Une pile de colis de livres emballés dans du papier kraft, posée devant une porte en bois d’un couloir d’immeuble ancien.

Prix d’automne : le Femina entre en lice, le Médicis suit vendredi

Le Femina a ouvert sa saison le 8 septembre 2026 avec 33 titres, dont cinq romans français déjà retenus par le Goncourt. Prochaine échéance : le Médicis, le vendredi 11 septembre.

Sommaire
  1. Qui décide du Goncourt, et comment vote-t-on ?
  2. Combien sont-ils, et comment devient-on juré ?
  3. Combien les jurés sont-ils payés ?
  4. Comment passe-t-on de centaines de romans à quinze noms ?
  5. Quel est le calendrier exact de l’automne ?
  6. Qu’est-ce que le prix change vraiment pour les ventes ?

Décryptage

Publié le 18 août 2026 · Mis à jour le 2 octobre 2026 à 21h02

Mise à jour du 9 septembre 2026. La machine a tourné : après les seize romans du Goncourt le 2 septembre, le prix Femina a ouvert sa saison le mardi 8 septembre avec 33 titres, dont 17 romans français et 16 traduits. Cinq des dix-sept français figurent aussi dans la première sélection du Goncourt, soit près d’un tiers de la liste française : Anne Godard, Yannick Haenel, Emma Marsantes, Clémentine Mélois et Thélyson Orélien courent sur deux tableaux.

Que reste-t-il à trancher, et quand ?
Le Femina proclamera le mercredi 4 novembre, après deux resserrages les 6 et 23 octobre. Le Goncourt garde les siens pour les 6 et 27 octobre, avant le verdict du mardi 3 novembre, le même jour que le Renaudot. La prochaine échéance du calendrier n’est ni l’un ni l’autre : c’est le Médicis, le vendredi 11 septembre, suivi de l’Interallié le 16.

Les cartons quittent les entrepôts des éditeurs, et ils ont une date limite. Chaque roman candidat doit être parvenu aux dix membres du jury « avant le 2 septembre 2026 », jour où les académiciens Goncourt annoncent leur première sélection. Voici la machine, question par question.

Qui décide du Goncourt, et comment vote-t-on ?

Dix personnes, pas une de plus, réunies au restaurant Drouant à Paris. Le mode de scrutin est écrit noir sur blanc par l’académie Goncourt : « Le vote est oral. Au cours des dix premiers tours, le prix ne peut être attribué qu’à la majorité absolue. » Du onzième au treizième tour, la majorité relative suffit, et la voix du président compte double au quatorzième. Ce filet sert rarement : en 2025, l’affaire s’est réglée au premier tour, six voix pour Laurent Mauvignier contre quatre pour Caroline Lamarche, selon la fiche du Goncourt 2025.

Combien sont-ils, et comment devient-on juré ?

On ne postule pas, on est coopté. Le testament d’Edmond de Goncourt, rédigé en 1884, fixe lui-même la règle : « les survivants éliront les successeurs des membres décédés ou refusants ». Le même acte fondateur pose deux exclusions qui tiennent toujours : « on n’y recevra ni grands seigneurs, ni hommes politiques », et « toute élection à l’Académie française d’un des membres entraînera de droit la démission de ce membre ». Les statuts de la société, votés le 23 janvier 1902, décrivent encore « une association de dix membres seulement » ; ils ont été refondus en 2008 et modifiés une dernière fois le 6 mai 2025.

Combien les jurés sont-ils payés ?

Le testament prévoyait « une rente annuelle de 6 000 francs au profit de chacun des membres de la société » et « un prix annuel de 5 000 francs destiné à un ouvrage littéraire ». D’après nos calculs, les dix rentes pesaient donc 60 000 francs par an, soit douze fois le montant du prix qu’elles servaient à décerner : la fondation payait d’abord les lecteurs, ensuite l’auteur. Aujourd’hui, l’académie ne publie aucun montant pour ses jurés. Le seul chiffre qu’elle affiche concerne le lauréat, en une ligne sur son site officiel : « Symboliquement, le lauréat reçoit un chèque de 10 euros ! »

Comment passe-t-on de centaines de romans à quinze noms ?

Par un filtre d’éligibilité, puis par trois coups de sécateur. Le filtre d’abord : l’éditeur doit être francophone et distribué en librairie, l’autoédition et les traductions sont écartées, et « ce roman devra figurer dans les rayons des librairies la première semaine de septembre ». Sur la rentrée d’août à octobre recensée par Livres Hebdo le 22 juin, 344 titres sont écrits en français : c’est le vivier réel du prix. Viennent ensuite les coupes, « trois sélections, 15 noms, puis 8 noms, puis 4 noms », entre début septembre et fin octobre.

Les 344 romans français de la rentrée 2026 représentent environ onze romans par jour et par juré sur les 31 jours d’août, avant la première sélection du Goncourt annoncée le 2 septembre 2026. Le tri est du même ordre : quinze noms sur 344 titres éligibles, soit un roman sur 23, puis un seul lauréat, soit trois romans sur mille.

Série AAP

Nous suivions déjà ce dénominateur : le 9 août, nous comptions 461 romans à la rentrée 2026, dont 117 traduits, un recul de 23 titres sur un an entièrement porté par la traduction. Ces 117 traductions sont précisément celles que le Goncourt ne peut pas couronner : le tri de septembre démarre donc à 344.

Quel est le calendrier exact de l’automne ?

Quatre jurys ouvrent le bal en dix jours, puis plus rien pendant sept semaines, puis tout se règle en trois jours. Le calendrier publié le 15 juillet 2026 donne les dates suivantes.

Prix d’automne 2026 : première sélection et proclamation (source : Livres Hebdo, 15 juillet 2026)
PrixPremière sélectionProclamation
GoncourtMercredi 2 septembreMardi 3 novembre (chez Drouant)
RenaudotJeudi 3 septembreMardi 3 novembre (chez Drouant)
FeminaMardi 8 septembreMercredi 4 novembre (musée Carnavalet)
MédicisVendredi 11 septembreLundi 2 novembre

Deux détails ressortent du tableau. La « semaine littéraire » de novembre sera lancée par le Médicis, le 2 novembre, veille des proclamations du Goncourt et du Renaudot : l’ordre d’arrivée n’est pas celui du départ. Et il s’écoule 62 jours entre la première sélection du Goncourt et son verdict, d’après notre décompte des dates officielles.

Qu’est-ce que le prix change vraiment pour les ventes ?

L’académie décrit l’effet sans jamais le chiffrer. Pour le lauréat, « les tirages du roman sont immédiatement très importants et les traductions à l’étranger assurées ». Aucun volume, aucune courbe : la seule somme publiée reste le chèque de 10 euros. Un jury de dix personnes, dix euros symboliques, et derrière, un rayon de librairie qui se réorganise avant Noël.

Pour un lecteur, la conséquence arrive bien avant novembre. Les quinze titres du 2 septembre quitteront les rayons et les listes d’attente des bibliothèques en premier, avant même que le lauréat existe. Reste à savoir qui lira : la France compte ses lecteurs assidus dans notre baromètre de la lecture.

Le 2 septembre, quinze titres sortiront du lot et 329 romans français resteront à quai. Aucun ne cessera d’exister : ils auront simplement perdu l’ascenseur qui mène de la pile du juré à la table de la librairie.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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