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Vous passeriez dessus sans rien voir. Dans la plaine australienne du Nullarbor, le creux qui trahit une grotte de 150 mètres de profondeur fait moins de 9 mètres de fond, pour 100 à 500 mètres de large et parfois plus de 20 kilomètres de long. Cinq de ces tranchées ont été disséquées par l’équipe de Matej Lipar, dans une étude parue le 17 septembre 2026 dans Communications Earth & Environment. Elle vaut, selon les auteurs, pour tout paysage sec où le calcaire se creuse.
La France compte environ 173 800 cavités souterraines recensées hors mines, soit cinq fois plus que de communes, selon l’état des lieux publié le 31 juillet 2026 par le ministère de la Transition écologique. Ce recensement national mêle carrières abandonnées, marnières normandes et gouffres karstiques, et il est loin d’être clos. Repérer un vide sans l’ouvrir est un métier, avec ses instruments et ses angles morts.
Le relief parle avant tout le monde
Sur le Nullarbor, la rupture monte à la verticale sur des dizaines de mètres avant de s’étaler en un fléchissement que les sédiments comblent. Les cinq tranchées étudiées, d’Abrakurrie à Yalata, n’ont ni cours d’eau ni dépôt en aval, et se superposent à des grottes déjà cartographiées. Neuf mètres de creux étalés sur cinq cents mètres de large, l’œil ne les distingue pas.
Le programme LiDAR HD de l’IGN balaie la France à dix points par mètre carré en moyenne, et le traitement retire la végétation pour ne garder que le sol. Les modèles de terrain sortent en open data, couverture complète visée pour la fin 2026. Un micro-relief tapi sous un taillis de chênes devient lisible depuis un ordinateur portable.

Le Québécois Joël Lapointe a repéré son cratère de 25 kilomètres comme ça, en 2024, devant des cartes satellite en ligne. Une expédition l’a confirmé sur le terrain en octobre 2025.
Sous la plaine, les conduits se comptent en centaines de mètres de long. La vidéo en donne l’échelle.
Ce que chaque instrument mesure
La tomographie de résistivité électrique injecte un courant dans le sol et lit sa résistance. Sous les tranchées, elle a fait apparaître des zones de faible résistivité qui montent à la verticale, signature d’une colonne de roche brisée et comblée. Sa portée s’arrête entre 30 et 70 mètres selon le site. Les grottes profondes démarrent à 50 mètres.
Le relais s’appelle sismique passive : on écoute le bruit de fond permanent du sol, dont les résonances renseignent sur la structure au-delà de 30 à 40 mètres. La microgravimétrie travaille sur une autre grandeur, le poids. Un vide pèse moins que la roche qu’il a remplacée, et un gravimètre lit ce déficit de masse depuis la surface. Le radar géologique envoie des ondes et compte les échos.
Ce radar a été testé sur les marnières de Goderville en 2021 par l’Ineris, avec l’électromagnétisme et une caméra infrarouge thermique montée sur drone. L’institut range ces méthodes du côté du non-invasif. En face, le sondage perce le terrain pour voir le vide directement.
Aucun de ces appareils ne rend un contour à lui seul. La synthèse publiée le 27 janvier 2021 par le Cerema et l’Université Gustave Eiffel pour le plan national cavités le formule en critères : la taille de la cavité, sa profondeur, son remplissage et l’environnement de surface décident de la méthode retenue.
| Technique | Ce qu’elle mesure | Ce qu’elle atteint | Angle mort |
|---|---|---|---|
| Modèle de terrain LiDAR | Le micro-relief du sol nu | La surface, à 10 points par m² | Rien sur la profondeur du vide |
| Résistivité électrique | La résistance au courant injecté | 30 à 70 mètres selon le site | S’arrête avant les grottes profondes |
| Sismique passive | Les résonances du bruit de fond | Au-delà de 30 à 40 mètres | Une structure, pas un contour |
| Microgravimétrie | Le déficit de masse d’un vide | Les vides proches de la surface | Le signal se dilue en profondeur |
| Radar géologique | L’écho des ondes sur les interfaces | Les premiers mètres de terrain | Les terrains conducteurs l’étouffent |
Au-delà de 70 mètres, plus rien ne dessine un contour depuis la surface. Le vide se déduit d’un faisceau d’indices convergents, comme sur le Nullarbor où relief, résistivité, sismique, relevés spéléologiques et coupes de falaise ont été empilés.
Et chez nous ?
Où chercher sous la France
L’Eure et la Seine-Maritime concentrent près de 25 % des cavités connues du pays, héritage des marnières creusées pour amender les champs. Le danger porte deux noms : l’affaissement, quand le sol descend lentement au-dessus du vide, et l’effondrement, quand une partie cède d’un coup.
Les dalles du LiDAR HD se téléchargent librement, par carrés d’un kilomètre, et un ombrage bien réglé y fait ressortir des micro-reliefs qu’aucune carte topographique n’affiche. Tout creux n’est pas une grotte : une mare comblée donne la même signature, et seul un forage tranche.
Les auteurs de l’étude proposent d’appliquer la même grille aux images de Mars, où des dépressions de ce type attendent toujours une explication.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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