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100 millions de mouches stériles sortent chaque semaine de l’usine de Pacora, au Panama. La digue a cédé : le 3 juin 2026, le ministère américain de l’Agriculture a confirmé au Texas la présence de la lucilie bouchère dans un veau de trois semaines du comté de Zavala, un parasite dont les larves creusent les tissus vivants et que les États-Unis avaient chassé de leur sol en 1966.
Cinq jours plus tard, l’agence agricole en signalait deux cas de plus : un veau dans le comté de La Salle, un chien dans celui d’Andrews. Quatre détections confirmées en une semaine, dans un pays qui n’en avait plus vu depuis soixante ans.
Une éradication obtenue aux rayons gamma
Le procédé remonte à la campagne des années 1950 et tient en trois gestes : élever des pupes par millions, les passer aux rayons gamma, relâcher les mâles rendus stériles. La femelle lucilie ne s’accouple qu’une fois dans sa vie ; si elle tombe sur l’un de ces mâles, ses œufs n’éclosent pas. Répétée assez longtemps sur un territoire, l’opération éteint la population sans pesticide. L’agence sanitaire américaine lui attribue deux victoires : l’éradication du parasite aux États-Unis en 1966, puis l’extinction d’un foyer apparu dans les Keys de Floride en 2017.
Repoussé vers le sud, le parasite a été contenu au Panama, où le ministère panaméen du Développement agricole et l’USDA exploitent ensemble, au sein de la commission COPEG, la seule usine de mouches stériles en activité en Amérique du Nord. Pendant des décennies, la ligne a tenu.
Ce que la remontée coûte déjà
Avant l’éradication, les infestations coûtaient 50 à 100 millions de dollars par an aux éleveurs du sud-ouest des États-Unis, rappellent les chercheurs de l’université de San Diego. Avec les services sanitaires du comté, ils viennent de livrer un tableau de bord qui estime le risque comté par comté à partir de trois entrées : les détections confirmées, les conditions environnementales favorables à la mouche et à ses larves, et les articles de presse. « La confirmation en laboratoire peut prendre des jours ou des semaines », justifie Seema Shah, directrice médicale de la santé publique du comté de San Diego.
La production, elle, remonte en puissance. L’usine de Metapa, au Mexique, achevée fin juin 2026, monte vers 100 millions de mouches par semaine ; celle de Moore Air Base, au Texas, est annoncée à 300 millions. Côté largage, le site texan est opérationnel, comme les centres mexicains de Tuxtla depuis avril 2025 et de Tampico depuis novembre 2025.

Entre couveuses, plateaux de pupes et caisses de lâcher, le travail se fait à la chaîne.
La même technique, testée à La Réunion
Pour les humains, le risque reste faible. Les centres américains de contrôle n’ont enregistré aucune contamination acquise sur le sol américain et un seul cas importé, en août 2025, chez un voyageur revenu du Salvador.
Le vrai pont avec la France est technique. La technique qui a éradiqué la lucilie bouchère du sol américain en 1966 a réduit de 50 à 60 % la fertilité du moustique tigre à Sainte-Marie, à La Réunion, entre juillet 2021 et août 2022, après le lâcher de 10,19 millions de mâles stériles sur 20 hectares. L’essai, mené par l’IRD et ses partenaires sur 52 semaines, relâchait 150 000 à 250 000 mâles chaque semaine sur le quartier de Duparc.
Mettre les deux échelles côte à côte donne la mesure du saut industriel. Une seule semaine de production à Pacora représente près de dix années du programme réunionnais : 100 millions de mouches d’un côté, 10,19 millions de moustiques en cinquante-deux semaines de l’autre.
| Pacora, Panama | Sainte-Marie, La Réunion | |
|---|---|---|
| Espèce | lucilie bouchère | moustique tigre |
| Insectes stériles lâchés | 100 millions par semaine | 10,19 millions en 52 semaines |
| Emprise | un continent d’élevage | 20 hectares urbains |
| Rapport | une semaine de Pacora ≈ dix ans du programme réunionnais | |
En métropole, le même genre d’insecte pose une autre question. AAP recensait le moustique tigre implanté dans 83 départements sur 96 au 1er janvier 2026, et 809 cas de chikungunya attrapés sans voyager en 2025. Les lâchers de Sainte-Marie visent exactement la même espèce.
Aux États-Unis, la suite passe par un dossier réglementaire : le ministère de l’Agriculture demande à l’agence environnementale d’autoriser une souche génétiquement modifiée ne produisant que des mâles, ce qui supprimerait le tri en élevage. Le tableau de bord de San Diego, lui, reste réservé aux services sanitaires, une ouverture au public étant prévue.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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