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Panorama
Pour illustrer sa dernière enquête sur le sujet, la Drees a retenu l’image d’une balançoire vide. Elle tombe juste : en 2025, la France a enregistré 645 000 naissances, son plus bas niveau depuis la fin de la Première Guerre mondiale, et pour la première fois depuis 1945, le pays a compté plus de décès que de naissances. Reste à comprendre ce qui, dans la tête des Français, freine la décision d’avoir un enfant. Le baromètre d’opinion de la Drees, publié le 7 juillet, apporte une réponse nette et rarement reprise en entier : la première raison avancée n’est pas l’argent, mais l’incertitude quant à l’avenir, citée par 46 % des personnes interrogées, devant le manque de ressources financières (40 %). Et selon l’âge, le revenu ou le lieu de vie, cette hiérarchie se renverse presque du tout au tout.
En bref
- En croisant la hiérarchie des raisons et les écarts par âge, revenu et territoire du baromètre Drees 2025 : l’incertitude de l’avenir arrive en tête (46 %), devant le manque d’argent (40 %), mais chez les 25-34 ans, c’est l’argent qui repasse premier.
- La lecture dépend de l’âge : 50 % des 65 ans et plus citent la peur de l’avenir, contre 41 % des moins de 35 ans.
- Elle dépend surtout du portefeuille : le manque d’argent grimpe à 50 % chez les personnes gagnant moins de 1 000 euros par mois.
- Toile de fond : l’indice de fécondité est tombé à 1,56 enfant par femme en 2025, au plus bas depuis un siècle, un sujet pourtant peu clivé politiquement.
Renoncer par peur du monde, plus que par manque d’argent
Le classement surprend qui s’attend à voir le pouvoir d’achat en tête. Interrogés sur les raisons qui poussent, selon eux, à ne pas avoir d’enfant, les Français placent d’abord l’incertitude quant à l’avenir : guerres, crises économiques, dérèglement climatique. Cette angoisse diffuse est citée par 46 % des personnes interrogées. Le manque de ressources financières suit de près, à 40 %, puis l’absence de stabilité professionnelle, à 29 %.
Le reste du tableau dessine des freins plus intimes : ne pas être en couple stable (22 %), ne pas parvenir à concilier vie familiale et vie personnelle (18 %), la peur des responsabilités parentales (17 %) et, en bas de liste, un logement inadapté pour accueillir un enfant (14 %). Chaque personne pouvait donner jusqu’à deux réponses, ce qui explique que le total dépasse cent.

Rangé de la sorte, ce premier plan raconte une bascule : le renoncement se dit d’abord dans le langage de l’inquiétude collective, avant celui du budget. Mais ce plan d’ensemble masque des écarts spectaculaires dès qu’on entre dans le détail.
Ce que disent les chiffres, un à un
Pour saisir le poids de chaque frein, un graphique vaut mieux qu’une longue énumération.

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La peur de l’avenir domine, mais elle ne devance l’argent que de six points. Ensemble, ces deux motifs écrasent tous les autres : aucun des cinq freins suivants n’atteint le quart des réponses. Le détail complet, avec ses variations les plus fortes selon l’âge, le revenu et le lieu de vie, tient dans le tableau ci-dessous.
| Raison avancée | Ensemble | Variation notable |
|---|---|---|
| Incertitude quant à l’avenir | 46 % | 50 % chez les 65 ans et plus, 41 % chez les moins de 35 ans |
| Manque de ressources financières | 40 % | 44 % chez les 25-34 ans, 50 % sous 1 000 euros par mois |
| Absence de stabilité professionnelle | 29 % | Peu de variation notable |
| Ne pas être en couple stable | 22 % | 30 % en agglomération parisienne |
| Concilier vie familiale et personnelle | 18 % | 22 % en agglomération parisienne |
| Peur des responsabilités parentales | 17 % | Peu de variation notable |
| Logement inadapté | 14 % | 20 % en agglomération parisienne, 11 % en zone rurale |
Les seniors redoutent le monde, les jeunes comptent
C’est le clivage le plus net du baromètre, et il passe par l’âge. La moitié des 65 ans et plus (50 %) attribue le renoncement à l’incertitude de l’avenir, contre 41 % des moins de 35 ans. Les plus âgés projettent ainsi sur les jeunes générations une forme de découragement face à un monde jugé menaçant.
Les premiers concernés, eux, parlent beaucoup plus concret. Chez les 25-34 ans, le manque d’argent devient la première raison citée (44 %), quand il ne pèse que 36 % chez les 65 ans et plus. Là où une génération voit un climat anxiogène, l’autre voit une feuille de paie et un loyer.
Plus le revenu baisse, plus l’argent décide
Cette fracture matérielle se lit encore plus clairement sur les revenus. Le manque d’argent est la raison la plus citée par les personnes gagnant moins de 1 000 euros par mois (50 %), puis par celles situées entre 1 000 et 2 400 euros (43 %). Plus le revenu monte, plus ce frein s’efface : l’argent ne devient un obstacle décisif que là où il manque vraiment.
Le territoire ajoute sa nuance. Dans les communes rurales, contrainte financière et incertitude de l’avenir arrivent à égalité, citées chacune par 46 %. L’agglomération parisienne, elle, se distingue : on y invoque plus souvent l’absence de couple stable (30 %, contre 22 % en moyenne) et un logement inadapté (20 %, contre 11 % en zone rurale). Signe que le coût et l’exiguïté du logement pèsent d’abord là où le mètre carré est le plus cher.
Un sujet étonnamment peu politique
Reste une surprise, dans un pays où tout se clive vite. Ces perceptions apparaissent très peu structurées politiquement : les raisons avancées relèvent de conditions sociales concrètes, pas d’un positionnement idéologique. Loin du cliché du refus d’enfant érigé en étendard militant, le baromètre décrit des freins subis bien plus que revendiqués.
Le même mouvement traverse d’autres sociétés vieillissantes : au Japon aussi, la natalité bat des records à la baisse malgré les incitations publiques. En France, la Drees en tire une lecture pragmatique : derrière ces freins, des leviers très concrets, revenus, emploi, logement.

Au fond, ce baromètre défait une petite musique tenace, celle du caprice ou de l’égoisme d’une génération. Ce qu’il donne à lire, c’est une équation de conditions : un avenir jugé incertain, un budget trop court, un logement trop petit. Autant de raisons qui, une fois nommées, ressemblent moins à un renoncement qu’à une attente déçue.
Questions courantes
Quelle est la première raison invoquée pour ne pas avoir d’enfant ?
L’incertitude quant à l’avenir, guerres, crises économiques et dérèglement climatique, citée par 46 % des personnes interrogées dans le baromètre d’opinion de la Drees 2025, devant le manque de ressources financières (40 %).
L’argent est-il la raison principale ?
Pas pour l’ensemble des Français, où il arrive deuxième (40 %). Mais il devient la première raison chez les 25-34 ans (44 %) et chez les personnes gagnant moins de 1 000 euros par mois (50 %).
Les perceptions varient-elles selon l’âge ?
Nettement. La moitié des 65 ans et plus (50 %) met en avant la peur de l’avenir, contre 41 % des moins de 35 ans. À l’inverse, les jeunes adultes insistent davantage sur les contraintes financières.
Le sujet est-il clivé politiquement ?
Peu, selon la Drees. Les raisons avancées relèvent de conditions sociales objectivables (revenus, emploi, logement) plus que d’un positionnement idéologique, ce qui est rare sur les sujets d’opinion.
Méthode et limites
Les chiffres sur les raisons de ne pas avoir d’enfant proviennent de la vague 2025 du baromètre d’opinion de la Drees, réalisée par Ipsos bva en face-à-face du 13 octobre au 18 décembre 2025 auprès de 4 002 personnes de 18 ans et plus, représentatives de la population de France métropolitaine. Chaque personne pouvait citer jusqu’à deux raisons, d’où un total supérieur à 100 %. Il s’agit de perceptions, ce que les Français pensent des motifs de renoncement, et non d’un relevé des situations réellement vécues. Les données de cadrage démographique sont issues du bilan démographique 2025 de l’Insee.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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