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Vous connaissez le méthane par le débat agricole : les vaches, les élevages, le gaz à effet de serre qu’il faudrait faire baisser. En janvier 2022, l’éruption du volcan sous-marin Hunga Tonga-Hunga Ha’apai, dans le Pacifique Sud, en a envoyé au moins 330 000 tonnes d’un seul coup dans la stratosphère. Puis le panache s’est mis à détruire ce méthane, et six institutions européennes ont suivi l’opération depuis l’orbite.
Pendant dix jours, le panache du Hunga Tonga a détruit 900 tonnes de méthane par jour, soit les émissions quotidiennes de 2 millions de vaches, plus d’un quart du cheptel français de 7,3 millions de vaches, d’après l’étude parue le 7 mai 2026 dans Nature Communications et le dernier recensement agricole. La France en comptait 3,5 millions de laitières et 3,8 millions d’allaitantes au recensement de 2020. Le travail est signé Maarten van Herpen, d’Acacia Impact Innovation, et six coauteurs de Copenhague, Bruxelles, Madrid, Utrecht et De Bilt, dans Nature Communications.
Un témoin chimique qui ne vit que deux heures et demie
Le méthane qui disparaît ne laisse pas de trace directe. Il laisse du formaldéhyde, produit intermédiaire de son oxydation, dont la durée de vie n’est que de 2,5 heures environ à l’heure où le satellite passe. Sa présence ne dit donc pas qu’une destruction a eu lieu : elle dit qu’elle est en cours au moment de la mesure.
C’est ce qu’a repéré TROPOMI, l’instrument embarqué sur Sentinel-5P, le satellite européen lancé en 2017 pour surveiller l’atmosphère : jusqu’à 12 ppb de formaldéhyde, à 10 % près, à 30 kilomètres d’altitude. « Quand nous avons analysé les images satellite, nous avons été surpris de voir un nuage avec une concentration record de formaldéhyde », raconte van Herpen. Le signal a tenu du 16 au 25 janvier 2022, le temps que le panache traverse le Pacifique Sud jusqu’à l’Amérique du Sud, indique le communiqué de Copenhague.
Du chlore fabriqué par les cendres
Reste à savoir qui fait le travail. Le méthane est normalement attaqué par le radical hydroxyle, mais l’intensité mesurée ici ne colle pas : par ce seul mécanisme, il aurait fallu une émission d’au moins 2 300 gigagrammes de méthane, une quantité qu’un autre instrument aurait repérée sans peine.
L’hypothèse des auteurs tient à l’origine sous-marine de l’éruption, qui a propulsé d’énormes volumes d’eau de mer salée avec les cendres. Sous la lumière du soleil, la photochimie du chlorure de fer contenu dans ces cendres enrobées de sulfate libérerait du chlore, très réactif, qui attaque le méthane. Le bilan en réclame 2 à 5 gigagrammes par jour, soit 2 000 à 5 000 tonnes de chlore quotidiennes, une production qu’aucun mécanisme connu n’explique.
« Ce qui est nouveau, et complètement surprenant, c’est que le même mécanisme semble se produire dans un panache volcanique, très haut dans la stratosphère », commente Matthew Johnson, du département de chimie de l’université de Copenhague. La chimie du chlore issu du sel marin était jusqu’ici étudiée près de la surface des océans, pas à 30 kilomètres d’altitude.
Les ordres de grandeur du panache, tels que l’étude les établit, tiennent en six lignes.
| Grandeur mesurée | Valeur | Ce que ça représente |
|---|---|---|
| Méthane injecté dans la stratosphère | au moins 330 000 tonnes (330 Gg) | émissions annuelles de plus de 2 millions de vaches |
| Méthane oxydé par jour | 900 mégagrammes, à 220 près | émissions quotidiennes de 2 millions de vaches |
| Méthane oxydé sur dix jours | environ 9 000 tonnes | moins de 3 % de l’émission du panache |
| Altitude du signal | 30 kilomètres | pleine stratosphère, loin de toute pollution de surface |
| Durée de vie du formaldéhyde | environ 2,5 heures | le signal ne peut être qu’une destruction en direct |
| Chlore exigé par le bilan | 2 000 à 5 000 tonnes par jour | aucun mécanisme connu ne le produit à ce rythme |
Ce que le volcan n’a pas effacé
À ce rythme, dix jours de panache donnent environ 9 000 tonnes de méthane détruites, pour au moins 330 000 tonnes injectées. Le nuage a effacé moins de 3 % de sa propre émission, et les deux chiffres sont des planchers.
La stratosphère n’a donc pas livré là une machine à effacer le méthane des élevages. Ce que les auteurs y voient est un instrument de mesure : leur article annonce d’emblée que les stratégies émergentes de retrait du méthane exigeront quantification et suivi pour vérifier ce qu’elles retirent vraiment. Le formaldéhyde offrirait ce thermomètre, depuis l’orbite, sans rien installer au sol. Le communiqué de Copenhague pose une condition à toute tentative d’accélérer artificiellement la destruction du méthane : qu’elle soit prouvée sûre et efficace.

AAP relevait déjà, le 13 septembre 2026, une destruction naturelle de méthane bien plus rapide que les modèles : en mer de Chine méridionale, vers et microbes avaient refermé en un à deux ans une fuite que les prévisions donnaient pour soixante à cent ans. Dans les deux cas, le puits de méthane s’est révélé plus rapide que prévu, et la mesure n’est venue qu’après coup.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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