Un téléphone allumé posé sur un oreiller froissé, dans une chambre d’adolescent plongée dans le noir.

Les ados dorment aussi mal sur YouTube que sur Instagram, mais s’y comparent quatre fois moins

Une enquête publiée dans JAMA Pediatrics le 18 septembre 2026 a demandé à 472 adolescents américains ce qu’ils vivaient application par application. Sur les nuits abîmées, YouTube est à égalité avec Instagram ; sur le sentiment que sa vie est pire à cause des publications des autres, il est quatre fois en dessous.

Sommaire
  1. En bref
  2. Une question par dégât, et par application
  3. TikTok pour le sommeil, Instagram pour l’image de soi
  4. Le harcèlement direct reste plus fréquent hors ligne
  5. En France, une majorité numérique votée et jamais entrée en vigueur
  6. Ce qu’un parent peut faire de ces écarts
  7. Questions courantes

Décryptage

Des chercheurs de Stanford ont posé aux adolescents une question que les enquêtes sur les écrans évitent : sur quelle application, et pour quel dégât précis. Publiée le 18 septembre 2026 dans JAMA Pediatrics, leur enquête fait raconter à 472 jeunes Américains de 13 à 17 ans les quatre semaines qu’ils venaient de vivre, application par application.

44,7 % ont vu quelqu’un se faire harceler, en ligne ou hors ligne, et 29,8 % l’ont subi directement. 51,5 % déclarent que la technologie empiète sur leur sommeil. Le détail par plateforme est plus utile encore, parce qu’il défait les moyennes. Sur le sentiment que sa propre vie est pire à cause de ce que publient les autres, Instagram est à 16,6 % de ses utilisateurs et YouTube à 4,1 %. Sur le sommeil, les deux applications se tiennent à un dixième de point.

En bref

  • Une enquête américaine parue le 18 septembre 2026 dans JAMA Pediatrics a interrogé 472 adolescents de 13 à 17 ans sur les quatre semaines précédentes, service par service.
  • 44,7 % ont assisté au harcèlement de quelqu’un et 29,8 % l’ont subi directement, en ligne comme hors ligne ; 51,5 % déclarent un sommeil gêné par la technologie.
  • Le sommeil gêné est déclaré par 42,2 % des utilisateurs de TikTok, 27,8 % sur Instagram, 27,7 % sur YouTube, 10,2 % par SMS.
  • Sur le sentiment que sa vie est pire à cause des publications des autres, Instagram est quatre fois au-dessus de YouTube : 16,6 % contre 4,1 %.
  • Le harcèlement direct reste plus fréquent hors ligne, 18,5 %, qu’en ligne, 16,4 %.

Une question par dégât, et par application

L’enquête est signée Angela Y. Lee, post-doctorante au Stanford Center for Digital Health au moment des travaux, avec dix coauteurs dont Jonathan Haidt et Jeffrey Hancock. Les données ont été recueillies de février à décembre 2025, sur un échantillon représentatif des adolescents américains. Chaque forme de dégât a été mesurée séparément : harcèlement subi, harcèlement observé, contenus violents, images sexuelles non désirées, contenus d’automutilation, sommeil gêné. Et chaque question a été reposée pour chacune des applications utilisées par le jeune.

« Cela nous permet de dépasser les affirmations générales du type “être en ligne, c’est mauvais”, et de comprendre les endroits précis où les adolescents vivent de mauvaises expériences », explique Angela Lee à Stanford Medicine. Le débat français compte des heures ; l’enquête compte des endroits.

Un adolescent vu de dos fait défiler son téléphone, assis sur un tabouret de cuisine le matin.
Chaque forme de dégât a été mesurée séparément, puis reposée pour chaque application utilisée.

TikTok pour le sommeil, Instagram pour l’image de soi

Sur 472 adolescents américains de 13 à 17 ans interrogés entre février et décembre 2025, 42,2 % des utilisateurs de TikTok déclarent un sommeil perturbé par la technologie, contre 27,7 % sur YouTube et 10,2 % par SMS (JAMA Pediatrics, 18 septembre 2026). Instagram est à 27,8 %, Snapchat à 20 %, les jeux en ligne à 18,8 %, Discord et Pinterest à 8,2 %, Facebook à 5,6 %.

Sur le sentiment que sa vie est pire à cause des publications des autres, Instagram passe en tête avec 16,6 %. TikTok suit à 13,4 %, Snapchat à 10,8 %, Pinterest à 5,8 %. YouTube tombe à 4,1 %, quatre fois moins qu’Instagram, alors que les deux applications étaient à égalité sur les nuits : 27,8 % contre 27,7 %, un écart qui tient dans l’épaisseur de la marge d’erreur.

Le graphique ci-dessous met ces deux lectures côte à côte sur le même duel.

Sur le sommeil, les deux applications se tiennent à un dixième de point. Sur le sentiment que sa vie est pire à cause des publications des autres, Instagram est quatre fois au-dessus de YouTube. Mesures déclaratives portant sur les quatre semaines précédant l’enquête, auprès de 472 adolescents américains de 13 à 17 ans.
Sur le sommeil, les deux applications se tiennent à un dixième de point. Sur le sentiment que sa vie est pire à cause des publications des autres, Instagram est quatre fois au-dessus de YouTube. Mesures déclaratives portant sur les quatre semaines précédant l’enquête, auprès de 472 adolescents américains de 13 à 17 ans.
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Le tableau ajoute les sept services pour lesquels l’étude publie les deux mesures.

Part des utilisateurs de chaque service déclarant, sur les quatre semaines précédentes, un sommeil gêné par la technologie et le sentiment que leur vie est pire à cause des publications des autres (472 adolescents américains de 13 à 17 ans, JAMA Pediatrics, 18 septembre 2026).
ServiceSommeil gênéVie jugée pire
TikTok42,2 %13,4 %
Instagram27,8 %16,6 %
YouTube27,7 %4,1 %
Snapchat20,0 %10,8 %
SMS10,2 %5,6 %
Discord8,2 %3,1 %
Pinterest8,2 %5,8 %

TikTok mène sur le sommeil, Instagram sur l’image. Un parent qui coupe une application au hasard ne sait pas ce qu’il coupe.

Le harcèlement direct reste plus fréquent hors ligne

Sur les quatre semaines précédant l’enquête, 18,5 % des adolescents disent avoir été directement harcelés hors ligne, contre 16,4 % en ligne. Application par application, les taux se dispersent : de presque zéro à environ 8 % selon le service, Snapchat culminant à 6,4 % pour les insultes et les marques d’irrespect. L’école et le quartier restent donc les premiers terrains, et aucune application ne concentre à elle seule le phénomène.

Les ordres de grandeur du Pew Research Center, qui a interrogé 1 458 adolescents américains du 25 septembre au 9 octobre 2025, paraissent bien plus élevés : environ trois utilisateurs de Snapchat sur dix y déclarent du harcèlement, contre un sur cinq sur Instagram et TikTok. Les deux enquêtes ne comptent pas la même fenêtre de temps. Quatre semaines chez JAMA Pediatrics, l’expérience passée chez Pew : c’est ainsi que des chiffres sur « le harcèlement en ligne » circulent avec des écarts de un à cinq.

Et chez nous ?

En France, une majorité numérique votée et jamais entrée en vigueur

La loi du 7 juillet 2023 est explicite. Les fournisseurs de réseaux sociaux « exerçant leur activité en France refusent l’inscription à leurs services des mineurs de quinze ans », sauf autorisation d’un parent. Son article 7 renvoie l’entrée en vigueur à un décret. Celui-ci ne peut intervenir plus de trois mois après « la date de réception par le Gouvernement de la réponse de la Commission européenne ». Trois ans et près de trois mois après la promulgation, il n’est pas paru.

AAP relevait le 24 juin 2026 que l’unité de mesure utile se déplaçait de l’heure d’écran vers le sommeil sentinelle. Le rapport de l’OFDT du 22 mai 2026 décrit ces micro-réveils provoqués par le téléphone posé à côté de l’oreiller. Les 51,5 % de sommeil gêné relevés outre-Atlantique décrivent la même nuit, racontée cette fois par les adolescents eux-mêmes. Pour les familles, la question rejoint celles que nous suivons dans faire famille en France.

Un adulte et un adolescent vus de dos à table le soir, un téléphone posé face contre la nappe entre deux assiettes.
Le dégât que l’on veut éviter décide de l’application à regarder.

Ce qu’un parent peut faire de ces écarts

Angela Lee insiste sur un point moins commenté : les expériences en ligne des adolescents n’ont de sens que comparées à ce qu’ils vivent dans le reste de leur vie. Lu seul, le chiffre en ligne paraît toujours énorme. Placé à côté du harcèlement de cour de récréation, il reprend sa taille. La grille tient alors en une question : quel dégât veut-on éviter ce soir ? Les nuits, c’est TikTok d’abord ; l’image de soi, Instagram ; le harcèlement, un peu partout et pas d’abord en ligne.

Les auteurs préviennent aussi que les écarts entre services ne désignent pas des coupables : ils peuvent refléter la modération et la conception du service, ou simplement le profil de ses utilisateurs. Pinterest affiche par exemple plus de contenus qui font se sentir mal de soi que Discord, sans que l’on sache pourquoi.

Sur les neuf services dont l’étude chiffre le sommeil, huit restent sous 30 % de nuits abîmées. Le neuvième s’appelle TikTok.

Questions courantes

Cette étude prouve-t-elle que TikTok empêche de dormir ?
Non. Il s’agit d’une enquête transversale et déclarative : les adolescents disent que la technologie gêne leur sommeil et citent les services qu’ils utilisent, sans qu’un lien de cause à effet soit établi. Les 472 réponses correspondent par ailleurs à une phase pilote du dispositif de mesure, que les auteurs souhaitent élargir.

Les adolescents jugent-ils leur expérience en ligne globalement négative ?
Non, et c’est un point que les gros titres avalent. Dans l’enquête du Pew Research Center, environ sept adolescents sur dix qualifient de plutôt positive leur expérience sur chacune des plateformes, et 3 % seulement la disent plutôt négative. Environ trois utilisateurs de TikTok sur dix estiment en revanche y passer trop de temps.

Le rapport français dit-il combien d’heures d’écran sont acceptables ?
Non. Le rapport remis à l’OFDT par Alexandre Caron et Laure Bezannier, du cabinet Cemka, est une revue de quatre-vingts pages de la littérature publiée entre 2015 et 2025. Il conclut que le décompte d’heures ne suffit plus et qu’il faut regarder les usages : notifications permanentes, passage d’une application à l’autre, exposition nocturne, vulnérabilités individuelles. Il précise qu’une exposition répondant à des critères d’addiction comportementale, perte de contrôle ou symptômes de sevrage, est fortement corrélée au risque dépressif.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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