![]()
Sommaire
Essai visuel
Sur la face est de la pyramide de Mykérinos, à Guizeh, une bande de pierre polie sur quatre mètres de haut et six mètres de large intrigue les archéologues depuis 2019, comme si la roche cachait quelque chose sous sa surface la plus soignée. Deux cavités remplies d’air se logent à 1,13 mètre et 1,40 mètre de profondeur derrière la façade est de la pyramide de Mykérinos, à Guizeh, selon des résultats publiés le 7 novembre 2025 par la Technische Universität München et l’université du Caire.
Une façade qui ressemble déjà à une entrée
Mykérinos est la plus petite des trois grandes pyramides de Guizeh, avec plus de soixante mètres de haut, et la seule dont on connaît une entrée sur sa face nord. C’est en 2019 que le chercheur Stijn van den Hoven repère, le premier, une anomalie sur la face est : une zone d’environ quatre mètres sur six où les blocs de granit sont polis avec un soin qu’on ne retrouve, ailleurs sur le monument, qu’autour de cette entrée nord. Six ans plus tard, une équipe internationale a testé, sans toucher à la pierre, si cette hypothèse tenait.
La pierre qui ne devrait pas être aussi lisse

Sur cette façade, la zone polie tranche avec le reste de la maçonnerie, plus rugueuse et plus irrégulière. Ce contraste, à l’œil nu, est tout ce dont disposait Stijn van den Hoven en 2019. Six ans plus tard, une équipe réunissant l’université du Caire, la TUM, Portland State University, Dassault Systèmes et l’institut HIP est revenue sur cette même façade avec des instruments capables de voir au-delà du granit.
Ce qu’aucun instrument ne voit seul
Trois techniques ont été employées côte à côte sur la même zone : le géoradar, qui envoie des ondes électromagnétiques dans la roche, les ultrasons, qui mesurent la vitesse du son à travers la matière, et la tomographie de résistivité électrique, qui cartographie la façon dont le courant circule dans la pierre. Chacune, prise isolément, ne suffit pas à distinguer un vide d’un défaut de maçonnerie. « La méthode de fusion d’image employée ici a été décisive », précise le communiqué de la TUM, traduit de l’anglais.
Trois mesures, une seule image

Reprendre ce graphique ou citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
Ou réutilisez ce graphique librement sur votre site, attribution incluse :
La fusion superpose les trois lectures et fait apparaître, au même endroit sur les trois cartes, deux zones où le signal correspond à de l’air plutôt qu’à de la pierre pleine. La plus profonde des deux, à 1,40 mètre sous la surface polie, mesure un mètre sur un mètre cinquante. L’autre, à 1,13 mètre, est plus petite : 0,9 mètre sur 0,7 mètre.
Un vide, pas encore une porte
Christian Grosse, professeur de contrôle non destructif à la TUM, résume la prudence de l’équipe, traduite de l’anglais : « L’hypothèse d’une autre entrée est très plausible, et nos résultats nous rapprochent beaucoup de sa confirmation. » La formulation compte : les chercheurs parlent d’un pas de plus vers l’hypothèse, pas d’une découverte tranchée. Publiés dans la revue NDT&E International, les résultats sont présentés comme une première preuve, pas une preuve définitive.
Ce que la coupe donne à voir

En coupe, les deux cavités se logent l’une derrière l’autre, séparées de moins de trente centimètres, dans l’épaisseur de la façade orientale. Rien, pour l’instant, n’indique où elles mènent ni si elles communiquent avec l’intérieur du monument : c’est ce que la prochaine étape du projet devra établir.
La part française d’un chantier égyptien
Ce chantier n’est pas le premier où des équipes françaises croisent leurs instruments sur les pyramides de Guizeh. Entre 2016 et 2018, six chercheurs du CEA/Irfu (David Attié, Simon Bouteille, Patrick Magnier, Irakli Mandjavidze, Sébastien Procureur et Marc Riallot) faisaient partie des trois équipes d’imagerie muonique du volet Khéops de ScanPyramids, aux côtés de Nagoya et du KEK japonais. Leur détection, en novembre 2017, d’une cavité d’au moins trente mètres de long, à la taille de la grande galerie (47 mètres sur 8), avait démontré pour la première fois qu’un vide profond pouvait être repéré depuis l’extérieur d’une pyramide. Sept ans plus tard, sur Mykérinos, la France reste présente autrement : la Fondation Dassault Systèmes figure parmi les financeurs cités par la TUM, et l’institut HIP, coorganisateur du projet, est présidé par Mehdi Tayoubi, qui occupe aussi des fonctions de direction chez Dassault Systèmes. Deux campagnes, deux pyramides, un même fil français que les reprises du dossier Mykérinos, concentrées sur la porte hypothétique, ne relient pas.
Guizeh n’est pas le seul site où l’instrument précède la pelle : AAP a déjà raconté comment des princesses égyptiennes enterrées avec un arc ont livré leurs secrets sans qu’une seule tombe soit rouverte. Ici, aucune date de perçage n’est annoncée : la décision, si elle vient, reviendra aux autorités égyptiennes, pas aux chercheurs qui ont mesuré la cavité.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Taratata 600 : la date d’enregistrement et celle de diffusion - 2
Mondiaux de cyclisme : le maillot arc-en-ciel rapporte 8 000 euros, moins qu’une étape du Tour - 3
Prix du roman Fnac 2026 : « C’était ça ou mourir » lauréat - 4
Résultats des évaluations nationales 2026, dès le 21 septembre - 5
Résultat du Super Loto du 18 septembre : 13 millions gagnés
Nos dossiers
- France395
- Science273
- Culture193
- Consommation173
- Patrimoine165
- Santé publique164
- IA162
- Sport159
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

