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Questions-réponses
L’incendie de Fontainebleau était fixé, pas éteint : mercredi 29 juillet au soir, six hectares ont brûlé au Mont Aigu, en zone déjà parcourue par les flammes, et une centaine de pompiers sont remontés sur le massif. La préfecture de Seine-et-Marne avait annoncé les deux feux du secteur fixés le mardi 14 juillet en fin d’après-midi. Nous avons compté les jours entre cette fixation et la reprise : quinze, et non les trois semaines qui circulent depuis hier. Ce délai n’est pas un aléa, mais la signature d’un feu qui vit sous la surface.
Que veut dire un feu fixé ?Comment le feu survit-il sous terre ?Pourquoi ce sol brûle-t-il ?La reprise était-elle prévisible ?Pourquoi des arbres tombent-ils encore ?Que faire en forêt en août ?
Que veut dire un feu fixé ?
Que les flammes ne progressent plus, et rien de plus. Le vocabulaire des secours compte quatre états, et un seul dit que c’est terminé : fixé, circonscrit ou maîtrisé décrit trois étapes vers l’extinction de l’essentiel des flammes. Seul le feu noyé garantit que le combustible ne peut plus reprendre.
La préfecture de Seine-et-Marne parlait donc de feux fixés, jamais de feux éteints. La nuance décrit ce qui s’est produit quinze jours plus tard.
Comment le feu survit-il sous terre ?
En brûlant sans flamme la matière organique du sol. Le dossier expert de Géorisques sépare feux de cimes, feux de surface et feux de sol : ces derniers consument la litière, l’humus ou les tourbières, et se propagent par combustion interne. Pas de panache, pas de crépitement. Quelques fumerolles, parfois rien de visible.
Le front avance de quelques centimètres par heure, suit une racine, ressort dix mètres plus loin quand le vent trouve une litière sèche.

Ce n’est pas le feu de mercredi qui a couvé, c’est celui de la mi-juillet qui n’avait jamais cessé.
Pourquoi ce sol brûle-t-il ?
Parce qu’il est lui-même un combustible. Le sol y est très particulier et se consume, écrit l’ONF à propos du massif, qui parle de feu de tourbe. Ajoutez une litière d’aiguilles épaisse et des chaos rocheux qui piègent la chaleur en interdisant l’accès aux engins.
Au 24 juillet, la préfecture plaçait cinq bassins du département en alerte renforcée sécheresse et les autres en vigilance : la Seine-et-Marne n’était pas classée en crise. Le risque ne se lit pas dans les arrêtés d’eau, mais dans l’extrême sécheresse de la végétation, formule des services de l’État.
La reprise était-elle prévisible ?
Elle était surveillée, ce qui n’est pas la même chose qu’annoncée. Les lisières demeurent actives sous l’effet du vent et font l’objet d’une surveillance permanente, notaient les points de situation ; l’ONF décrivait des patrouilles chargées de repérer fumerolles et reprises. Le 28 juillet, le préfet prolongeait les mesures de prévention. Vingt-quatre heures plus tard, le feu repartait vers 19 heures au secteur du Mont Aigu, pour être fixé au petit matin, sans menacer d’habitations.
Une reprise n’est donc pas un échec des secours, mais le régime normal d’un massif dont le sous-sol reste chaud, et la raison pour laquelle les moyens restent postés longtemps après la dernière flamme.
Pourquoi des arbres tombent-ils encore ?
Parce que le feu a consumé ce qui les tenait debout. Le réseau racinaire est brûlé, les arbres sont déstabilisés et certains peuvent tomber bien après la fin de l’incendie, avertit l’ONF, qui chiffre à 2 000 hectares la surface atteinte, soit environ 10 % du massif, et compte quatre réserves biologiques parcourues par les flammes. Un arbre peut s’abattre des semaines plus tard, sans vent, sur un sentier d’apparence intacte.
D’où l’encadrement imposé aux bénévoles venus aider la faune après le premier incendie : on ne renvoie personne sous des houppiers dont les racines ont brûlé.
Que faire en forêt en août ?
Vérifier l’arrêté avant de partir, et considérer que le sol reste un foyer. Les interdictions de fréquentation des forêts domaniales de Fontainebleau et de la Commanderie étaient reconduites jusqu’au 31 juillet 2026 : la suite se lit sur le site de la préfecture, pas sur les réseaux sociaux.
Reste ce chiffre du ministère de la Transition écologique : l’activité humaine est à l’origine de 90 % des départs de feu. Un mégot, un barbecue, un pot d’échappement chaud garé sur l’herbe sèche. La France avait déjà dépassé les 41 000 hectares brûlés à la mi-juillet, et notre relevé du 23 juillet comptait 58 départements en crise sécheresse.
Un feu déclaré fixé, dans un sol qui ne l’est pas, reste une braise en sursis. Le 29 juillet l’a rappelé en six hectares. Le mois d’août dira combien de fois il faudra le rappeler.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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