
Mise en perspective
Djokovic reprendra une raquette de double le 25 août. Il jouera avec Aryna Sabalenka dans une épreuve de trois jours qui se dispute avant même le premier service du tableau principal. La liste des paires est sortie et la colère est sortie avec elle.
Le fait
L’US Open a rendu publiques les seize paires engagées dans son double mixte nouvelle formule. Aryna Sabalenka avec Novak Djokovic, Iga Swiatek avec Casper Ruud, Naomi Osaka avec Kei Nishikori, Elena Rybakina avec Taylor Fritz, Jessica Pegula avec Jack Draper, et les tenants du titre Sara Errani et Andrea Vavassori, reconduits. Huit paires supplémentaires passeront par des qualifications, dont deux rejoindront le tableau.
Le calendrier tient sur trois jours: qualifications le lundi 24 août, premier tour et quarts de finale le mardi 25, demi-finales et finale le mercredi 26. Le format est taillé pour l’antenne, avec des sets en quatre jeux et un super tie-break à trois partout. Rien n’est figé pour autant: les inscriptions courent jusqu’au 17 août et le tableau définitif ne sera arrêté que le 24.
Notre regard
Un Grand Chelem qui sort une épreuve de son tournoi, la comprime à trois jours et la remplit de têtes d’affiche du simple ne cherche pas un champion de double. Il cherche une audience. La grille des primes le dit plus clairement que les communiqués. Nous croisons la dotation du double mixte avec celle des tableaux principaux, et le résultat tient en une phrase: la paire qui gagne le mixte touche 1 million de dollars pour trois jours de compétition (24 au 26 août 2026), soit exactement le chèque des vainqueurs du double classique, qui eux jouent la quinzaine.
| Épreuve | Vainqueurs | Premier tour | Durée de l’épreuve |
|---|---|---|---|
| Simple dames et messieurs | 5 000 000 | 110 000 | Quinzaine |
| Double dames et messieurs | 1 000 000 par paire | 30 000 | Quinzaine |
| Double mixte, nouvelle formule | 1 000 000 par paire | non communiqué | 3 jours |
Les montants sont ceux de la grille des dotations du tournoi, reconduits pour 2026. Une autre lecture du tableau: le million promis aux vainqueurs du mixte vaut 33 premiers tours de double payés 30 000 dollars, et le chèque du vainqueur du simple en vaut 167. Un joueur battu d’entrée en simple encaisse déjà 3,7 fois ce que touche un joueur battu d’entrée en double. Le métier de doubleur ne vit pas des finales, il vit des premiers tours: c’est cette ligne-là qui n’a pas bougé pendant que l’épreuve vitrine s’installait.
La nuance
La formule fâche, elle n’appauvrit personne sur le papier. La dotation globale du tournoi a franchi 90 millions de dollars pour la première fois, en hausse de 20 % sur un an, et le mouvement dépasse New York: Wimbledon a relevé ses primes de 20 % cette année également, pour 73,36 millions d’euros au total. Le double mixte reste par ailleurs la seule épreuve où une joueuse et un joueur partagent le même court et la même prime, ce qui n’est pas rien à vendre en trois soirées.

Surtout, la contestation n’oppose pas proprement les spécialistes du double aux vedettes du simple. Maria Sakkari (33e mondiale) et Karen Khachanov (26e) ont fait savoir leur agacement de ne pas figurer sur la liste. « Il semble que nous n’ayons pas été sélectionnés », a lâché la Grecque. « Je vois, il faut être dans le top 10 pour participer », lui a répondu le Russe. Le classement n’explique pourtant pas tout, puisque des paires moins bien classées ont été retenues. Ce que la formule invente, ce n’est pas seulement un show: c’est un guichet, et un guichet se conteste.
À surveiller
Deux dates commandent la suite: le 17 août, clôture des inscriptions, et le 24, tableau définitif. Entre les deux, la question n’est pas sportive. Une menace de boycott a déjà circulé, portée par des joueurs de premier plan, sur le partage des revenus des Grands Chelems. Un tournoi qui bâtit une épreuve entière sur la présence de ces joueurs se rend dépendant de leur bonne volonté: c’est le prix du casting.
Aucune paire française ne figure parmi les seize dévoilées, et les Français auront d’autres rendez-vous à New York, à commencer par la wild card de Monfils. Le tennis n’en est d’ailleurs pas à sa première réécriture de règles cette saison, après la refonte du congé maternité WTA.
Le vrai test arrivera après le 26 août. Si le format tient ses promesses d’audience, le modèle sera copié ailleurs: une épreuve secondaire sortie du calendrier, raccourcie, confiée aux vedettes d’une autre discipline du même tournoi. Les gagnants sont identifiés, les perdants aussi. Reste à savoir si la grille des primes bougera pour eux, ou si trois jours de spectacle suffiront à clore le débat.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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