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Le chiffre
Vous ne parlez plus à un frère, à une mère ou à un cousin ? Aux États-Unis, plus d’un adulte sur quatre vit la même brouille familiale que vous.
Le sociologue Karl Pillemer, professeur à l’université Cornell, a mené une enquête nationale auprès de plus de 1 300 personnes. Résultat : 27 % des Américains de 18 ans et plus ont rompu le contact avec un membre de leur famille. Les chiffres ont paru en septembre 2020, avec son livre « Fault Lines: Fractured Families and How to Mend Them ». Le Cornell Chronicle parle d’un problème « caché à la vue de tous ».
27 %des adultes américains ont rompu le contact avec un membre de leur famille (Cornell, 2020)
États-Unis, en rupture avec un parent ou un enfant10 %
France, ne voient jamais leur père10 %
Enquête nationale de Karl Pillemer (Cornell, plus de 1 300 personnes, 2020) et enquête Erfi 2 de l’Ined (12 800 personnes, 2024). La première compte une rupture déclarée, la seconde une absence de rencontre.
Qui est brouillé avec qui ?
10 % des adultes américains sont en rupture avec un parent ou un enfant, 8 % avec un frère ou une sœur et 9 % avec la famille élargie. L’enquête compte le contact coupé : une embrouille familiale au dessert n’y suffit pas.
Pillemer tient les 67 millions de personnes concernées pour un plancher. Le chercheur parle d’un chiffre « probablement sous-estimé », parce que certains rechignent à reconnaître la rupture.
- Rupture avec au moins un membre de la famille 27 %
- Avec un parent ou un enfant 10 %
- Avec la famille élargie 9 %
- Avec un frère ou une sœur 8 %
Ces 67 millions supposent une population d’environ 248 millions d’adultes. Le cercle parent-enfant concerne alors 24,8 millions d’Américains. Le lien fraternel se rompt pour un adulte sur 12,5.
| Lien rompu (États-Unis, 2020) | Adultes concernés (millions) | Soit un adulte sur… |
|---|---|---|
| Au moins un membre de la famille | 67 | 3,7 |
| Un parent ou un enfant | 24,8 | 10 |
| La famille élargie | 22,3 | 11,1 |
| Un frère ou une sœur | 19,9 | 12,5 |
Un repas de dix adultes américains compte donc, en moyenne, un convive fâché avec un parent ou un enfant.
Pourquoi les familles se brouillent-elles ?
Les causes que Pillemer recense n’ont rien d’exotique. Une éducation dure, le favoritisme d’un parent, le divorce, les tensions avec la belle-famille. Puis l’argent : disputes financières, héritages, affaires communes. Viennent enfin les écarts de valeurs et les attentes irréalistes envers l’autre.
La brouille oblige les proches à choisir un camp et se propage sur plusieurs générations, selon l’enquête de Cornell. Elle coupe aussi certains membres des ressources financières et sociales de la famille. Le chercheur la décrit comme un stress chronique, né d’un attachement rompu et d’un rejet social.
Et chez nous ?
Combien de Français ne voient plus un parent ?
L’Ined ne demande pas aux Français s’ils sont brouillés. Son enquête Erfi 2, menée en 2024 auprès de 12 800 personnes, mesure la fréquence à laquelle les adultes voient leurs parents. D’après les premiers résultats, 5 % des adultes ne voient jamais leur mère, deux fois moins que leur père.
En 2020, 27 % des adultes américains déclaraient avoir rompu le contact avec un membre de leur famille ; en France, 10 % des adultes ne voient jamais leur père (Ined, 2024). Les deux mesures diffèrent. Une absence de rencontre peut aussi tenir à la distance, pas seulement au conflit.
Selon l’Ined, 23 % des adultes dont les parents se sont séparés ne voient jamais leur père, contre 9 % leur mère. Quand les parents sont restés ensemble, la part tombe à 3 % pour le père. Elle est donc 7,7 fois plus élevée après une séparation. Le milieu social pèse aussi : 15 % des ouvriers et des ouvrières ne voient jamais leurs parents, contre 3 % des cadres.

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Peut-on renouer après une brouille familiale ?
Le Cornell Family Reconciliation Project a interrogé 100 personnes qui ont renoué. Elles ont renoncé à faire accepter leur version du passé et à obtenir des excuses. Elles se sont tournées vers le présent et l’avenir de la relation.
D’autres leviers aident : des attentes réalistes, un examen de soi, une conversation avec des proches qui n’avaient pas pris leur parti, l’écriture, parfois un thérapeute. Certains ont fixé une « relation minimale viable », le strict nécessaire pour garder le contact. « La plupart se sont finalement sentis beaucoup mieux après la réconciliation, même imparfaite », rapporte Pillemer.
Ils disent ne plus porter « ce poids sur les épaules ».
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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