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Dans la province chinoise du Qinghai, une tour de 219 mètres garde la chaleur du soleil dans du sel fondu. Elle produit ainsi de l’électricité jusqu’à huit heures après son coucher. Cette tour ne fournit que 100 MW du complexe de Gonghe, un gigawatt qui associe panneaux et miroirs. PowerChina l’a raccordée au réseau le 1er octobre 2026, selon le compte rendu de pv magazine.
Le complexe aligne 1,898 million de modules photovoltaïques (Shanghai Metals Market), pour 900 MW, à côté d’une centrale solaire à concentration de 100 MW. Il doit livrer environ 2,2 TWh par an et éviter 2,07 millions de tonnes de CO2, selon son exploitant, PowerChina New Energy. Les 2,2 TWh annoncés pour Gonghe couvriraient la consommation électrique annuelle d’environ 537 000 foyers français, sur la base des 4 096 kWh par foyer mesurés par la Commission de régulation de l’énergie en 2024.
Comment une centrale solaire produit-elle la nuit ?
Autour de la tour, 10 310 héliostats suivent la course du soleil. Ces miroirs pentagonaux totalisent environ 500 000 m². Ils renvoient la lumière vers un récepteur placé au sommet, où la chaleur concentrée porte du sel à l’état fondu. Stocké en cuves, ce sel produit à la demande la vapeur qui fait tourner une turbine de 100 MW, une fois le soleil couché.
Un réchauffeur électrique de 20 MW chauffe aussi les cuves avec le surplus du parc photovoltaïque voisin. Cela pourrait éviter de brider les panneaux quand le réseau ne peut pas tout absorber. Pleines, les cuves représentent 800 MWh d’électricité.
Une première ? Pas tout à fait
Les médias d’État chinois présentent Gonghe comme le premier projet du pays à l’échelle du gigawatt qui réunit photovoltaïque, solaire à concentration et conversion d’électricité en chaleur. En septembre 2025, China Three Gorges a mis en service à Hami, dans le Xinjiang, un complexe d’un gigawatt lui aussi. Il associe 900 MW de panneaux et 100 MW de miroirs de Fresnel, avec huit heures de stockage en sel fondu (pv magazine, 2025). Le compte rendu sur Hami ne mentionne aucun réchauffeur électrique. La primauté revendiquée à Gonghe tient à ce troisième élément.

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Au Maroc, Noor Ouarzazate III, en service depuis 2018, culmine à 250 mètres et stocke sept heures, selon son exploitant ACWA Power. Dans le désert d’Atacama, Cerro Dominador a ouvert en juin 2021 avec 10 600 héliostats autour d’une tour de 252 mètres. Comme Gonghe, il associe des panneaux (100 MW) à sa tour de 110 MW, et ses cuves tiennent 17,5 heures (Initiative internationale pour le climat).
| Centrale | Puissance thermosolaire (MW) | Stockage (heures) | Énergie en réserve (MWh) | Mise en service |
|---|---|---|---|---|
| Gonghe (Chine, tour) | 100 | 8 | 800 | 2026 |
| Hami (Chine, Fresnel) | 100 | 8 | 800 | 2025 |
| Cerro Dominador (Chili, tour) | 110 | 17,5 | 1 925 | 2021 |
| Noor Ouarzazate III (Maroc, tour) | 150 | 7 | 1 050 | 2018 |
| Llo (France, Fresnel) | 9 | 4 | 36 | 2019 |
Pourquoi la France n’a-t-elle plus de tour solaire ?
À Targassonne, en Cerdagne (Pyrénées-Orientales), la centrale Thémis, inaugurée par EDF en 1983, chauffait déjà du sel fondu au sommet d’une tour de 105 mètres, sous 201 héliostats. EDF a coupé les crédits en septembre 1986, entre réparations coûteuses, production faible et pétrole bon marché, rappelle Techno-Science. Le site est revenu à la recherche solaire en 2004, après dix-sept ans de télescopes à rayons gamma.
Un panneau photovoltaïque exploite aussi la lumière diffuse d’un ciel voilé, alors qu’un miroir ne concentre que les rayons directs. Dans une note technique de l’IRENA, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables situe la rentabilité au-delà de 2 000 kWh par m² et par an de rayonnement direct. Elle la place en général entre 15 et 40 degrés de latitude, et note que l’altitude aide, car l’air y disperse moins la lumière. Gonghe se trouve vers 36 degrés nord, sur le haut plateau de Talatan. La Cerdagne, à 42,5 degrés, ne compense que par son altitude, autour de 1 650 mètres à Thémis. Même l’Espagne reste au plancher : selon l’agence, une même centrale produit au sud-ouest des États-Unis une électricité 25 % moins chère qu’en Espagne.
Les centrales qui gardent la chaleur du soleil
- Comté de Gonghe (Qinghai, Chine) tour de 219 m, 8 h de sel fondu
- Cerro Dominador (Chili) tour de 252 m, 17,5 h de stockage
- Noor Ouarzazate (Maroc) tour de 250 m, 7 h de stockage
- Llo (Pyrénées-Orientales) miroirs de Fresnel, 9 MW, 4 h de stockage
- Thémis, Targassonne (Pyrénées-Orientales) tour d’EDF exploitée de 1983 à 1986
L’Espagne a pourtant persisté : elle exploite 2 302 MW de solaire thermodynamique, qui ont produit 4 128 GWh en 2024 (Invest in Spain). En France, le procédé survit à une dizaine de kilomètres de Thémis. Inaugurée en 2019, la centrale de Llo aligne 153 000 m² de miroirs de Fresnel pour 9 MW, selon la Banque des Territoires. Ses neuf réservoirs y gardent la chaleur sous forme de vapeur, soit quatre heures à pleine charge, et ses 9 MW correspondent à la consommation de plus de 6 000 foyers.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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