Un ouvrier du bâtiment en gilet haute visibilité boit de l'eau sur un chantier écrasé de soleil, vu de dos.

Canicule au travail : ce que votre employeur doit faire (et ce que la loi impose réellement)

Il n'existe aucune température maximale légale au-delà de laquelle vous pourriez cesser le travail. Mais depuis le 1er juillet 2025, un décret impose à l'employeur d'agir dès les premières vigilances chaleur. Voici vos droits, sans mythe.

Sommaire
  1. Existe-t-il une température maximale légale au travail ?
  2. Qu'est-ce que le décret du 27 mai 2025 a changé ?
  3. Mon employeur doit-il me fournir de l'eau, et combien ?
  4. Puis-je exercer mon droit de retrait quand il fait trop chaud ?
  5. L'employeur peut-il être obligé d'arrêter le travail ?
  6. La chaleur ouvre-t-elle d'autres droits ?

Questions-réponses

Quarante degrés sur un chantier, et pourtant aucun texte ne vous dit « au-delà, arrêtez ». Le chiffre à retenir tient en un mot : zéro. Le Code du travail ne fixe aucune température maximale de travail, comme le rappelle l’INRS. Ce qui existe, en revanche, est plus concret qu’un seuil imaginaire : depuis le 1er juillet 2025, un décret oblige votre employeur à agir dès les premières vigilances chaleur. Voici, question par question, ce que la loi impose réellement.

Existe-t-il une température maximale légale au travail ?

Non, et c’est l’idée reçue la plus tenace. Aucune indication de température maximale au-delà de laquelle il serait interdit de travailler ne figure dans le Code du travail, précise l’INRS. Le fameux « seuil légal de 34 degrés » que l’on s’échange chaque été n’existe pas.

La loi ne raisonne pas en degrés, mais en obligation de résultat : l’employeur doit assurer votre sécurité et protéger votre santé. À lui d’évaluer le risque et d’adapter le travail, quel que soit le thermomètre.

Qu’est-ce que le décret du 27 mai 2025 a changé ?

Depuis le 1er juillet 2025, il impose des mesures de prévention spécifiques dès qu’une vigilance chaleur est activée. Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 arrime les obligations de l’employeur aux niveaux de vigilance de Météo-France, fixés par un arrêté du même jour.

Un coin de repos ombragé sur un chantier avec ventilateur et fontaine à eau couverte, des casques posés sur un banc.
Décaler les horaires, ombrager, ventiler et rafraîchir l’eau font partie des mesures attendues.

Concrètement, dès la vigilance jaune (pic de chaleur), l’employeur doit réévaluer les risques et peut adapter l’organisation du travail : décaler les horaires vers les heures fraîches, augmenter les pauses, prévoir des périodes de repos, installer pare-soleil, ventilateurs ou brumisateurs. C’est ce que font déjà certains services publics, comme la collecte des déchets à l’aube pendant les épisodes intenses.

Mon employeur doit-il me fournir de l’eau, et combien ?

Oui, de l’eau potable fraîche, en quantité suffisante et maintenue au frais à proximité des postes, selon le ministère de l’Économie. La quantité doit être augmentée autant que nécessaire quand la chaleur monte.

Sur les chantiers du bâtiment et des travaux publics, la règle est chiffrée : au moins 3 litres d’eau fraîche et potable par jour et par travailleur. L’eau doit aussi rester accessible sans avoir à quitter longuement son poste, un point que des dispositifs comme le sac à dos d’hydratation cherchent justement à résoudre.

Puis-je exercer mon droit de retrait quand il fait trop chaud ?

Seulement en cas de danger grave et imminent, souligne l’INRS. Le droit de retrait n’est pas un thermostat : la chaleur seule le justifie rarement si l’employeur a mis en place des mesures de prévention adaptées.

En clair, vous ne pouvez pas cesser le travail au motif qu’il fait 35 degrés. En revanche, si aucune protection n’existe et que votre santé est menacée de façon sérieuse et immédiate, le droit de retrait redevient un recours légitime.

L’employeur peut-il être obligé d’arrêter le travail ?

Oui, en cas de vigilance rouge, la canicule extrême. L’employeur doit alors réévaluer chaque jour les risques encourus par chaque salarié et, si les mesures prises restent insuffisantes, décider l’arrêt des travaux, indique le ministère du Travail.

Une carte d'alerte chaleur teintée d'orange et de rouge affichée près d'une fenêtre de bureau de chantier.
Les obligations de l’employeur suivent les niveaux de vigilance jaune, orange et rouge de Météo-France.

Les périodes de canicule, c’est-à-dire les vigilances orange et rouge, ouvrent en outre droit à l’indemnisation des arrêts de travail dans le BTP, et une entreprise contrainte d’interrompre son activité peut solliciter le dispositif d’activité partielle.

La chaleur ouvre-t-elle d’autres droits ?

Oui, sur deux fronts. Côté pénibilité, un salarié exposé plus de 900 heures par an à une température d’au moins 30 degrés liée à son activité peut acquérir des points sur son compte personnel de prévention, rappelle l’INRS.

Côté protection des plus fragiles, les jeunes de moins de 18 ans ne peuvent pas être affectés à des travaux les exposant à une température extrême. Et dans tous les cas, l’employeur doit inscrire le risque de fortes chaleurs dans son document unique d’évaluation des risques, selon le ministère de l’Économie.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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