Un voilier de plaisance seul sur une mer arctique grise, entouré de plaques de glace flottantes sous un ciel bas.

La Russie renvoie chez lui le marin qui visait le premier tour de l’Arctique en solitaire

Matt Rutherford visait le premier tour de l’océan Arctique en solitaire et sans escale. Moscou a fermé la route mi-août : 42 % du parcours du Vendée Globe, et pourtant plus de jours de mer prévus que le record de l’épreuve.

Sommaire
  1. En bref
  2. Vingt-quatre heures, et déjà le garde-côte russe
  3. Dormir quand la glace tue
  4. 42 % du Vendée Globe, et pourtant plus de jours en mer
  5. Une route que la banquise vient d’ouvrir
  6. Questions courantes

Récit

On a suivi sa trace tout l’été comme un feuilleton. Puis Moscou a tranché : le marin américain Matt Rutherford, 45 ans, a reçu mi-août l’ordre de faire demi-tour à l’entrée de la route maritime du Nord, et sa tentative de tour de l’Arctique en solitaire s’arrête à mi-parcours, après près de cinquante jours de mer.

Il était parti le 25 juin 2026 d’Aasiaat, sur la côte ouest du Groenland, à bord de Chimera, un voilier de 42 pieds : 10 000 milles nautiques par la côte arctique russe puis le passage du Nord-Ouest, au profit de son ONG Ocean Research Project. Personne n’avait jamais bouclé cette boucle-là.

En bref

  • Premier tour de l’océan Arctique en solitaire, sans escale et sans assistance : 10 000 milles visés, départ d’Aasiaat le 25 juin 2026.
  • Moscou a fermé la route maritime du Nord aux navires de plaisance mi-août : glace infranchissable vers l’île Wrangel.
  • Rutherford rentre à Annapolis et annonce une nouvelle tentative l’an prochain.
  • Juillet 2026 : cinquième banquise arctique la plus basse jamais mesurée pour ce mois.

Vingt-quatre heures, et déjà le garde-côte russe

Rutherford naviguait sous permis officiel, avec pointage quotidien auprès de Moscou et position à communiquer au FSB près des côtes. Il n’a pas tenu longtemps. « Vingt-quatre heures à peine dans la route maritime du Nord, et déjà arraisonné », raconte-t-il au micro de NPR.

Quelques jours plus tard, l’administration lui notifiait la fermeture du passage aux navires de plaisance. Motif relayé par la presse américaine : glace infranchissable aux abords de l’île Wrangel, températures négatives attendues dès le 17 août, escorte de brise-glace exigée cette saison même pour les coques renforcées.

« Évidemment, je suis très déçu », dit-il. Il a viré vers la Norvège, puis Annapolis, dans le Maryland : environ 4 500 milles de retour.

Dormir quand la glace tue

Ce qu’il raconte de ses nuits tient en une phrase. « Il devient extrêmement difficile de dormir, parce que si vous touchez la glace, vous mourez, en gros. » Et la question qui va avec : comment voit-on la glace dans le noir ?

Sans escale et sans assistance veut dire exactement ce que ça dit : pas de mouillage, pas de descente à terre, aucun secours. Il s’accordait 75 % de chances, et son inquiétude première n’était pas la météo mais la paperasse russe, confiait-il à ArcticToday. La solitude en mer n’a pas besoin de l’Arctique pour peser : elle suffit déjà au large d’Ajaccio.

Cabine de voilier la nuit, écran radar allumé au-dessus de la table à cartes et couchette vide.
Près des glaces, le sommeil se prend par tranches : toucher un glaçon dérivant suffit à couler un voilier.

42 % du Vendée Globe, et pourtant plus de jours en mer

C’est ici que la boucle devient lisible depuis la France, qui sait lire une trace de voilier, du Vendée Globe aux traversées de la Manche. Selon nos calculs, les 10 000 milles nautiques visés par Matt Rutherford autour de l’océan Arctique représentent 42 % du parcours théorique du Vendée Globe, et il avait pourtant prévu d’y passer au moins trois semaines de plus que Charlie Dalin n’en a mis pour boucler son tour du monde, en janvier 2025.

Le parcours de la dernière édition mesurait 23 905 milles, avalés en 64 jours et 19 heures. Rutherford, lui, tablait sur 90 à 100 jours pour moins de la moitié de cette distance. L’Arctique ne se court pas : il se faufile.

La boucle visée par Matt Rutherford fait 42 % du parcours du Vendée Globe, pour un temps de mer prévu bien supérieur : en Arctique, la difficulté ne se compte pas en milles. Limite : le parcours arctique n’est pas un tracé de course chronométré.
La boucle visée par Matt Rutherford fait 42 % du parcours du Vendée Globe, pour un temps de mer prévu bien supérieur : en Arctique, la difficulté ne se compte pas en milles. Limite : le parcours arctique n’est pas un tracé de course chronométré.
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La difficulté arctique ne se mesure pas en milles, mais en fenêtres de glace et en autorisations.

Une route que la banquise vient d’ouvrir

Cette route n’existe que depuis peu, et Rutherford le dit lui-même : il y a une génération, ce voyage était impossible. La banquise arctique s’est établie à 8,29 millions de km² en moyenne en juillet 2026, cinquième valeur la plus basse pour ce mois dans l’archive satellite, soit 1,55 million de km² sous la normale 1981-2010, selon le Met Office.

L’ironie tient dans la même note. La glace manquait surtout au nord de la Sibérie cet été, quand les mers de Beaufort et de Tchoukotka restaient proches de leur moyenne. C’est exactement là que la route s’est refermée sur lui.

Ses prélèvements d’eau partiront quand même vers les travaux climatiques que son ONG mène avec la NASA. Rutherford, lui, se dit trop têtu pour abandonner.

Questions courantes

Pourquoi la Russie a-t-elle fermé la route maritime du Nord ?
Elle a invoqué la sécurité : glace infranchissable près de l’île Wrangel et températures négatives attendues dès le 17 août 2026. Le passage a été fermé aux navires de plaisance.

Quelqu’un a-t-il déjà bouclé le tour de l’océan Arctique en solitaire et sans escale ?
Non, et c’est précisément ce que visait Matt Rutherford. Il détient déjà deux records Guinness pour un tour des Amériques en solitaire et sans escale.

Où est-il aujourd’hui, et va-t-il retenter ?
Il fait route vers la Norvège puis vers son port d’attache d’Annapolis, dans le Maryland, soit environ 4 500 milles nautiques de retour. Il annonce une nouvelle tentative l’an prochain, après un hiver de préparation.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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