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Chaque parution du baromètre du Centre national du livre rejoue la même scène : les titres annoncent que les jeunes ne lisent plus, que les écrans ont gagné. La cinquième édition de l’enquête, publiée le 14 avril 2026 et menée par Ipsos bva auprès de 1 500 jeunes Français de 7 à 19 ans, raconte autre chose. Le taux de lecteurs tient : 81 % lisent pour leurs loisirs, un chiffre stable depuis 2024. Ce qui se déforme, c’est le temps qu’ils y consacrent, et la façon dont l’adolescence sépare nettement les filles des garçons.
En bref
- Les jeunes consacrent 18 minutes par jour à la lecture loisir, contre 3 h 01 d’écrans, jusqu’à plus de 5 h chez les 16-19 ans.
- Chez les garçons, la lecture loisir passe de 76 % à 13-15 ans à 56 % à 16-19 ans : c’est là que se joue le décrochage.
- Le taux global de lecteurs reste stable (81 % pour les loisirs) : ce n’est pas un effondrement, c’est une recomposition.
- 18 % des jeunes disent que leurs parents ne lisent pas de livres, contre 7 % en 2016.
Le chiffre que tout le monde retient tient en une image : 18 minutes de lecture par jour, et 3 h 01 passées sur les écrans, hors livres numériques et audio. Soit, selon l’enquête Ipsos pour le CNL, environ dix fois plus de temps devant un écran qu’un livre ouvert. Chez les 16-19 ans, le temps d’écran grimpe au-delà de 5 heures quotidiennes. La lecture loisir, elle, a perdu 8 minutes depuis 2016 : la chute est réelle, mais lente, à l’échelle d’une décennie, pas d’un cataclysme.

L’autre transformation est plus discrète : on lit en faisant autre chose. À 7-9 ans, 21 % des jeunes occupent une autre activité pendant leur lecture ; ils sont 45 % à 13-15 ans, puis 67 % à 16-19 ans. La lecture continue d’exister, mais elle se glisse entre deux notifications, par fragments, là où elle réclamait jadis un long moment seul. Le livre n’a pas disparu du quotidien adolescent : il a changé de place et de rythme.
Le décrochage a un visage, et c’est celui des garçons
C’est ici que les moyennes mentent. Derrière le taux global stable se cache un écart qui se creuse à l’adolescence. Pour la lecture de loisir, les garçons passent de 76 % à 13-15 ans à 56 % à 16-19 ans. Les filles du même âge restent à 78 %, soit 22 points d’avance. Traduit en minutes, le contraste est saisissant : selon l’analyse du baromètre par l’association Lecture Jeunesse, un garçon de 16-19 ans ne consacre plus que 10 minutes par jour à la lecture loisir, contre 19 minutes pour une fille du même âge.
Pour situer ces minutes les unes par rapport aux autres, voici comment se répartit le temps quotidien des jeunes entre écrans et lecture, selon les tranches d’âge mesurées par le CNL.

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Le graphe rend visible ce que la moyenne efface : à 16-19 ans, l’écran ne pèse pas dix fois plus que le livre, il pèse trente fois plus pour un garçon de cet âge. Mais l’écran n’explique pas tout. L’enquête souligne un fait gênant pour le récit habituel : les filles passent autant de temps que les garçons devant les écrans, et lisent pourtant davantage. C’est exactement ce paradoxe que nous avions raconté en montrant comment les filles lisent plus que les garçons à temps d’écran égal. Si l’écran était le seul coupable, l’écart entre les sexes n’existerait pas.
Ce qui se passe à la maison, avant les algorithmes
L’enquête pointe un autre levier, plus intime : l’exemple parental s’efface. En 2016, 7 % des jeunes déclaraient que leurs parents ne lisaient pas de livres eux-mêmes. En 2026, ils sont 18 %, et c’est le père qui est le plus souvent cité comme non-lecteur. Dans le même temps, la prescription de lecture vient d’abord de la mère, citée par 41 % des jeunes, contre 20 % pour le père. L’écart entre les deux parents atteint 21 points.

Le rapprochement n’a rien d’anodin. Quand un garçon grandit en voyant les hommes de son foyer ne pas lire, le livre se range mentalement du côté des activités qui ne le concernent pas. Lecture Jeunesse formule l’hypothèse sans la trancher : il y aurait un lien à explorer entre la désaffection masculine pour la lecture et le décrochage des garçons à l’adolescence. La transmission compte, et elle se fait, ou ne se fait pas, bien avant TikTok. Reste que la même étude rappelle que 8 jeunes sur 10 déclarent aimer lire : la matière première est là, intacte. Ce sont les conditions de la rencontre avec le texte qui se sont fragilisées, pas le goût lui-même.
Questions courantes
Les jeunes lisent-ils vraiment de moins en moins ?
Pas globalement : 81 % lisent pour leurs loisirs, un taux stable depuis 2024. Ce qui baisse, c’est le temps quotidien de lecture (18 minutes, contre 26 il y a dix ans) et sa qualité, plus fragmentée.
Quel est l’écart entre temps d’écran et temps de lecture ?
Les jeunes passent 18 minutes par jour à lire pour leurs loisirs, contre 3 h 01 sur les écrans, soit environ dix fois plus. Chez les 16-19 ans, le temps d’écran dépasse 5 heures par jour.
Pourquoi parle-t-on surtout des garçons ?
Parce que c’est chez eux que le décrochage est le plus net : la lecture loisir passe de 76 % à 13-15 ans à 56 % à 16-19 ans. À cet âge, un garçon lit environ 10 minutes par jour, une fille environ 19.
Les écrans sont-ils seuls responsables ?
Non. Les filles passent autant de temps devant les écrans que les garçons et lisent pourtant plus. L’étude pointe aussi le recul de l’exemple parental : 18 % des jeunes disent que leurs parents ne lisent pas, contre 7 % en 2016.
Qui a réalisé cette étude ?
Le Centre national du livre, avec Ipsos bva, cinquième édition de l’enquête sur les jeunes Français et la lecture, menée du 28 janvier au 9 février 2026 auprès de 1 500 jeunes de 7 à 19 ans.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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