Amas globulaire dense d'etoiles rouges, blanches et bleues sur fond noir, evoquant NGC 6426.

Rouge, blanc, bleu : ce que révèlent vraiment les amas d’étoiles photographiés par Hubble

Trois images signées Hubble circulent depuis ce week-end. Derrière les paillettes, une leçon d'astronomie tient en une couleur et un âge.

Essai visuel

Publié le 5 juillet 2026 · Mis à jour le 6 juillet 2026 à 16h00

Vous avez peut-être vu passer, ce week-end, ces gerbes d’étoiles rouges, blanches et bleues signées Hubble. On les partage comme un feu d’artifice, on s’arrête sur les couleurs, puis on scrolle. Sauf que ces clichés ne sont pas de simples cartes postales. L’un des amas photographiés, NGC 6426, a environ 13 milliards d’années, quand l’Univers lui-même n’en compte que 13,7. Cette lumière a donc presque l’âge du monde. Le télescope a saisi trois scènes très différentes ce mois-ci, et chacune se lit comme une leçon d’astronomie, à condition de savoir ce que l’on regarde. Une nuée d’étoiles serrée comme un feu de Bengale, une pouponnière de gaz incandescent, une palette de couleurs qui ressemble à un simple choix esthétique. Rien de tout cela n’est gratuit : chaque teinte, chaque densité, chaque âge porte une information sur la façon dont l’Univers s’est allumé, puis fabriqué. Nous vous proposons de décoder, image après image, ce que ces clichés racontent vraiment du cosmos et de ses commencements, et pourquoi le plus vieux d’entre eux ressemble à une capsule scellée depuis la nuit des temps. Trois arrêts sur image, trois indices sur la manière dont sont nées les étoiles, les éléments et, à leur suite, les planètes. Aucun de ces détails ne saute aux yeux d’emblée, mais chacun tient en une phrase une fois qu’on en connaît la clé.

NGC 6426 flotte dans le halo externe de notre Voie lactée, l’un des 150 amas globulaires connus de la Galaxie. Ces essaims sphériques réunissent des milliers d’étoiles nées ensemble, du même nuage de gaz effondré, et liées depuis par leur seule gravité. C’est ce qui rend celui-ci vertigineux : formé peu après le Big Bang, il a traversé presque toute l’histoire du cosmos sans jamais se défaire. Une capsule temporelle, restée intacte pendant que des galaxies entières se faisaient et se défaisaient autour d’elle.

Champ d'etoiles melant astres bleus chauds et astres rouges froids sur fond noir.
Bleu pour les etoiles les plus chaudes, rouge pour les plus froides : la couleur est un thermometre.

Regardez maintenant la couleur des points lumineux. Elle n’est pas décorative : chez une étoile, teinte et température vont de pair. Le bleu signale les astres les plus chauds, le rouge les plus froids, comme une flamme dont le cœur vire au bleu. Hubble a capté ces longueurs d’onde à travers ses filtres, du visible court au proche infrarouge, avant de les traduire en couleurs selon des règles de traitement standard. La palette que vous admirez est donc, littéralement, un thermomètre pointé sur chaque étoile.

Nuages d'hydrogene rouge parcourus de poussiere sombre, semes de jeunes etoiles bleues et blanches.
Une pouponniere stellaire comme LH 95 : le rouge de l’hydrogene trahit des etoiles en train de naitre.

Changement de décor avec LH 95, une pouponnière d’étoiles nichée dans le Grand Nuage de Magellan, petite galaxie voisine de la nôtre. Hubble y a repéré environ 2 500 étoiles encore en gestation, dites pré-séquence principale : elles ont presque rassemblé toute leur masse, mais la fusion de l’hydrogène n’y a pas encore démarré. La plus imposante pèse 60 à 70 fois notre Soleil. Les astres de cette taille consument leur carburant à toute allure et finiront en supernova, dispersant à leur tour de la matière nouvelle.

Pourquoi ces amas anciens comptent-ils autant pour les scientifiques ? Parce que leurs étoiles sont pauvres en métaux, c’est-à-dire en éléments plus lourds que l’hydrogène et l’hélium. Leur chimie ressemble à celle du tout jeune Univers, quand la matière se résumait presque à ces deux gaz et que les éléments plus lourds commençaient tout juste à se forger, par fusion nucléaire, au cœur des premières étoiles massives. Observer NGC 6426, c’est presque feuilleter un album des origines, resté ouvert à une page écrite aux tout premiers temps.

Et cet album garde une trace de son écriture. Les astronomes ont repéré dans NGC 6426 deux populations d’étoiles chimiquement distinctes. Les plus jeunes se sont enrichies de la matière recrachée par la mort des premières : en explosant en supernova, les étoiles massives projettent dans l’espace les éléments lourds forgés en leur sein. Ce lent recyclage, répété sur des milliards d’années, a fini par semer le cosmos des ingrédients des planètes, puis de la vie. Le calcium de vos os vient, lui aussi, d’étoiles disparues.

Bonne nouvelle : ces objets ne sont pas réservés aux grands télescopes. Cet été, depuis la France, un modeste instrument amateur suffit à repérer Messier 3, autre amas globulaire riche de plus de 500 000 étoiles. De quoi retrouver, depuis un jardin ou une colline, la même mécanique qui a peuplé le cosmos. Hubble, lui, s’apprête à passer le relais : le télescope Nancy Grace Roman doit s’élancer en fin d’été. La prochaine image que vous partagerez cachera peut-être, elle aussi, treize milliards d’années.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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