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Sommaire
Récit
Publié le 4 septembre 2026 · Mis à jour le 8 septembre 2026 à 9h15
Ce sont des télescopes d’amateurs qui ont vu le décagone de Saturne les premiers. Agustín Sánchez-Lavega, avec les amateurs Trevor Barry et Jean-Paul Oger, a repéré dès 2024 une bande ondulante le long du pôle sud de la planète, sur des images prises depuis le sol ; Hubble n’est venu qu’ensuite confirmer la structure, écrit la NASA.
Jean-Paul Oger a pointé son télescope de 400 millimètres vers le pôle sud de Saturne et il en a rapporté une figure à dix côtés. L’astronome amateur français cosigne l’étude qui décrit ce décagone, parue le 2 septembre 2026 dans Science Advances avec treize autres chercheurs de Bilbao, de Leicester, de Berkeley, du Jet Propulsion Laboratory et du centre Goddard de la NASA.
L’ordre des opérations n’est pas celui qu’on imagine. Ce sont des images prises depuis le sol qui ont identifié les premières la structure, écrit la NASA : l’auteur principal Agustín Sánchez-Lavega et les amateurs Trevor Barry et Jean-Paul Oger y ont remarqué dès 2024 une bande ondulante le long du pôle sud. Hubble n’est entré en jeu qu’ensuite.
En bref
- Dès 2024, le décagone du pôle sud de Saturne est repéré depuis le sol, dans des images d’amateurs, avant toute confirmation spatiale.
- Hubble l’avait photographié le 22 octobre 2023 sans que personne l’y voie : sa présence n’a été retrouvée dans les archives qu’après coup.
- Jean-Paul Oger déclare 10 rôles de contribution dans l’article, le deuxième total des 14 cosignataires.
Hubble l’avait en archive depuis octobre 2023
Les images du programme OPAL, qui photographie chaque année les planètes géantes, le portent sur trois campagnes : le 22 octobre 2023, le 22 août 2024 et le 29 août 2025, précise l’étude. Sur les deux premières, les sommets du polygone sont moins contrastés et ses côtés plus rectilignes.
« Étant donné la symétrie du système de jets nord-sud de Saturne, nous cherchions un pendant de l’hexagone du pôle nord dans les images de Hubble depuis 1990 », explique Sánchez-Lavega. Les images de la sonde Cassini, en orbite entre 2004 et 2017, ne montraient rien non plus. « Les données de Hubble ont confirmé la présence de la structure jusqu’en 2023 », ajoute-t-il.
Un télescope de 400 millimètres, trois jours avant Hubble
Le 26 août 2025, Ciel & Espace publiait les images d’Oger sous un titre prudent. Ses photos, notait le magazine, montrent « assez nettement une forme de décagone qui encercle le pôle Sud de la planète aux anneaux », et les scientifiques attendaient alors d’autres observations d’amateurs. La campagne Hubble suivante est datée du 29 août 2025, trois jours plus tard.
Le suivi au sol a couru sur trois mois et demi : la longitude des dix sommets a été mesurée du 26 juin au 11 octobre 2025, sur des images de Hubble et sur celles déposées dans la base PVOL et chez ALPO-Japan. C’est ce jeu d’images accumulées qui a fourni la vitesse de dérive du motif. AAP détaillait le 14 août 2026 comment observer le ciel quand on n’a pas d’instrument.

Dix rôles déclarés au bas de l’article
Reste à savoir ce que « cosignataire » veut dire ici. Sur les 14 cosignataires de l’étude parue le 2 septembre 2026 dans Science Advances, un seul est rattaché à une adresse française, l’astronome amateur Jean-Paul Oger, et il y déclare 10 rôles de contribution, le deuxième total du groupe. Les revues du groupe Science publient en fin d’article la liste des rôles que chaque auteur revendique, de la conception à la validation en passant par le logiciel et la visualisation. L’auteur principal en revendique 12, l’amateur australien Trevor Barry 4, et la moyenne des quatorze s’établit à 5,9.
Les deux chercheurs que le communiqué de la NASA met en avant, Amy Simon au centre Goddard et Michael Wong à Berkeley, en déclarent respectivement 7 et 5. Le graphique ci-dessous remet ces décomptes côte à côte.

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La déclaration de rôles ne mesure pas le volume de travail, elle dit qui revendique quoi. Le tableau reprend les six mêmes décomptes.
| Cosignataire | Rattachement | Rôles déclarés |
|---|---|---|
| A. Sánchez-Lavega | Université du Pays basque, Bilbao | 12 |
| J.-P. Oger | Association française d’astronomie, Paris | 10 |
| L. Fletcher | Université de Leicester | 9 |
| A. Simon | NASA, centre Goddard | 7 |
| M. Wong | Université de Californie à Berkeley | 5 |
| T. Barry | Broken Hill Observatory, Australie | 4 |
Une figure qui bouge à peine dans un vent à 418 km/h
Le motif dérive vers l’est à 2,5 mètres par seconde. Le jet qui le porte, centré sur 60,5 degrés de latitude sud, file à 116 mètres par seconde, soit 418 kilomètres par heure : le décagone avance environ 46 fois moins vite que le courant dans lequel il est pris. La longitude de ses sommets oscille avec une période de 32 jours, sur une amplitude de 4,6 à 8,4 degrés, et sa longueur d’onde moyenne atteint 16 782 kilomètres.
La structure n’est pas un simple dessin de nuages. Elle traverse plusieurs couches de l’atmosphère, ce qui la place à des altitudes différentes selon le filtre employé, comme le montrent les images diffusées par l’institut qui pilote la science de Hubble. « Ce qui m’intrigue le plus, c’est que cette structure semble s’être formée récemment », dit Amy Simon. « La question, c’est pourquoi maintenant, alors que nous n’en avions jamais vu. »
Le programme OPAL repasse sur les planètes géantes chaque année depuis plus de dix ans, et l’équipe annonce qu’elle continuera de suivre Saturne. AAP racontait le 19 juillet 2026 un résultat né du même empilement patient d’images, la première atmosphère détectée sur une planète rocheuse tempérée.
Questions courantes
Les autres amateurs qui ont fourni des images sont-ils cités ?
Oui, mais pas comme auteurs. L’article remercie l’ensemble des observateurs qui déposent leurs clichés dans les bases PVOL et ALPO-Japan, et renvoie à une liste de contributeurs publiée dans les matériaux supplémentaires. Deux d’entre eux seulement figurent parmi les cosignataires.
Peut-on distinguer le décagone avec un télescope d’amateur ordinaire ?
L’étude indique que les images prises depuis le sol situent la longitude des sommets à environ trois degrés près, et qu’elles ont été traitées au masque flou pour faire ressortir les sommets. Une image brute ne suffit pas.
Pourquoi ce décagone intéresse-t-il autant les spécialistes ?
Parce qu’il offre l’occasion de voir une structure se former au lieu d’en hériter. Les auteurs réclament d’autres observations de Hubble et du télescope spatial James Webb, plus des simulations numériques, pour comprendre comment la figure est née et combien de temps elle tiendra.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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