à voir avec le cafard qui file sous l’évier. La première mesure cinq à sept centimètres et siffle quand on la dérange, en chassant l’air par son abdomen. La seconde, plus discrète, est prisée des éleveurs pour son côté nourrissant. Aucune des deux n’a le droit de cité là-bas : faute d’évaluation des risques environnementaux, elles ne peuvent être ni importées, ni détenues, ni reproduites, ni vendues, quelle que soit la manière dont on se les est procurées.

Bacs et boîtes d'œufs en carton couverts de grosses blattes brunes dans un local d'élevage
Des milliers de blattes élevées sur des boîtes d’œufs en carton, le décor type de ce marché caché.

Pourquoi un continent traque l’insecte

Pour comprendre, il faut se souvenir d’où l’on parle. L’Australie est une île géante restée longtemps à l’écart du reste du vivant, avec une faune qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Chaque espèce qui débarque par la mauvaise porte peut bouleverser cet équilibre. Le pays s’est donc doté de contrôles de biosécurité parmi les plus stricts de la planète pour protéger son agriculture et ses animaux sauvages, rappelle la dépêche de l’Associated Press relayée par NBC News. Le ministère australien du Climat et de l’Environnement le résume sans détour : ces blattes pourraient propager des maladies et nuire à la faune locale.

La crainte n’a rien d’abstrait. Une espèce introduite qui s’installe peut concurrencer les cafards indigènes, et l’Australie en compte plus de 400, dont des variétés pâles et aveugles qui vivent dans les grottes. Ces insectes-là ne sont pas des nuisibles : nichés dans les arbres, ils broient pollen, écorce et bois mort, et nourrissent à leur tour reptiles, grenouilles et petits mammifères. Tout un monde discret que nous avons l’habitude de croiser ailleurs sous un autre angle, quand les insectes relient nos cultures et nos assiettes. Pour mémoire, la blatte souffleuse pèse à peine plus qu’une pile AA, mais multipliée par cent mille, elle devient un dossier d’État.

Le marché caché qui dit la mode des terrariums

Reste à savoir ce qu’un éleveur fait de 100 000 cafards. La réponse tient en un mot : nourriture. Une attrapeuse de serpents de Bathurst a expliqué à la chaîne publique ABC que ces grosses blattes circulaient en ligne comme aliment pour reptiles. Le calcul est simple. Plutôt que de donner trois ou quatre petits cafards locaux à un lézard, on lui sert une seule grosse proie. Moins de manipulation, plus de protéines. Le ministère, lui, invite les propriétaires à revenir aux grillons et aux blattes des bois autorisées.

C’est ici que l’histoire nous regarde. Car ces deux espèces interdites en Australie sont, chez nous, des classiques du terrarium. Plusieurs animaleries spécialisées les vendent vivantes en France, à l’unité ou par boîte, exactement pour la même raison : nourrir geckos, pogonas et tortues. La blatte souffleuse y est même proposée comme insecte d’ornement, pour son allure et son fameux soufflement. La différence ne tient pas à la dangerosité de la bête, mais à la géographie. Sous nos latitudes tempérées, une blatte tropicale échappée ne fonde guère de colonie. Sur une île au climat subtropical et à la faune unique, le même insecte devient un risque de biosécurité que les autorités jugent, selon le Guardian, tout simplement énorme.

Un pogona dans un terrarium s'apprêtant à attraper une grosse blatte posée sur une branche
En France, ces mêmes grosses blattes finissent au menu des lézards de terrarium, en toute légalité.

Pour mesurer l’écart, nous avons rassemblé les chiffres de la saisie. À 200 000 dollars australiens pour 100 000 individus, la grosse blatte vaut environ deux dollars pièce, le prix d’un café. Voici ce que les autorités ont mis sur la table.

La saisie de Bathurst en chiffresDonnée
Cafards exotiques saisisplus de 100 000
Valeur estiméejusqu’à 200 000 AU$ (environ 142 000 US$)
Blatte souffleuse de Madagascar5 à 7,5 cm de long
Blatte dubiaenviron 4 cm de long
Sources : ministère australien du Climat et de l’Environnement, via Smithsonian Magazine et NBC News (AP).

Côté justice, l’épilogue est presque banal : aucune charge n’a été retenue contre l’éleveur de Bathurst, et les 100 000 insectes confisqués seront euthanasiés. Une fin discrète pour un record qui en dit long. Derrière le « beurk » réflexe, il y a une frontière invisible que nous franchissons sans y penser en achetant une boîte de blattes pour un lézard : ce qui n’est ici qu’un dîner de gecko serait, à l’autre bout du monde, une affaire de défense nationale.

Questions courantes

Combien de cafards ont été saisis et où ?
Plus de 100 000 cafards exotiques vivants, chez un seul éleveur commercial de Bathurst, en Nouvelle-Galles du Sud. C’est la plus grosse saisie d’invertébrés exotiques de l’histoire australienne.

Quelle est leur valeur ?
Jusqu’à 200 000 dollars australiens, soit environ 142 000 dollars américains, selon le ministère australien du Climat et de l’Environnement.

Pourquoi ces cafards sont-ils interdits en Australie ?
Parce qu’ils n’ont pas fait l’objet d’une évaluation des risques. Les autorités craignent qu’ils propagent des maladies et menacent la faune et l’agriculture locales, très vulnérables aux espèces introduites.

Sont-ils vendus en France ?
Oui. La blatte souffleuse de Madagascar et la blatte dubia se vendent librement dans des animaleries spécialisées françaises comme nourriture vivante pour reptiles, ou comme insectes d’ornement.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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