![]()
76 km² de glace ont heurté un affleurement rocheux de quelques hectares. Les 23 et 24 août 2026, l’île de glace vêlée du glacier Petermann a percuté Joe Island, un affleurement rocheux planté à la sortie du fjord, au nord-ouest du Groenland. Elle en est repartie entière, quand le bloc de 2010, trois fois plus grand, s’était coupé en deux sur ce même caillou.
Deux images du satellite Landsat 9, prises à vingt-quatre heures d’intervalle, tiennent lieu de constat. Le 23 août, la plaque tabulaire arrive à la jonction du fjord Petermann et du détroit de Nares ; le 24, elle est calée contre l’îlot brun, déjà pivotée hors du fjord. L’observatoire terrestre de la NASA a publié la séquence le 1er septembre 2026.
Onze milliards de mètres cubes contre un affleurement
L’épaisseur est la donnée qui manque au premier coup d’œil. L’équipe de suivi la situe sous 150 mètres au moment du vêlage, repéré le 4 août 2026 sur les radars Sentinel-1 de l’Agence spatiale européenne.
Les 76 km² de glace qui ont heurté Joe Island les 23 et 24 août 2026 représentent au plus 11,4 milliards de mètres cubes, soit près de neuf fois la retenue du lac de Serre-Ponçon. Selon nos calculs : 76 km² multipliés par 150 mètres de hauteur donnent 11,4 km³, quand la retenue en stocke 1,272 d’après le Comité français des barrages.
Une précaution s’impose sur ce chiffre : la surface est celle du jour du vêlage, pas celle du choc. Une île de glace fond en dérivant, et aucune nouvelle mesure n’a été publiée depuis le 4 août.
Le caillou qui ouvre les icebergs
Joe Island (Joe Ø) n’est pas un décor. Posée à l’embouchure du fjord, elle est le premier obstacle qu’une île de glace rencontre en partant, et les collisions avec elle marquent souvent le début du démantèlement d’un bloc. Celle de 2010, plus de 250 km², s’y est coupée en deux.
Rien de tel cette fois. « Nous suivions de près son interaction avec Joe Island et nous avons été impressionnés qu’elle survive sans fragmentation supplémentaire », déclare Adam Garbo, doctorant en glaciologie à l’université d’Ottawa, qui a repéré le vêlage.

L’étonnement se comprend, car ces blocs-là passent pour fragiles. Les icebergs du Petermann sont plus minces et plus cassants que ceux du Jakobshavn ou du Helheim, et plus minces encore que les géants de l’Antarctique, note le glaciologue Mauri Pelto, du Nichols College, qui a suivi la dérive sur les images Landsat.
Aucune source n’explique pourquoi la glace a tenu. Ce que montrent les images, c’est un transfert : le bloc n’a pas cassé, il a tourné. Rien n’indique en revanche que l’île de roche ait bougé ou perdu de la matière, et personne ne l’a mesurée.
Les images documentent aussi la vitesse de la dérive, soit 3 kilomètres par jour en moyenne dans la semaine qui a suivi le détachement. Vent et courants de surface ont ensuite chassé le bloc hors du fjord, et il file vers le sud-ouest dans le détroit de Nares.
Un vêlage moyen dans une série qui ne l’est pas
Ramené à l’histoire du glacier, l’événement n’a rien d’un record local. Il reste le plus gros vêlage d’un glacier arctique depuis 2020, et le plus gros du Petermann depuis celui de 2012.

Reprendre ce graphique ou citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
Ou réutilisez ce graphique librement sur votre site, attribution incluse :
Le graphique se lit en une ligne : le bloc qui a survécu au choc est trois fois plus petit que celui qui s’était brisé au même endroit.
| Année | Surface (km²) | Passage de Joe Island |
|---|---|---|
| 2008 | 31 | non documenté |
| 2010 | plus de 250 | bloc coupé en deux |
| 2012 | 130 | non documenté |
| 2026 | 76 | aucune fragmentation |
Le hasard de la fracture explique en partie ce format intermédiaire. Garbo et ses collègues attendaient une rupture le long d’une grande crevasse suivie depuis des mois : « le vêlage a suivi une autre fracture, produisant une île de glace plus petite que ce que nous avions anticipé », explique-t-il.
Il existe une archive pour se figurer la scène. En 2012, la NASA avait filmé l’île de glace précédente quittant le même fjord, la voici (images de 2012, pas de 2026).
Série AAP
Nous suivons cette surface depuis son détachement. Le 27 août 2026, AAP mesurait 76,4 km² de langue glaciaire détachés du Petermann, le chiffre de l’université d’Ottawa que la NASA arrondit à 76. Le choc contre Joe Island avait eu lieu quatre jours plus tôt, sans que personne l’ait encore documenté.
Tout ce suivi tient à deux satellites et à des images publiées : AAP a déjà raconté une île boisée flottante apparue puis disparue des vues d’un réservoir canadien. Ici, la suite est déjà cadrée : deux fissures restaient ouvertes fin août sur la langue du Petermann, promettant des îles de glace d’environ 94 et 84 km², sans date annoncée.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Taratata 600 : la date d’enregistrement et celle de diffusion - 2
Mondiaux de cyclisme : le maillot arc-en-ciel rapporte 8 000 euros, moins qu’une étape du Tour - 3
Prix du roman Fnac 2026 : « C’était ça ou mourir » lauréat - 4
Résultats des évaluations nationales 2026, dès le 21 septembre - 5
Résultat du Super Loto du 18 septembre : 13 millions gagnés
Nos dossiers
- France395
- Science273
- Culture194
- Consommation173
- Patrimoine165
- Santé publique164
- IA162
- Sport159
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

