Plusieurs dizaines de dés à jouer romains en os, aux chiffres gravés en petits doubles cercles, posés sur la terre d'une fouille

Plus de 500 dés à jouer romains déterrés dans les Vosges : le plus grand trésor du jeu antique

À Grand, cité gallo-romaine des Vosges, les fouilles de l'été ont livré plus de 500 dés à jouer en os, présentés comme la plus grande collection de l'Antiquité. Le chantier, ouvert au public jusqu'au 30 juillet, raconte tout un pan du jeu et du pari chez les Romains.

Sommaire
  1. En bref
  2. Cinq cents dés autour d'un bâtiment mystérieux
  3. Des cubes d'os taillés au cordeau
  4. Jouer, parier, interroger le destin
  5. Un chantier gallo-romain qu'on peut visiter
  6. Questions courantes

Récit

À quelques pas de la basilique de Grand, dans les Vosges, une quinzaine d’étudiants grattent la terre d’un été gallo-romain. Sous leurs truelles, un petit cube d’os apparaît, puis un autre, puis des dizaines. Au fil de la campagne, le compte a dépassé les 500 dés à jouer, tous taillés pour le hasard à l’époque romaine, ce que les archéologues présentent comme la plus grande collection de l’Antiquité.

En bref

  • Plus de 500 dés à jouer en os ont été mis au jour à Grand, dans les Vosges, ce que les archéologues présentent comme la plus grande collection de dés de l’Antiquité jamais trouvée, selon France 3 Grand Est.
  • Tous suivent le modèle dit « Sevens » : la somme des faces opposées vaut toujours sept, la règle que nos dés respectent encore aujourd’hui.
  • Chez les Romains, le dé ne servait pas qu’au jeu : il pouvait aussi interroger le destin dans des pratiques divinatoires.
  • Le chantier reste ouvert au public jusqu’au 30 juillet, à côté de la basilique.

Cinq cents dés autour d’un bâtiment mystérieux

La trouvaille tient dans un mouchoir de poche, ou presque. La campagne 2026, révélée par la presse locale des vallées vosgiennes, se concentre sur un petit édifice d’environ 4,50 mètres sur 3,80 mètres, planté le long d’une voie antique orientée est-ouest. Ses murs peints de rouge sur une plinthe jaune trahissent un certain soin. Autour, les fouilleurs ont ramassé clous de chaussures, fibules, monnaies de bronze, aiguilles à chas, et surtout ces plus de 500 dés en os.

Tranchée de fouille d'un petit bâtiment gallo-romain, fondations de pierre et enduit peint dégagés dans la terre ocre, outils posés au bord
Le petit édifice antique de Grand, autour duquel les dés en os se sont accumulés par centaines.

À quoi servait ce bâtiment ? Personne ne tranche encore. Les archéologues avancent trois pistes : un atelier de fabrication de dés, un sanctuaire, ou un lieu dédié au jeu placé sous la protection d’une divinité. Un détail intrigue : trois dés avaient été glissés directement dans les fondations, comme si l’objet et le lieu étaient liés. Au nord, une conduite d’eau d’une vingtaine de mètres et une fosse ayant pu accueillir un bassin en bois complètent le tableau.

Des cubes d’os taillés au cordeau

Ce qui frappe, c’est la régularité. Tous ces dés présentent une fabrication soignée, loin du bricolage. Les chiffres n’y sont pas des points pleins comme sur nos dés modernes, mais des ocelles, de petits doubles cercles gravés dans l’os, parfois rehaussés d’un mélange de cire et de charbon pour mieux se lire.

Surtout, ils obéissent tous au même standard, le modèle « Sevens » : quelle que soit la face, celle qui lui fait dos porte le complément à sept. Le 1 face au 6, le 2 face au 5, le 3 face au 4. C’est exactement la règle que suit le dé posé dans votre boîte de jeu de société, preuve qu’une convention née dans l’Antiquité a traversé les siècles intacte.

Jouer, parier, interroger le destin

Un tel amas de dés en dit long sur la place du jeu à Rome. On jouait partout et dans toutes les couches de la société, de la taverne aux demeures cossues, souvent en misant, alors même que les paris étaient officiellement encadrés. Cinq cents dés au même endroit, ce n’est pas une partie du dimanche, c’est une pratique installée, peut-être une production locale.

Le dé romain avait pourtant une seconde vie, plus grave. Lancer les osselets pouvait aussi servir à consulter le sort, à interroger le destin dans des rituels divinatoires. Cette double fonction, ludique et sacrée, éclaire peut-être le mystère du petit bâtiment de Grand, à mi-chemin entre la salle de jeu et le lieu de culte. La cité gallo-romaine n’en finit pas de livrer ce genre de fragments de vie quotidienne, à l’image de ce qu’ont révélé les fouilles de la Lutèce gallo-romaine, à Paris.

Un chantier gallo-romain qu’on peut visiter

Bonne nouvelle pour les curieux : le chantier n’est pas bouclé derrière des rubalises. Les fouilles, organisées par le Conseil départemental des Vosges avec le soutien du ministère de la Culture, sont dirigées par un conservateur du musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye. Elles restent ouvertes au public jusqu’au 30 juillet, à proximité de la célèbre mosaïque de Grand.

Voir des dés vieux de près de deux millénaires sortir de terre à quelques kilomètres de chez soi, c’est aussi ça, l’archéologie de proximité : elle transforme un été en France en voyage dans le temps. Pour qui veut comprendre ce qui se joue sur ce type de terrain, mieux vaut savoir lire un chantier de fouilles avant d’y poser un pied. Ensuite, il ne reste plus qu’à imaginer la main qui, un jour, a lâché ces dés.

Questions courantes

Combien de dés a-t-on retrouvés à Grand ?
Plus de 500 dés à jouer en os, mis au jour autour d’un petit bâtiment antique lors de la campagne de fouilles 2026. Les archéologues la présentent comme la plus grande collection de dés de l’Antiquité jamais découverte.

De quand datent ces dés ?
Ils remontent à l’époque gallo-romaine, celle de la cité antique de Grand. Les fouilles reprennent l’étude de vestiges déjà explorés dans les années 1960 ; l’opération actuelle a été lancée en 2022.

Pourquoi autant de dés au même endroit ?
La fonction du bâtiment reste incertaine. Trois hypothèses tiennent la corde : un atelier de fabrication de dés, un sanctuaire, ou un espace de jeu placé sous protection divine. La présence de trois dés dans les fondations renforce l’idée d’un lien fort entre l’objet et le lieu.

Peut-on aller voir les fouilles ?
Oui. Le chantier est ouvert au public jusqu’au 30 juillet 2026, à proximité de la basilique et de la mosaïque de Grand, dans les Vosges. Une quinzaine d’étudiants en archéologie y participent.

Votre réaction :

Article créé en collaboration avec l’IA.

Les plus lus

  1. 1Grève easyJet : un préavis sans aucune date, et une loi qui ne prévient les passagers que 24 heures avantGrève easyJet : un préavis sans aucune date, et une loi qui ne prévient les passagers que 24 heures avant
  2. 2L’Odyssée de Nolan en IMAX 70 mm : la seule salle de France est à MontpellierL’Odyssée de Nolan en IMAX 70 mm : la seule salle de France est à Montpellier
  3. 3Musées gratuits le premier dimanche du mois : la règle et les piègesMusées gratuits le premier dimanche du mois : la règle et les pièges
  4. 4Conseillers numériques : le budget passe de 40 à 14 millions d’euros, et les démarches bloquent toujoursConseillers numériques : le budget passe de 40 à 14 millions d’euros, et les démarches bloquent toujours
  5. 5600e de Taratata : ce que France 2 a rediffusé jeudi soir avait été tourné dix mois plus tôt600e de Taratata : ce que France 2 a rediffusé jeudi soir avait été tourné dix mois plus tôt

Nos dossiers

Recevez notre sélection dans votre boîte mail

Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

Avatar illustré de Malik, voix éditoriale d'Actu Alt Plus
Malik

« Malik » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Monde & Pop Monde : l’actualité internationale reliée à la France, avec ce qu’elle change ici.

Articles: 287