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Dans huit des dix paires lion-hyène suivies au collier GPS, la hyène s’écarte du lion plus souvent qu’elle ne s’en rapproche. Le résultat sort de 349 163 positions relevées entre 2013 et 2018 sur 17 lions et 14 hyènes tachetées du parc d’Etosha (Namibie) et du système Chobe-Linyanti (Botswana), publiées le 9 septembre 2026 dans Frontiers in Ethology. Il renverse l’image installée par les documentaires animaliers : celle de la charognarde qui file le félin pour récupérer ses restes.
Nancy Barker, alors doctorante à l’université du KwaZulu-Natal, raconte à Popular Science que ses collègues balayaient ses observations de terrain. « Ce sont les hyènes qui pistent les lions », lui répondait-on, et ses relevés ne pouvaient être que des rencontres de hasard. Elle a posé les colliers quand même.
Qui s’éloigne, qui s’approche
Sur 1 000 déplacements de hyène tachetée enregistrés à moins de 10 kilomètres d’un lion, 461 la rapprochent du félin et 539 l’en éloignent, selon l’étude publiée le 9 septembre 2026 dans Frontiers in Ethology. « Les données de nos colliers GPS montrent que les lions africains et les hyènes tachetées laissent une signature claire et mesurable dans la façon dont ils se déplacent l’un autour de l’autre », résume la chercheuse dans le communiqué de Frontiers.
Le protocole tient à la cadence des relevés. Les colliers enregistraient une position toutes les 30 minutes la nuit, et une toutes les 5 minutes pendant les deux heures qui suivent le coucher du soleil et celles qui précèdent l’aube, soit les créneaux de chasse. Sur les 31 animaux équipés, 57 % des positions théoriques ont été récupérées. L’équipe a ensuite découpé l’espace en neuf seuils cumulés, de 50 mètres à 10 kilomètres, et classé chaque pas comme dirigé vers le partenaire, à l’écart de lui ou perpendiculaire.
| Seuil cumulé | Paires exploitables | Paires où la hyène recule |
|---|---|---|
| 2 kilomètres | 8 | 7 |
| 5 kilomètres | 9 | 9 |
| 10 kilomètres | 10 | 8 |
À 5 kilomètres, les neuf paires exploitables vont toutes dans le même sens. Le test appliqué aux paires (Wilcoxon) reste significatif à 2, 5 et 10 kilomètres. La hyène ne réagit donc pas à la seule présence d’un lion en vue : elle ajuste sa trajectoire à des distances où le félin est hors de portée du regard.
Le mâle penche vers la hyène, la lionne reste neutre
L’asymétrie ne s’arrête pas à l’espèce, elle passe aussi par le sexe. Dans les trois paires impliquant un lion mâle, la proportion de pas dirigés vers la hyène atteint 0,573 en moyenne sous 10 kilomètres, et les trois valeurs dépassent 0,5 (de 0,515 à 0,687). Dans les sept paires à lionne, la moyenne descend à 0,486, cinq valeurs sur sept restant sous 0,5. Le modèle à effets mixtes, qui neutralise les particularités de chaque paire, donne 0,548 pour les mâles et 0,501 pour les femelles.
Ramenées à 1 000 déplacements, ces probabilités dessinent trois attitudes. La hyène affiche 78 pas de retrait net (539 contre 461). Le lion mâle affiche 96 pas d’approche nette (548 contre 452). La lionne en est à 2 pas d’écart (501 contre 499), c’est-à-dire l’indifférence. Une réserve tient à la robustesse : seul le retrait des hyènes franchit le seuil de signification statistique, l’inclinaison des mâles restant une tendance.
Placées côte à côte autour du point d’équilibre, les trois valeurs racontent une hiérarchie plutôt qu’un duel.

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Entre hyènes, un kilomètre de vide
Les paires de même espèce servent de contrôle et valident le procédé. Chez deux lions accouplés d’Etosha, 1 384 positions simultanées ont été enregistrées à moins de 200 mètres ; dans la tranche 50 à 100 mètres, le mâle dirige 84 % de ses pas vers la femelle, elle 17,7 % vers lui. Quand l’attirance existe, les colliers la voient. Entre hyènes, rien de tel : sur les quatre paires suivies, aucune position simultanée à cinq minutes n’a été relevée sous 1 kilomètre, et les seuls relevés voisins, au nombre de 14, tombent dans la tranche 1 à 2 kilomètres. Les clans se tiennent à distance les uns des autres autant qu’ils se tiennent à distance des lions.

La correction n’est pas isolée dans la faune. Le séquençage a rangé le guépard américain du côté du puma, et l’imagerie a montré que la défense du narval ne dessine pas la spirale unique qu’on lui prête. Barker, elle, en tire une lecture de la coexistence plutôt qu’un palmarès de bagarres. « Cela montre que leur coexistence se gère en continu par le mouvement, et pas seulement dans des affrontements spectaculaires autour des carcasses », déclare-t-elle au site Gizmodo.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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