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Le chiffre
On imagine Mars figée depuis quatre milliards d’années, sauf qu’une équipe menée par le chercheur Alexander Berne mesure aujourd’hui un écart de 200 à 400 °C entre le nord et le sud de la planète à des centaines de kilomètres sous la surface. Publiée le 27 août 2026 dans Nature, la découverte referme d’un coup trois mystères que la planétologie traitait séparément depuis des décennies.
400°C au maximum : l’écart de chaleur conservé sous le sud de Mars (Nature, 27/08/2026)
Le manteau martien conserve aujourd’hui un écart de 200 à 400 °C entre le nord et le sud de la planète, à plusieurs centaines de kilomètres sous la surface, selon l’étude publiée le 27 août 2026 dans Nature. Treize chercheurs signent l’article, rattachés notamment aux universités d’Arizona et de Brown ainsi qu’au centre Goddard de la NASA, sous la direction du chercheur Alexander Berne.
Personne n’a foré Mars pour en prendre la température. Les auteurs ont exploité le suivi radio de trois sondes en orbite (Mars Global Surveyor, Mars Odyssey, Mars Reconnaissance Orbiter), qui enregistrent depuis plus de vingt ans comment la planète se déforme sous l’attraction du Soleil au fil des saisons. Plus le manteau est chaud et mou, plus il plie sous cette marée solaire : cette respiration à peine perceptible dessine une signature interne que la surface ne montre jamais. Les chercheurs baptisent la méthode « tomographie de marée », une échographie planétaire sans creuser un seul centimètre.
Sur la composante de degré 3 du champ de gravité, celle qui capte les irrégularités nord-sud, l’écart au modèle sphérique atteint 300 %, soit selon nos calculs une valeur environ quatre fois supérieure à la prédiction. Le module de cisaillement du manteau, qui traduit sa rigidité, varie lui de plus de 20 % selon le même axe. Les deux mesures pointent la même zone : le manteau des hautes terres du sud est resté anormalement mou, donc chaud.
Trois hypothèses pour une seule chaleur
Pourquoi le sud est resté chaud pendant que le nord refroidissait ? Trois pistes restent ouvertes selon le communiqué de vulgarisation qui accompagne l’étude : un impact géant aurait évacué la chaleur du nord ; le manteau austral connaîtrait une convection spontanée ; ou sa croûte, plus épaisse, agirait comme une couverture isolante depuis des milliards d’années.
L’article situe l’anomalie sous la dichotomie crustale, dans le manteau des hautes terres du sud, pas sous le pôle sud comme le laissent parfois entendre certaines reprises. Le communiqué avance qu’une partie du manteau austral serait « partiellement fondue » : une formulation absente du texte scientifique, qui parle d’anomalie conservée, jamais de fusion.
L’anomalie a un lien français. Le sismomètre SEIS de la mission InSight, conçu sous maîtrise d’ouvrage du CNES avec l’Institut de physique du globe de Paris, avait mesuré entre 2019 et 2022 une atténuation sismique plus rapide sous le sud martien : l’un des mystères que l’anomalie thermique aiderait à expliquer.
×4la valeur observée sur le degré 3 du champ de gravité, environ quatre fois la prédiction pour une planète symétrique
3 sondesMars Global Surveyor, Mars Odyssey et Mars Reconnaissance Orbiter, à l’origine de la mesure
20 ansla durée de suivi radio cumulée exploitée par les auteurs
Nos calculs : l’écart fait passer la valeur observée de 100 % à 400 % de la prédiction pour une planète à symétrie sphérique, soit un facteur 4. Limite : la mesure agrège toute la composante de degré 3, elle ne localise pas un point unique du manteau.
Ce que l’échographie martienne mesure
Les deux indicateurs qui trahissent le déséquilibre nord-sud ne se recouvrent pas complètement, mais ils pointent la même moitié de la planète.

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Le détail de chaque mesure, avec sa source, tient dans le tableau ci-dessous.
| Indice mesuré | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Écart thermique conservé sous les hautes terres du sud | 200 à 400 °C | Nature, 27/08/2026 |
| Écart au modèle sphérique, degré 3 du champ de gravité | jusqu’à 300 % | Nature, 27/08/2026 |
| Variation nord-sud du module de cisaillement du manteau | plus de 20 % | Nature, 27/08/2026 |
| Sondes exploitées pour le suivi radio | Mars Global Surveyor, Mars Odyssey, Mars Reconnaissance Orbiter | Nature, 27/08/2026 |
Vingt ans de trajectoires orbitales ont suffi à produire ce tableau, sans qu’aucune sonde n’ait eu besoin de se poser.

Les trois hypothèses, impact ancien, convection active ou couverture isolante, restent ouvertes : seule une nouvelle génération de sondes en orbite ou de sismomètres au sol pourrait trancher. En attendant, une autre vue de Mars et le dossier pour observer le ciel rappellent que l’essentiel de la planète rouge se lit encore à distance.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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