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Vous tiendriez combien de temps sans respirer ? Après sept mois d’apnée, soit environ 135 heures d’entraînement, 17 plongeurs amateurs suivis au CEA NeuroSpin montrent des réseaux cérébraux réorganisés (bioRxiv, 29 septembre 2026). L’équipe de Marion Noulhiane, sur le plateau de Saclay, a observé leur cerveau en IRM fonctionnelle avant et après la saison. La prépublication de l’équipe n’a pas encore été relue par des pairs. Elle a été relayée le 5 octobre par le site ScienceAlert.
Les cobayes sont des apnéistes de loisir, tous des hommes de 27 à 55 ans. Leur programme comptait trois séances d’une heure et demie par semaine, décrit dans un premier article de l’équipe. Sur une trentaine de semaines, cela fait 90 séances, donc 135 heures dans l’eau. En face, 20 hommes au profil comparable suivaient un entraînement d’endurance d’environ cinq heures par semaine.
Ce que l’IRM a vu chez les 17 plongeurs
Dans la machine, chacun enchaîne quatre apnées de deux minutes au plus, séparées par 90 secondes de respiration normale. Après l’entraînement, les deux hippocampes échangent davantage avec le cervelet, qui coordonne les mouvements. En respiration normale, leur lien avec les zones sensorimotrices s’affaiblit. Le réseau frontopariétal, mobilisé pour le contrôle et l’attention, se rapproche des réseaux sensorimoteur, visuel et de saillance.
Les plongeurs dont l’hippocampe gauche dialogue le plus avec le cervelet distinguent mieux deux souvenirs proches. Ils repèrent aussi mieux les nouveaux. Concrètement, ça revient à ne pas confondre votre place de parking d’hier avec celle d’aujourd’hui. Ceux dont l’hippocampe droit est moins lié aux zones sensorimotrices reconnaissent mieux les souvenirs identiques.
Les auteurs parlent d’une « réorganisation fonctionnelle sélective » de l’hippocampe et des grands réseaux du cerveau, associée à l’hypoxie volontaire répétée. Ils y voient une « neuroplasticité adaptative » qui irait de pair avec une mémoire épisodique préservée. Leur texte ouvre même des pistes thérapeutiques pour l’hippocampe fragile : dans le vieillissement de la mémoire, les maladies neurodégénératives ou les pathologies liées à l’hypoxie.
Un an plus tôt, l’hippocampe avait passé l’examen
Gros consommateur d’énergie, l’hippocampe est particulièrement vulnérable au manque d’oxygène. Lors d’une hypoxie accidentelle, des neurones meurent en quelques minutes. La même équipe avait donc commencé par la structure. Son étude, parue dans le Journal of Integrative Neuroscience, a été présentée par le CEA le 2 décembre 2025. Elle ne trouve aucune différence de volume des sous-régions de l’hippocampe entre plongeurs et témoins, avant comme après les sept mois.
Zéro perte de mémoire non plus. Au test, les souvenirs « similaires » restent les plus durs pour tout le monde : 48,92 % de bonnes réponses en moyenne, contre 71,79 % pour les éléments identiques et 74,22 % pour les nouveaux. C’est justement sur ces souvenirs proches que le lien hippocampe-cervelet fait la différence dans la nouvelle analyse. Ces heures d’apnée suivaient un programme standardisé, où l’hypoxie est voulue et répétée. Hors de ce cadre, le manque d’oxygène peut aller jusqu’à la perte de connaissance, voire la mort.
Et à 126 mètres ?
Les 17 apnéistes de l’étude restent loin des grands fonds. En mer, le record de France en poids constant appartient à Arnaud Jerald, à 126 mètres depuis 2023 (records de France FFESSM, mis à jour le 24 avril 2026). Le record du monde AIDA se situe 10 mètres plus bas. Alexey Molchanov a touché 136 mètres à Limassol, à Chypre, en 2023. Chez les femmes, Marianna Krupnitskaya tient le record de France en poids constant, à 105 mètres.

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Retirez les palmes et le record masculin tombe à 85 mètres, signé Abdelatif Alouach en 2021 : 41 mètres de moins. Chez les femmes, l’écart atteint 45 mètres, de 105 à 60. Ces profondeurs-là sortent du champ de l’étude de NeuroSpin, qui porte sur des amateurs. ScienceAlert relève aussi une limite de méthode : les 20 témoins ne sont passés qu’une fois dans le scanner. Impossible, dès lors, d’attribuer tous les changements observés à la seule apnée.
| Discipline | Hommes (m) | Femmes (m) | Écart (m) |
|---|---|---|---|
| Poids constant | 126 | 105 | 21 |
| Poids constant bi-palmes | 126 | 100 | 26 |
| Poids constant sans palmes | 85 | 60 | 25 |
| Immersion libre | 121 | 80 | 41 |
Le dernier de ces records en date tombe en 2026 : 121 mètres en immersion libre, à la force des bras le long du câble, pour Thibault Guignés.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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