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Combien de millions de tonnes de méthane chaque degré de réchauffement mondial déclenche-t-il en plus, chaque année, dans les milieux naturels ?
La réponse :
Le chiffre
Vous connaissez le compte des émissions humaines. Il en existe un second, que personne ne facture à personne : en réponse au réchauffement lui-même, les sols gelés, les zones humides, les incendies et les eaux continentales relâcheront assez de CO₂ et de méthane pour ajouter 0,2 à 0,4 °C à la planète d’ici 2100, selon une étude publiée le 10 septembre 2026 dans Environmental Research Letters par une équipe menée par Spark Climate Solutions.
20 à 30 %de réchauffement supplémentaire d’ici 2100, en plus des émissions humaines
Les émissions naturelles déclenchées par le réchauffement pourraient ajouter 0,2 à 0,4 °C d’ici 2100, soit une amplification de 20 à 30 % du réchauffement d’origine humaine postérieur à 2020, selon l’étude parue le 10 septembre 2026 dans Environmental Research Letters.
Le mécanisme porte un nom technique, boucle de rétroaction, et une logique très simple. Le pergélisol, ce sol resté gelé toute l’année depuis des millénaires, enferme de la matière organique ancienne. Il dégèle, des microbes la digèrent, ils libèrent du CO₂ et du méthane, ces gaz réchauffent l’atmosphère, et une atmosphère plus chaude fait dégeler davantage de pergélisol. La même boucle tourne ailleurs sous d’autres formes : des zones humides tropicales plus chaudes émettent plus de méthane, des forêts plus sèches brûlent plus et relâchent leur carbone. D’autres pièces du système climatique répondent à la même logique de seuil, comme le ralentissement de l’AMOC.

Quatre boucles, une seule addition
L’équipe a tiré des modèles de processus existants une relation entre température mondiale et émissions induites, puis l’a appliquée à trois trajectoires d’émissions. Chaque degré supplémentaire déclenche 97 térag »rammes de méthane par an et, dans les scénarios intermédiaires, 7 pétagrammes de CO₂ par an. Rapportée à 2100, l’addition se répartit très inégalement.

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Les deux postes du pergélisol, le CO₂ et le méthane, pèsent à eux seuls davantage que les zones humides, les incendies et les eaux continentales réunis.
Le détail source par source, en bornes basse et haute des fourchettes 2100, tient en six lignes.
| Source | Borne basse | Borne haute |
|---|---|---|
| Pergélisol (CO₂) | 0,05 °C | 0,17 °C |
| Zones humides (CH₄) | 0,05 °C | 0,08 °C |
| Incendies (CO₂) | 0,04 °C | 0,07 °C |
| Pergélisol (CH₄) | 0,04 °C | 0,06 °C |
| Incendies (CH₄) | 0,01 °C | 0,02 °C |
| Eaux continentales (CH₄) | 0,01 °C | 0,02 °C |
| Total | 0,20 °C | 0,42 °C |
En additionnant les deux postes du pergélisol de ce tableau, le sol gelé porte 0,09 à 0,23 °C de l’addition, soit 45 à 55 % de l’amplification totale. « Le dégel du pergélisol représente la moitié des émissions induites par le réchauffement attendues », résume Christina Schädel, du Woodwell Climate Research Center, dans le communiqué de l’étude.
Ce que « non comptabilisé » veut dire
Ces émissions ne sont pas une découverte, elles sont une absence. L’article les décrit comme une grande rétroaction amplificatrice que la plupart des modèles climatiques ne représentent pas encore, et en tire deux conséquences : une sous-estimation systématique du réchauffement projeté, et une surestimation des budgets carbone restants. Les modèles capables de simuler finement le dégel d’un sol ou la respiration d’une tourbière existent ; simplement, ils tournent à côté des modèles de système Terre qui alimentent les projections, pas dedans.
Le second message de l’étude est moins fataliste que le premier. L’amplification n’est pas une détente déjà pressée : elle suit la température, degré par degré. Dans la trajectoire la plus sobre en émissions, SSP1-2.6, les quatre boucles ajoutent environ 0,2 °C à l’horizon 2100 ; dans SSP4-6.0, plus émetteur, le chiffre double. Si les émissions directes baissent, écrit l’équipe, ces émissions induites baissent aussi.
Série AAP : le thermostat de départ, lui, continue de monter. AAP relevait 1,65 °C au-dessus de la référence 1850-1900 pour le mois d’août 2026, à égalité avec juillet 2023, d’après le bulletin de Copernicus.
« Les émissions du pergélisol, des zones humides et des incendies pourraient sérieusement entamer le temps qu’il nous reste », avertit Brian Buma, de l’Environmental Defense Fund.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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