
Sommaire
Récit
Dans une réserve du Musée égyptien du Caire, en 2020, des conservateurs rouvrent des caisses oubliées depuis un siècle. À l’intérieur, six momies royales que l’on croyait perdues, ensevelies quatre mille ans plus tôt à Dahchour avec leurs arcs, leurs flèches et un poignard d’une beauté rare. Longtemps, on avait cru ces armes purement décoratives. Leurs os racontent une autre histoire.
En bref
- Une étude parue le 17 juillet 2026 dans Frontiers in Environmental Archaeology réévalue cinq princesses et le roi Hor du Moyen Empire égyptien.
- Attaches musculaires marquées, membres supérieurs très développés : plusieurs de ces femmes maniaient réellement l’arc, pas seulement en apparat.
- Fractures aux côtes et au pied bien cicatrisées : des soins avancés pour l’époque, malgré des infections et une probable malnutrition.
- Anomalies vertébrales partagées par les soeurs : l’indice d’une famille étroitement consanguine.
Ce que disent les os
La réévaluation, menée par Zeinab Hashesh, de l’université de Beni-Souef, porte sur six momies retrouvées à Dahchour dès les années 1890, puis égarées, avant d’être redécouvertes au Musée égyptien lors d’un chantier d’inventaire en 2020. Quatre des princesses étaient soeurs, filles du pharaon Amenemhat II : Ita, Khenmet, Itaouret et une femme provisoirement identifiée comme Sathathormeryt. S’y ajoutent la princesse Noub-Hotep et le roi Hor.
Sur leurs squelettes, les chercheurs ont repéré des attaches musculaires prononcées, cohérentes avec un entraînement au tir à l’arc et au maniement d’armes. Des gestes répétés et intenses, comme tendre la corde d’un arc, ont façonné leurs bras et leurs épaules, souligne l’archéologue dans le communiqué de la revue. Les arcs et les flèches déposés dans les tombes n’étaient donc pas de simples offrandes pour l’au-delà.

Ita, Khenmet, Itaouret : trois vies dans le détail
Le corps de la princesse Ita, morte entre 28 et 34 ans, montre de puissantes attaches musculaires au haut du corps, signe qu’elle maniait habituellement massues ou poignards, celui-là même qui reposait dans son cercueil. Khenmet, disparue la trentaine ou la quarantaine passée, présentait des os qui s’amincissaient mais des ligaments toujours très robustes.
Itaouret, elle, avait entre 20 et 34 ans. Elle a survécu à des côtes brisées et à des fractures du pied, et son squelette porte la marque d’une archère aguerrie. Noub-Hotep et le roi Hor étaient eux aussi des tireurs. Le rang royal n’a pourtant protégé personne : plusieurs de ces corps montrent des infections et des carences.
Ce que rassemble cette étude, cas par cas, c’est le portrait intime que les simples reprises oublient : un âge, une blessure, un geste inscrit dans l’os. Une méthode que nous avions déjà vue faire parler une autre momie, celle d’Ötzi et son dernier repas.

Une énigme rouverte, et ses limites
Les soeurs partageaient de rares anomalies vertébrales, un indice que leurs parents, et plus largement leur famille, étaient étroitement apparentés. Une consanguinité fréquente dans les lignées royales égyptiennes, qui laisse sa trace jusque dans les vertèbres.
L’enquête bute toutefois sur un manque de taille : les crânes des princesses, perdus au début du XXe siècle, empêchent certaines analyses, et des examens isotopiques restent à mener pour cerner leurs carences. Reste l’essentiel, que ces femmes de pouvoir n’étaient pas seulement parées d’armes : elles savaient s’en servir. De quoi rendre un peu moins figée l’image de l’Égypte ancienne rangée derrière les vitrines.
Questions courantes
Ces princesses se battaient-elles vraiment ?
L’étude montre qu’elles s’entraînaient à des activités physiques exigeantes comme le tir à l’arc et la chasse, ce que confirment leurs attaches musculaires. Rien ne prouve qu’elles aient combattu à la guerre, mais elles maniaient bel et bien leurs armes.
De quand datent ces momies ?
Du Moyen Empire égyptien, il y a environ 4 000 ans. Elles ont été mises au jour à Dahchour à la fin du XIXe siècle, puis redécouvertes au Musée égyptien du Caire en 2020.
Comment sait-on qu’elles tiraient à l’arc ?
Par l’ostéo-archéologie : les os gardent la trace des efforts répétés. Des attaches musculaires très développées au haut du corps correspondent au geste de tendre un arc, année après année.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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