Plaquette de chewing-gums blancs sans sucre posée près d’un tube de dentifrice sur un plan de travail clair.

57 % de risque en plus : faut-il jeter ses chewing-gums au xylitol ?

Une étude présentée au congrès européen de cardiologie associe le xylitol à 57 % d’événements cardiovasculaires en plus. Dans le même travail, la cohorte suivie trente ans n’en trouve que 18 % : voilà ce que le chiffre qui circule oublie de dire.

Sommaire
  1. Ce que l’étude établit
  2. Ce qu’elle ne mesure pas : votre assiette
  3. Trois séries de résultats, une histoire cohérente
  4. Ce que vous pouvez faire, sans jeter le paquet
  5. Questions courantes

Vérification

57 % de risque cardiovasculaire en plus : c’est le chiffre qui circule depuis dix jours sur le xylitol, l’édulcorant qui sucre vos chewing-gums et vos dentifrices « sans sucre ». Il vient d’une présentation du 29 août au congrès de la Société européenne de cardiologie, à Munich, où le cardiologue Marco Witkowski (hôpital universitaire de la Charité, Berlin) a comparé les taux sanguins de 17 710 participants canadiens et britanniques. Ce travail n’est pas encore passé par une revue à comité de lecture.

Verdict : l’association est réelle, le danger ne l’est pas encore.

Les chiffres cités sont exacts et sortent d’une équipe solide. Mais l’étude dose le xylitol présent dans le sang, pas celui que vous avalez, et elle n’établit aucun lien de cause à effet. Vider le placard n’a pas de justification. Regarder combien de dragées passent dans une journée, si.

Ce que l’étude établit

Les données viennent de deux cohortes déjà constituées : la Canadian Longitudinal Study on Aging, au Canada, et EPIC-Norfolk, au Royaume-Uni. Les participants du quartile supérieur en xylitol sanguin ont connu 57 % d’événements cardiovasculaires majeurs (décès, infarctus ou AVC) de plus que ceux du quartile inférieur, sur six ans de suivi côté canadien. Côté britannique, sur trente ans, l’écart tombe à 18 %.

Le sur-risque de la cohorte suivie six ans est donc 3,2 fois plus élevé que celui de la cohorte suivie trente ans, dans le même travail et avec la même méthode. C’est ce rapport qui situe la solidité du signal : plus le suivi s’allonge, plus l’association s’affaiblit.

« Comme dans toute étude observationnelle, les causalités sont difficiles à déduire », prévient le professeur Dan Atar, cité par la Société européenne de cardiologie. Marco Witkowski dit la même chose autrement : « Nos résultats à long terme en population générale montrent à quel point nous savons peu de choses sur la sécurité cardiovasculaire du xylitol. »

Ce qu’elle ne mesure pas : votre assiette

Un taux sanguin ne dit pas d’où vient la molécule. Le corps humain fabrique son propre xylitol, et celui qui vient des aliments devient indétectable dans le sang au bout de quatre à six heures, rappelle la chercheuse Bettina Wölnerhanssen (université de Bâle) au site PolitiFact. Avec deux confrères, elle défendait déjà en 2024, dans une tribune de l’European Heart Journal, que les taux élevés reflètent d’abord cette synthèse interne.

Sur les 54 000 produits alimentaires passés au crible par l’Anses en France entre 2008 et 2020, 77 % contiennent au moins un ingrédient sucrant ; l’étude présentée le 29 août 2026 au congrès de la Société européenne de cardiologie n’en a mesuré aucun, elle a dosé le xylitol dans le sang de 17 710 personnes.

Reste la question des quantités. L’expérience qui a montré un effet biologique, en 2024, a fait boire 30 g de xylitol dissous dans un verre d’eau à dix volontaires : rien de comparable avec un dentifrice, qu’on recrache, ni avec une dragée. Et pour la chercheuse Kimber Stanhope (université de Californie à Davis), l’ordre des priorités reste inchangé : « Je n’ai jamais rien observé, dans un édulcorant non ou peu calorique, d’aussi solide que les données négatives que j’obtiens avec le saccharose. »

Trois séries de résultats, une histoire cohérente

L’équipe berlinoise revient sur le xylitol pour la troisième fois. Mises côte à côte, ses trois séries de résultats se répondent sans jamais conclure.

Xylitol et risque cardiovasculaire : les trois séries de résultats de l’équipe berlinoise
TravailPopulationSuiviSur-risqueStatut
European Heart Journal, 2024Plus de 3 300 patients cardiaques3 ans+ 57 %Publié, relu par les pairs
Congrès ESC 2026, cohorte canadienne (CLSA)17 710 participants avec EPIC-Norfolk6 ans+ 57 %Présenté, non publié
Congrès ESC 2026, cohorte britannique (EPIC-Norfolk)17 710 participants avec la CLSA30 ans+ 18 %Présenté, non publié

Données : communiqué de la Société européenne de cardiologie (29 août 2026) et centre allemand de recherche cardiovasculaire pour l’étude de 2024.

Mains gantées rangeant des tubes de prélèvement sanguin étiquetés dans un portoir, sur une paillasse de laboratoire.
Les 17 710 participants ont été classés par leur taux sanguin de xylitol, sans que l’on sache ce qu’ils avaient consommé.

Ce que vous pouvez faire, sans jeter le paquet

Le geste utile tient à l’étiquette. Repérez le mot ou le code E967 dans la liste des ingrédients, puis comptez ce qui passe réellement dans une journée. Au-delà d’une certaine quantité, les polyols provoquent ballonnements, flatulences et diarrhées : c’est leur effet le mieux établi, et il arrive bien avant tout débat cardiovasculaire.

Le contexte français est celui d’un marché qui se dessucre lentement : l’Anses a relevé une baisse de l’usage des édulcorants de synthèse sur dix ans, l’aspartame passant de 1,8 % à 0,4 % des produits. Avec une réserve écrite noir sur blanc : un produit qui utilise moins d’ingrédients sucrants n’est pas forcément moins sucré.

AAP mesurait le 3 septembre que la dose administrée à des souris dans un autre travail sur les édulcorants et le microbiote montait jusqu’à 3,75 fois la dose journalière admissible européenne des glycosides de stéviol. Là aussi, l’écart entre la paillasse et le petit-déjeuner faisait toute la lecture, comme pour la psilocybine chez la souris.

Si vous avez déjà un antécédent cardiaque, la question vaut d’être posée à la prochaine consultation. Pour tout le monde, le rendez-vous est fixé à la publication de ces résultats dans une revue : c’est là seulement qu’ils deviendront discutables ligne à ligne.

Questions courantes

Le xylitol est-il interdit en France ?
Non. Il figure parmi les polyols autorisés dans l’Union européenne sous le code E967, aux côtés du sorbitol (E420), du maltitol (E965) et du mannitol (E421).

L’érythritol pose-t-il le même problème ?
La même équipe avait publié en 2023 dans Nature Medicine des résultats allant dans le même sens pour l’érythritol, un autre polyol. Le débat scientifique y est identique : une association observée, une causalité non tranchée.

Dans quels produits trouve-t-on du xylitol ?
Chewing-gums, dentifrices, bains de bouche, vitamines à croquer, pastilles et sirops contre la toux en contiennent le plus souvent. On le retrouve aussi dans des sirops, confitures, produits de boulangerie et pâtes à tartiner vendus sans sucre.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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