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Il n’y a rien à voir à Chleby, en Bohême centrale, et c’est précisément là que des archéologues tchèques viennent de reconnaître le plus ancien sanctuaire solaire et lunaire d’Europe centrale : une enceinte quasi circulaire de 230 mètres percée de douze portes. L’université de Bohême occidentale à Plzeň a annoncé le 18 août 2026 que sa construction remonte à plus de 6 500 ans, un millénaire avant les premiers terrassements de Stonehenge.
Le monument ne tient plus qu’au creux du sol. Un fossé de plus de 2,5 mètres de profondeur en dessinait le contour, doublé d’une palissade qui n’a pas survécu, rapporte Radio Prague International. Douze entrées le perçaient, réparties de façon irrégulière, et c’est cette irrégularité qui a mis les fouilleurs sur la piste.
Douze portes, deux points d’observation
Les entrées ne sont pas placées au hasard : elles forment un instrument. « Quand nous avons commencé à analyser précisément la disposition des entrées, il est apparu qu’elle n’était pas fortuite. Leur géométrie forme un système qui permettait d’observer les moments les plus importants des cycles solaire et lunaire », déclare Petr Krištuf, chef du département d’archéologie de l’université de Bohême occidentale.
Deux points d’observation ont été identifiés. Le premier vise les positions extrêmes de la lune sur l’horizon, qu’elle ne retrouve qu’au terme d’un cycle d’environ dix-huit ans. Le second relie le lever du soleil au solstice d’été à son coucher au solstice d’hiver, soit le principe de l’axe majeur de Stonehenge, comme le note Live Science.
La comparaison qui circule s’arrête à l’âge des deux sites et laisse de côté leur taille. Avec 230 mètres de diamètre, l’enceinte néolithique de Chleby couvre 4,2 hectares, soit près de quatre fois la surface du cercle de Stonehenge et l’équivalent de près de six terrains de football, pour un monument daté de plus de 6 500 ans par l’université de Bohême occidentale le 18 août 2026. Selon nos calculs, à partir des 230 mètres tchèques et des 116 mètres britanniques publiés par la même source, l’écart de surface entre les deux cercles atteint 31 000 mètres carrés.

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Des crânes de taureau dans le fossé
Près des entrées, dans le comblement du fossé, les fouilleurs ont dégagé des crânes et des cornes de bovins. Ils pourraient avoir décoré des portes monumentales, avance l’équipe dans le communiqué de l’université. « Le culte du taureau faisait partie des symboles religieux importants des premiers agriculteurs et il est attesté dans de nombreuses régions de l’Europe de cette époque », précise Jan Turek, de l’université Charles.

Le lieu a continué d’attirer les vivants et les morts longtemps après son abandon rituel. Des recherches antérieures y avaient mis au jour une tombe de l’âge du bronze, rattachée à la culture d’Únětice, contenant les restes d’une vingtaine de personnes déposées progressivement.
Stonehenge a été réutilisé, Chleby a été effacé
À partir de l’âge du fer, les deux destins divergent. Stonehenge a connu des reprises successives et reste associé, jusqu’aux druides celtes, à des usages rituels ; à Chleby, le monument perd définitivement son sens, le fossé se comble peu à peu et un village préhistorique ordinaire s’installe sur l’ancien sanctuaire, résume Petr Krištuf.
Le contraste se mesure aujourd’hui en nombre de visiteurs. Stonehenge en a reçu 1 253 405 en 2025 selon le classement annuel de l’association ALVA, quand le cercle tchèque n’existe plus que dans les relevés et les photographies aériennes. Personne n’ira jamais le visiter : il n’y a aucune pierre à regarder.
Reste la prudence sur la datation. Les équipes de Plzeň, de l’université Charles et de Hradec Králové annoncent « plus de 6 500 ans » à partir de la datation de matériaux organiques, sans qu’aucune fourchette calibrée ni aucun détail de méthode n’apparaisse dans les communications publiées. L’écart d’environ mille ans avec Stonehenge, dont l’érection commence il y a quelque 5 500 ans, repose donc sur cette estimation et non sur un intervalle borné.
En France, ce genre de monument invisible n’a rien d’exceptionnel. À Ivry-sur-Seine, l’Inrap fouille un complexe d’enceintes à palissades de troncs massifs daté des environs de 4200 avant notre ère, à peu près contemporain de Chleby, dont il ne subsiste que des trous de poteaux : 4 000 mètres carrés explorés, plus de 5 000 objets, une vingtaine de bâtiments en terre et en bois. L’archéologie préventive en révèle régulièrement, comme cette pirogue néolithique sortie d’un chantier du Nord.
AAP racontait déjà comment deux poteaux de bois plantés à Bulford visaient le solstice avant même Stonehenge. À Chleby, Jan Fišer, de l’université de Hradec Králové, doit maintenant analyser les traces chimiques du sol pour comprendre ce que l’on faisait à l’intérieur du cercle.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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