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Un rayon de bibliothèque qui se remplit, et au même moment quelques tablées de passionnés qui se vident. C’est l’image que dessine le baromètre 2026 du livre : la part des grands lecteurs, ceux qui dévorent plus de vingt livres par an, est tombée de 22 % à 15 % en imprimé entre 2023 et 2025, chez les 15-80 ans. Et pourtant, dans le même temps, la France n’a jamais compté autant de lecteurs, 47 millions au total. Derrière le titre alarmiste qu’on entend partout, la réalité est plus subtile : on ne lit pas moins, on lit autrement.
En bref
- La part des grands lecteurs (plus de 20 livres par an) recule de 22 % à 15 % en imprimé chez les 15-80 ans entre 2023 et 2025 (baromètre du livre 2026).
- Au total, 47 millions de Français de 6 ans et plus ont lu ou écouté au moins un livre en 2025, dont 44 millions en imprimé.
- Le taux de lecteurs grimpe de 74 % à 79 %, porté par les petits lecteurs (moins de 5 livres par an), passés de 31 % à 42 % en imprimé.
- Le livre audio explose : les audio-lecteurs sont passés de 8 % à 16 % en deux ans.
Le paradoxe du baromètre
Tous les deux ans, l’organisme de gestion du livre, le Syndicat national de l’édition et la Société des gens de lettres confient à Médiamétrie le soin de prendre le pouls des lecteurs français. La quatorzième édition, dévoilée au Festival du livre de Paris en avril, repose sur une enquête menée du 7 au 28 janvier 2026 auprès de 4 007 personnes. Son premier enseignement est rassurant : huit Français sur dix de 6 ans et plus ont lu ou écouté au moins un livre l’an dernier. La lecture, à périmètre constant chez les 15-80 ans, gagne même cinq points, de 74 % à 79 %.
Mais c’est en regardant qui compose cette foule de lecteurs que le tableau se trouble. La hausse tient presque entièrement aux petits lecteurs, ceux qui ouvrent moins de cinq livres dans l’année. Leur part bondit de 31 % à 42 % en imprimé. Pendant ce temps, les grands lecteurs, le coeur historique du marché, s’érodent sur tous les supports.

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L’opposition est nette : là où les lecteurs occasionnels affluent, les boulimiques de pages refluent. En numérique, les grands lecteurs tombent de 20 % à 11 %, et en audio de 14 % à 7 %. Une enquête du Centre national du livre montrait déjà, chez les plus jeunes, ce même décrochage des lectures longues face aux écrans, avec un écart marqué entre filles et garçons.

Qui décroche, qui revient
Ce mouvement de bascule a un visage. Le lecteur moyen de 2025 a 41 ans, et c’est une femme dans 54 % des cas. Le numérique attire un public plus jeune, 36 ans en moyenne, plutôt diplômé et urbain. L’audio, lui, rajeunit encore le portrait, 31 ans, et se masculinise. Autrement dit, le livre se faufile désormais dans des moments qu’il n’occupait pas, le trajet en transports, la vaisselle, la salle de sport, grâce à l’écouteur.
Cette diffusion par le bas a un revers. Lire un peu, c’est mieux que ne pas lire du tout, mais les grands lecteurs sont aussi ceux qui font vivre la diversité éditoriale, qui s’aventurent hors des best-sellers et soutiennent les catalogues exigeants. Quand ils se raréfient, c’est tout un écosystème, celui des libraires indépendants et des éditeurs de fond, qui sent le sol bouger sous ses pieds.
Ce que ça change pour la chaîne du livre
Le baromètre glisse plusieurs signaux que le secteur lit avec attention. L’occasion, d’abord, gagne du terrain : 68 % des acheteurs de livres neufs achètent aussi d’occasion, et c’est le seul usage que les Français disent vouloir augmenter à l’avenir. Une bonne affaire pour le portefeuille, une équation plus délicate pour les auteurs, qui ne touchent rien sur la revente. Les bibliothèques, elles, restent un pilier : près de 30 millions de Français, un sur deux, y sont passés en 2025, selon le communiqué du SNE.

Reste une prudence de lecture, justement. Cette édition a, pour la première fois, intégré les 6-14 ans, ce qui invite à manier les comparaisons d’une vague à l’autre avec précaution. Mais la tendance de fond, elle, ne se discute guère : la lecture ne s’éteint pas, elle change de braise. Elle brûle moins fort chez quelques-uns, un peu partout chez beaucoup. La vraie question n’est plus de savoir si l’on lit encore, mais ce qu’il advient des livres que seuls les passionnés tenaient à bout de bras.
Questions courantes
Combien y a-t-il de lecteurs en France ?
En 2025, 47 millions de Français de 6 ans et plus ont lu ou écouté au moins un livre, soit huit personnes sur dix. Parmi eux, 44 millions ont lu au moins un livre imprimé.
Pourquoi dit-on que les grands lecteurs reculent ?
Leur part, parmi les 15-80 ans, est passée de 22 % à 15 % en imprimé entre 2023 et 2025. Le recul touche aussi le numérique (20 % à 11 %) et l’audio (14 % à 7 %).
La lecture diminue-t-elle vraiment ?
Non, au contraire : le taux de lecteurs progresse de 74 % à 79 % chez les 15-80 ans. La hausse vient surtout des petits lecteurs, qui lisent moins de cinq livres par an.
Quel format progresse le plus ?
Le livre audio numérique : la part d’audio-lecteurs a doublé, de 8 % à 16 % en deux ans, avec un public plus jeune et plus masculin que la moyenne.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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