Des bénévoles en tablier trient des cartons de dons alimentaires dans une salle associative

Bénévolat en France : 21 % donnent du temps sur l’année, mais le diplôme décide encore qui pousse la porte

La 20e édition de l'étude de référence sur le bénévolat livre un paysage à double visage : l'engagement régulier repart, mais l'accès aux associations reste très inégal selon le niveau d'études.

Sommaire
  1. En bref
  2. Un engagement qui repart, mais à deux vitesses
  3. La fracture associative : le diplôme comme ligne de partage
  4. Les âges qui montent, les âges qui s'essoufflent
  5. Questions courantes

Derrière chaque maraude, chaque distribution de colis, chaque stand de kermesse tenu un dimanche matin, il y a une statistique que l’on connaît mal. Cette année, elle se précise : 21 % des Français disent donner de leur temps à une association tout au long de l’année, mais seulement 11 % le font chaque semaine, soit cinq millions de personnes. Le chiffre vient de la 20e édition de « La France bénévole », l’étude de référence sur le sujet, et il raconte un pays où l’on s’engage volontiers, mais pas tous, et pas au même rythme. Avec l’été qui arrive et les associations qui cherchent des bras, c’est le bon moment pour regarder où nous en sommes vraiment.

En bref

  • 21 % des Français donnent du temps à une association sur l’année, mais seulement 11 %, soit 5 millions de personnes, chaque semaine, selon Recherches & Solidarités.
  • Le bénévolat régulier a gagné 2 points en un an, et hommes et femmes y sont désormais à parité.
  • Côté adhésion, fracture nette : 32 % chez les moins diplômés contre 57 % chez les plus diplômés.
  • L’étude repose sur une enquête Ifop menée début 2025 auprès de 4 646 personnes de 15 ans et plus.

Un engagement qui repart, mais à deux vitesses

La nouvelle est plutôt bonne, et elle mérite d’être dite. Après plusieurs années de stagnation, le bénévolat régulier, celui que les associations appellent leur « colonne vertébrale », se renforce. Selon la 20e édition de l’étude publiée par Recherches & Solidarités avec le concours de l’Ifop, 11 % des Français s’engagent chaque semaine en 2025, contre 9 % en 2023 et 2024. Deux points en un an, c’est peu sur le papier, mais cela représente une reprise réelle après une longue panne.

Autre évolution discrète et notable : sur ce bénévolat hebdomadaire, hommes et femmes sont désormais à égalité. Sur l’ensemble de l’année, un léger écart subsiste, 24 % des hommes contre 19 % des femmes, mais la régularité, elle, s’est rééquilibrée. Reste un mot que l’étude met en avant et qui pèse lourd : tout le monde ne franchit pas la porte avec la même facilité.

Des bénévoles accueillent un nouvel arrivant à l'entrée d'un local associatif
Le défi des associations : aider chacun à franchir le cap de l’adhésion.

La fracture associative : le diplôme comme ligne de partage

C’est l’enseignement le plus frappant de cette édition. L’accès même à la vie associative, le simple fait d’adhérer, dépend très largement du niveau d’études. Chez les personnes les moins diplômées, 32 % adhèrent à une association ; chez les plus diplômées, elles sont 57 %, soit presque deux fois plus. Le constat se prolonge sur l’engagement régulier : 29 % des plus diplômés sont bénévoles tout au long de l’année, contre 16 % des moins diplômés.

Adhésion à une association selon le niveau de diplôme en 2025 : 57 % chez les plus diplômés, 32 % chez les moins diplômés
Graphique Actu Alt Plus. Source : Recherches & Solidarités, La France bénévole 2025 (Ifop).
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

Ce graphique dessine ce que les chercheurs nomment la « fracture associative ». Elle n’a rien d’une fatalité, insistent-ils, mais elle dit quelque chose de notre société : l’engagement collectif, censé rassembler, reproduit en partie les inégalités d’accès qu’il prétend corriger. Nuance importante, toutefois : une fois la porte franchie, ce sont les moins diplômés qui s’engagent le plus souvent chaque semaine, 29 % contre 25 % chez les plus diplômés. Autrement dit, le verrou se situe à l’entrée, pas dans la fidélité.

Les âges qui montent, les âges qui s’essoufflent

Le paysage bouge aussi côté générations. Longtemps, le bénévole type avait les cheveux gris : les plus de 64 ans restent les plus mobilisés, avec environ 25 % d’engagés sur l’année. Mais la dynamique vient désormais d’en bas. Chez les moins de 30 ans, 7,5 % donnent de leur temps chaque semaine en 2025, contre 6,6 % un an plus tôt. C’est dans cette tranche que la progression est la plus nette, un signal que les jeunes ne désertent pas l’engagement, ils le pratiquent autrement, plus ponctuel, plus orienté projet.

Ce renouvellement, les grandes structures le constatent sur le terrain. Nous l’avions vu avec les jeunes des Restos du Cœur qui rejoignent les rangs l’été. Et l’engagement se transmet parfois par des chemins intimes, comme dans cette histoire d’un frère retrouvé bénévole dans une boutique caritative. Ces récits individuels prennent un autre relief une fois rangés dans le grand tableau chiffré.

Un jeune bénévole installe un stand lors d'un événement caritatif d'été en plein air
Chez les moins de 30 ans, l’engagement hebdomadaire progresse en 2025.

Au fond, ce que dit cette édition, c’est qu’il n’a jamais été aussi simple de donner un coup de main, et jamais aussi inégalement réparti. Si l’on vous sollicite cet été pour une distribution, une braderie ou un festival, vous saurez que vous rejoignez ces cinq millions de réguliers, et que votre présence pèse plus qu’un chiffre. La vraie question que pose l’étude n’est pas de savoir si les Français veulent s’engager. C’est de savoir à qui, encore, on pense à le proposer.

Questions courantes

Combien de Français sont bénévoles ?
21 % des Français déclarent donner de leur temps à une association tout au long de l’année. Parmi eux, 11 %, soit environ 5 millions de personnes, s’engagent chaque semaine, selon l’étude « La France bénévole 2025 ».

Le bénévolat augmente-t-il ou recule-t-il ?
Le bénévolat régulier repart à la hausse : 11 % des Français s’engagent chaque semaine en 2025, contre 9 % en 2023 et 2024, soit un gain de 2 points après plusieurs années de stagnation.

Qu’est-ce que la « fracture associative » ?
C’est l’inégalité d’accès aux associations selon le niveau d’études : 32 % des moins diplômés adhèrent à une association, contre 57 % des plus diplômés. Le verrou se situe surtout à l’entrée.

Sur quoi repose l’étude ?
Sur la 20e édition de « La France bénévole », publiée par Recherches & Solidarités, à partir d’une enquête confiée à l’Ifop début 2025 auprès de 4 646 personnes de 15 ans et plus.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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