Un cadre doré vide posé contre une petite lunette d’astronomie sur un bureau en bois, ruban cadeau à côté, ciel étoilé derrière la fenêtre.

Acheter une étoile : le certificat n’a aucune valeur officielle, l’UAI garde la main

L’Union astronomique internationale écrit que les noms d’étoiles vendus par des entreprises n’ont « aucune validité formelle ou officielle ». Qui approuve les noms du ciel, en combien de temps, et les thèmes imposés corps par corps, en un tableau.

Sommaire
  1. Que vaut un certificat « une étoile à votre nom » ?
  2. Qui décide vraiment des noms du ciel ?
  3. Peut-on faire graver son nom sur un cratère ?
  4. Quels noms sont autorisés sur chaque astre ?
  5. Combien de temps faut-il pour qu’un nom devienne officiel ?
  6. Que faire, alors, quand on voulait offrir le ciel ?

Questions-réponses

59 étoiles ont reçu un nom officiel de l’Union astronomique internationale. L’annonce date du 12 février 2026, et aucun de ces noms n’a été acheté : l’UAI, qui approuve les appellations des objets du ciel pour la communauté scientifique, écrit que les noms d’étoiles vendus par des entreprises commerciales n’ont « aucune validité formelle ou officielle ». Le nommage céleste ne s’achète pas, il se demande sur justification scientifique, et il obéit à des thèmes imposés corps par corps.

Que vaut un certificat « une étoile à votre nom » ?

Rien, au regard de la nomenclature officielle. En France comme partout ailleurs, aucun certificat d’étoile acheté en ligne n’entre dans le catalogue de l’Union astronomique internationale. L’UAI « se dissocie entièrement de la pratique commerciale consistant à vendre des noms d’étoiles fictifs », écrit-elle sur sa page dédiée, et elle ne revendique la propriété d’aucun objet céleste. La foire aux questions du Gazetteer of Planetary Nomenclature est encore plus nette : un nom acheté auprès d’une entreprise commerciale « n’a aucun statut formel ou officiel » et « ne sera pas ajouté à la base de données ni aux cartes officielles ». Les vendeurs le concèdent en petits caractères : l’International Star Registry indique au bas de son site que le nommage d’étoiles « n’est pas reconnu par la communauté scientifique », tout en mettant en avant un catalogue déposé au bureau du copyright des États-Unis. Un dépôt d’ouvrage, pas une entrée au catalogue astronomique.

Qui décide vraiment des noms du ciel ?

L’UAI, à travers deux groupes de travail distincts. Le groupe sur les noms d’étoiles (WGSN) tient le catalogue des noms propres d’étoiles et réunit, selon l’annonce de février 2026, des experts venus de disciplines et d’aires culturelles différentes ; ses adoptions récentes puisent largement dans les traditions asiatiques et dans les savoirs indigènes de l’hémisphère sud. Les reliefs des planètes, des satellites et des astéroïdes relèvent de l’autre instance, le groupe de travail sur la nomenclature du Système solaire (WGPSN), dont les votes alimentent le Gazetteer of Planetary Nomenclature tenu par l’institut géologique américain. C’est de lui que dépendrait un jour le cratère lunaire creusé cet été par un étage de Falcon 9.

Une main tient un crayon au-dessus d’une grande carte imprimée de la surface lunaire couverte de cratères.
Sur la Lune, un cratère ne peut porter que le nom d’un scientifique, d’un ingénieur ou d’un explorateur, et pas avant trois ans de décès.

Peut-on faire graver son nom sur un cratère ?

Non, et la question d’argent n’est pas la principale. Le formulaire de demande est réservé aux « scientifiques (ou aux étudiants, avec une lettre de soutien de leur encadrant) qui préparent un manuscrit destiné à une revue à comité de lecture ou une carte », avec justification scientifique, images annotées et coordonnées du relief. Les règles de l’UAI ferment la porte plus loin : la commémoration de personnes « ne doit normalement pas être un but en soi », elle est réservée à des figures « de stature internationale élevée et durable », et la personne honorée doit être décédée « depuis au moins trois ans » avant toute proposition. Aucun nom « à portée politique, militaire ou religieuse » n’est accepté.

Quels noms sont autorisés sur chaque astre ?

Un nom ne se choisit pas librement : chaque corps du Système solaire a ses thèmes imposés, et un relief ne peut recevoir qu’une appellation qui entre dans le thème de son type. La logique est parfois inattendue, et un prénom n’a de place nulle part, sauf sur Vénus.

Sauf sur Vénus, aucun thème n’ouvre la porte à un nom privé : thèmes imposés par l’UAI, d’après les catégories de reliefs publiées par le Gazetteer of Planetary Nomenclature.
CorpsType de reliefThème imposé
MercureCratèresArtistes, musiciens, peintres et auteurs reconnus depuis plus de 50 ans
MercureRupes (escarpements)Navires de découverte ou expéditions scientifiques
VénusCratères de plus de 20 kmFemmes ayant marqué leur discipline
VénusCratères de moins de 20 kmPrénoms féminins courants
LuneCratèresScientifiques, ingénieurs et explorateurs liés à l’astronomie ou à la recherche spatiale
MarsPetits cratèresVilles et villages de moins de 100 000 habitants environ
IoPateraeDieux du feu, du soleil, du tonnerre et des volcans
EuropeCratères et mensaeDieux et héros celtes
TitanColles (collines)Personnages de la Terre du Milieu de J.R.R. Tolkien
TitanPlanitiae (plaines)Planètes du cycle Dune de Frank Herbert
PlutonCratères et regionesScientifiques et ingénieurs liés à Pluton et à la ceinture de Kuiper
CharonCratèresVoyageurs et explorateurs de fiction ou de mythologie
CérèsCratèresDieux et déesses de l’agriculture et de la végétation
BennuTous les reliefsOiseaux et créatures ailées des mythologies

Ces thèmes sont publics : ils figurent dans la table des catégories du Gazetteer, qui en décline un par type de relief et par astre.

Combien de temps faut-il pour qu’un nom devienne officiel ?

Environ un mois. Le processus « prend à peu près un mois » pour une demande simple portant sur un seul relief, indique la procédure d’approbation. Il n’y a pas de vote en assemblée générale : dès que les membres du WGPSN se sont prononcés, « les noms sont considérés comme approuvés en tant que nomenclature officielle de l’UAI » et peuvent servir sur les cartes et dans les publications. Pour les étoiles, le tempo est tout autre : les lignes directrices du groupe sur les noms d’étoiles ont demandé deux années d’étude avant d’être publiées.

Que faire, alors, quand on voulait offrir le ciel ?

L’UAI propose ses propres pistes, et elles sont gratuites : un planétarium, un observatoire, un club d’astronomie. Sa page se termine par une phrase qui vaut tous les certificats : « comme beaucoup des meilleures choses de la vie, la beauté du ciel nocturne n’est pas à vendre, elle est gratuite pour tous ». Le nom, lui, se gagne par l’observation : le décagone de Saturne a été repéré depuis le sol par des amateurs, dont un Français, avant d’être confirmé depuis l’espace.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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