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77,8 % de réponses complètes contre 0 %. C’est l’écart mesuré par l’essai ImmunoPRISM entre deux traitements testés chez 59 personnes qui n’ont pas encore de cancer déclaré. Cette étude de phase 2, menée par le Dana-Farber Cancer Institute à Boston, a été publiée le 11 septembre 2026 dans Nature Medicine. Elle porte sur le myélome multiple indolent à haut risque, un état asymptomatique qui précède le cancer du sang. Jusqu’ici, on le surveille sans le traiter.
« Haut risque » a une définition chiffrée. Le protocole de l’essai retient la règle dite 20-2-20 : au moins deux critères parmi un pic monoclonal d’au moins 2 g/dL, un rapport de chaînes légères libres supérieur ou égal à 20, et plus de 20 % de plasmocytes dans la moelle. D’autres combinaisons sont admises, dont des anomalies chromosomiques à risque. Ces personnes vont bien. C’est leur bilan sanguin qui annonce la suite.
Ce que « réponse complète » veut dire ici
Sur les 45 patients du bras teclistamab, 42 ont répondu, soit 93,3 %. La réponse complète, critère principal de l’essai, exige la disparition de la protéine monoclonale et moins de 5 % de plasmocytes dans la moelle. Plus fin encore : 82,2 % des patients n’avaient plus une cellule malade détectable à 10⁻⁵, soit une sur cent mille. En face, aucun des 14 patients sous lénalidomide-dexaméthasone n’a atteint la réponse complète, ni la négativation de la maladie résiduelle.
Le teclistamab est un anticorps bispécifique : il accroche d’un côté l’antigène BCMA des plasmocytes, de l’autre les lymphocytes T du patient, et les met en contact. Son activité était déjà établie dans le myélome en rechute. Le traitement n’est pas à vie : douze cycles au maximum, quinze mois, avec une montée de 720 µg/kg par semaine vers 3 mg/kg par mois.

« En mobilisant le système immunitaire avant l’apparition de la maladie symptomatique, le teclistamab peut tirer parti d’une immunité préservée et d’une charge tumorale plus faible », explique Irene Ghobrial dans le communiqué du Dana-Farber. Le même pari, activer les défenses du patient plutôt que saturer l’organisme de chimiothérapie, avait déjà donné une régression complète chez un enfant atteint d’hépatoblastome.
Un essai plus grand invite à la prudence
Un autre essai a déjà franchi cette frontière, et il est six fois plus gros. L’essai AQUILA a opposé le daratumumab à une simple surveillance, chez 390 patients et avec plus de cinq ans de recul. Les deux travaux, côte à côte :
| Critère | ImmunoPRISM | AQUILA |
|---|---|---|
| Phase | 2 | 3 |
| Traitement testé | Teclistamab (bispécifique anti-BCMA) | Daratumumab sous-cutané (anti-CD38) |
| Comparateur | Lénalidomide-dexaméthasone | Surveillance active |
| Patients | 59 (45 contre 14) | 390 (194 contre 196) |
| Suivi médian | 24,5 mois | 65,2 mois |
| Survie sans progression | 92 % à 2 ans contre 49 % | 63,1 % à 5 ans contre 40,8 % |
| Décès liés au traitement | Aucun | Aucun signal de sécurité inattendu |
L’écart le plus spectaculaire vient donc du plus petit des deux essais. AQUILA a suivi ses patients presque trois fois plus longtemps, pour un bénéfice plus modeste. Les comparateurs diffèrent aussi : surveillance simple d’un côté, traitement actif de l’autre. Les deux colonnes ne se soustraient pas.
En France, le myélome n’est pas une maladie rare. Publié le 11 septembre 2026 dans Nature Medicine, l’essai ImmunoPRISM laisse 92 % des patients sous teclistamab sans progression à deux ans, contre 49 % sous lénalidomide-dexaméthasone, dans un état qui précède les 5 442 nouveaux cas de myélome multiple et de plasmocytome estimés en France en 2018. La suite est documentée. Santé publique France mesure 60 % de survie nette à cinq ans pour les personnes diagnostiquées entre 2010 et 2015 : 80 % à 50 ans, 42 % à 80 ans.
Ce que le traitement fait subir
Traiter avant les symptômes, c’est exposer des gens qui vont bien. L’essai le documente. Un syndrome de relargage cytokinique est survenu chez 71,1 % des patients, cette réaction inflammatoire que déclenche l’activation massive des lymphocytes. Aucun cas de grade 3 ou plus. Aucune toxicité neurologique, aucun décès lié au traitement. Les infections sévères ont touché 20 % du bras teclistamab, contre 21 % du bras comparateur. Trois cancers cutanés localisés sont survenus : deux carcinomes basocellulaires et un carcinome épidermoïde.
Les auteurs posent eux-mêmes les bornes. Quarante-cinq patients contre quatorze : la randomisation 2 pour 1 crée un déséquilibre, et l’effectif interdit toute analyse fine, y compris selon le sexe. Un suivi plus long sera nécessaire pour savoir si ces rémissions profondes se transforment en prévention durable, écrivent-ils. Ils ajoutent que la place de ces anticorps dans une stratégie adaptée au risque reste à définir.
Reste la question que l’essai ne tranche pas : à partir de quand une anomalie de laboratoire devient-elle une maladie à traiter ? Les auteurs la renvoient à d’autres travaux. Leurs patients, eux, ont arrêté le traitement depuis des mois.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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