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En bref
370 kilos de marbre pour un oreiller : c’est le bloc qu’il faut attaquer pour sortir un coussin de pierre de Håkon Anton Fagerås, sculpteur installé entre Oslo et la Toscane. Il taille ces polochons dans le marbre de Carrare, et la galerie Christoffer Egelund en a vendu un à Copenhague, Down VII, daté de 2025. Il appelle la série Down : du duvet.
Fagerås ouvre les froissures au marteau pneumatique et au ciseau, un outillage de marbrier parfaitement ordinaire. Le marbre ne pardonne aucun repentir : chaque pli est enlevé, jamais ajouté. « Le dénominateur commun de la plupart de mes œuvres, c’est la fragilité et la vulnérabilité », explique-t-il à My Modern Met. Les premiers oreillers de la série Down datent de 2018. Depuis 1999, il travaille dans l’atelier du marbrier Marco Giannoni, à Pietrasanta, au pied des carrières apuanes. Le même ciseau a produit le monument à Roald Amundsen inauguré en 2011 par le roi Harald V, à Bygdøy (sa biographie).
À retenir
- Håkon Anton Fagerås sculpte des oreillers froissés dans le marbre de Carrare depuis 2018, dans une série qu’il a nommée Down.
- Down VII, daté de 2025 et vendu par la galerie Christoffer Egelund à Copenhague, mesure 61 × 64 × 35 cm.
- Marteau pneumatique et ciseau : tout se fait par enlèvement de matière, rien ne se rajoute.
- Le voile de pierre est une spécialité ancienne : le Cristo velato de Naples date de 1753.
Down VII, oreiller de marbre de Carrare sculpté en 2025 par le Norvégien Håkon Anton Fagerås, mesure 61 × 64 × 35 cm, soit un bloc d’environ 370 kilos de pierre. Le marbre de Carrare pèse de 2 650 à 2 750 kilos le mètre cube, et ces dimensions en enferment 0,137. Un oreiller qu’on ne secoue pas.
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À Naples, le Cristo velato de Giuseppe Sanmartino montre depuis 1753 un corps sous un linceul transparent, taillé dans le même bloc que la statue. Le prince Raimondo di Sangro avait d’abord commandé l’œuvre à Antonio Corradini, spécialiste du voile de pierre. Corradini est mort en 1752, en ne laissant qu’une esquisse en terre cuite. L’illusion a trouvé d’autres supports depuis : à Glasgow, une rose géante est suspendue à une grue portuaire de 1931.
Et chez nous ?
Un voile de marbre au Louvre, salle 403
Le Louvre expose une Femme voilée de Corradini, haute de 1,38 mètre, dans la galerie Michel-Ange de l’aile Denon. Le musée l’a achetée en vente publique à Monaco le 24 juin 1976 ; elle avait appartenu à la collection du marquis Manfrin, à Venise, dispersée au XIXe siècle. Le visage se lit à travers le marbre, comme les plis se lisent dans l’oreiller. Le Louvre n’a jamais tranché sur le sujet de la statue : sa notice s’intitule « Femme voilée (la Foi ?) », point d’interrogation compris.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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