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Panorama
Vingt jours. Entre le 19 juin et le 8 juillet 2025, alors que la vigilance canicule virait à l’orange puis au rouge sur une large partie du pays, la France a recensé 355 noyades, soit 135 % de plus que sur la même période un an plus tôt, et 106 d’entre elles ont été mortelles. La chaleur pousse tout le monde vers le moindre point d’eau, et le bilan officiel de Santé publique France, publié le 5 mai, met des chiffres sur ce réflexe : 1 418 noyades sur l’ensemble de l’été, 409 décès. Nous entrons cette semaine dans une configuration météo comparable. Voilà pourquoi ces chiffres méritent qu’on s’y arrête.
En bref
- En reclassant les régions à partir du bilan de Santé publique France, on voit que Provence-Alpes-Côte d’Azur, première en nombre de noyades (332), affiche la plus faible part mortelle (15 %), quand la Bretagne monte à 49 %.
- Été 2025 : 1 418 noyades et 409 décès du 1er juin au 30 septembre, soit +14 % et +16 % par rapport à 2024.
- Pendant la canicule du 19 juin au 8 juillet : 355 noyades (+135 %) et 106 décès (+172 %) en trois semaines.
- Chez les adolescents de 13 à 17 ans, 21 décès en 2025 contre 10 en 2024 ; les 65 ans et plus ont trois fois plus de risque qu’une noyade soit grave.
Un été qui a basculé pendant la canicule
Le constat, d’abord. Du 1er juin au 30 septembre 2025, la France a recensé 1 418 noyades, dont 409 mortelles, soit près d’une sur trois. Par rapport à la même période de 2024, c’est 14 % de noyades en plus et 16 % de décès supplémentaires. Météo France classe l’été 2025 au troisième rang des plus chauds depuis 1900, derrière 2003 et 2022, et cette chaleur a directement nourri le bilan.
Tout s’est joué par vagues. Sur la seule fenêtre du 19 juin au 8 juillet, en pleine vigilance orange puis rouge, 355 noyades sont survenues, contre 151 un an plus tôt, et les décès ont plus que doublé, passant de 39 à 106. À ce moment-là, la surveillance des sites naturels n’avait pas partout commencé, et l’afflux vers l’eau a précédé les sauveteurs. Un second épisode, du 7 au 19 août, a encore ajouté 280 noyades. La leçon tient en une phrase : quand le thermomètre grimpe, la courbe des noyades grimpe avec lui.

Le Sud se noie, mais on meurt davantage ailleurs
Quatre régions concentrent près des deux tiers des noyades de l’été : Provence-Alpes-Côte d’Azur en tête avec 332 cas, devant la Nouvelle-Aquitaine (203), l’Occitanie (194) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (114). Le seul département du Var en compte 113. Vues comme ça, les régions du Sud et les façades maritimes semblent le cœur du problème.
Mais compter les noyades ne dit pas où elles tuent le plus souvent. En reprenant le tableau régional et en classant les mêmes régions par la part de noyades qui finissent en décès, la hiérarchie se retourne. Faites glisser le curseur d’un tri à l’autre : ce n’est plus la même carte.

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Provence-Alpes-Côte d’Azur, écrasante en volume, tombe en dernière position pour la gravité : 15 % de ses noyades sont mortelles, souvent en mer, sur des plages surveillées où les secours interviennent vite. À l’inverse, la Bretagne, cinquième en nombre, devient première au classement du risque avec près d’une noyade sur deux suivie d’un décès (49 %), tout comme l’Île-de-France (45 %), où l’on se noie moins mais plus gravement, loin des postes de secours, en rivière et en plan d’eau. Santé publique France invite à la prudence sur ces écarts, car les effectifs régionaux sont parfois faibles, mais le message reste net : beaucoup de noyades n’égale pas le plus de danger.
Les âges du danger, des tout-petits aux seniors
Le bilan par âge dessine trois publics distincts. Les adultes concentrent 57 % des noyades et 9 décès sur 10 : quand un adulte se noie, l’issue est bien plus souvent fatale, avec 43 % de décès contre 6 % chez les moins de 6 ans. Les tout-petits, eux, pèsent 27 % des noyades mais rarement des décès, à condition qu’un adulte veille vraiment.
Chez les jeunes, le signal est préoccupant. Les adolescents de 13 à 17 ans ont connu 21 décès en 2025, contre 10 en 2024. Et 33 enfants ou adolescents se sont noyés mortellement en cours d’eau ou plan d’eau, soit 58 % des décès de cette classe d’âge, souvent le week-end et avant même les vacances. Les lieux, d’ailleurs, changent avec l’âge : piscine privée pour les plus jeunes, mer pour les adultes, rivières et lacs pour les ados.
Reste une population qu’on oublie souvent, les seniors. Une étude de Santé publique France de septembre 2025 établit que les personnes de 65 ans et plus ont trois fois plus de risque qu’une noyade soit grave que les 0-5 ans, et que l’alcool aggrave nettement ce risque. C’est tout un été de vigilance qui se joue, pas seulement au bord des piscines d’enfants.

Derrière ces chiffres, il y a des familles, des sorties de fin de journée, des baignades qu’on croyait sans histoire. C’est précisément ce quotidien que les pouvoirs publics tentent de sécuriser autrement cette année.
Ce que l’État change pour l’été 2026
La première nouveauté est calendaire. Face à des étés qui commencent plus tôt, Santé publique France a avancé sa surveillance des noyades au 1er mai, un mois plus tôt que d’habitude, et publiera trois points de situation au fil de la saison. Le communiqué interministériel acte aussi un tournant côté prévention.
Deux cibles sont renforcées. Les personnes âgées, d’abord, avec des messages adaptés à leurs fragilités. L’alcool, ensuite : en partenariat avec Voies navigables de France, de nouveaux messages visent les noyades liées à la consommation d’alcool, qui surviennent surtout en cours d’eau et plan d’eau. Enfin, la campagne #coulepastonété, portée par VNF, s’adresse aux moins de 18 ans pour les détourner des baignades interdites le long des fleuves et canaux.
La bonne nouvelle, c’est que l’essentiel ne coûte rien. Choisir une zone surveillée, garder un enfant à portée de bras, renoncer à l’apéritif avant de nager, reporter la baignade en cas de fatigue. Cet été, alors que la chaleur revient, le geste qui sauve tient souvent à un simple choix fait avant même d’entrer dans l’eau.
Questions courantes
La canicule augmente-t-elle vraiment les noyades ?
Oui. Du 19 juin au 8 juillet 2025, en pleine vigilance canicule, 355 noyades ont été recensées, soit 135 % de plus qu’un an plus tôt, et les décès ont bondi de 172 %. La chaleur multiplie les baignades improvisées avant même le déploiement des secours.
Quelle région compte le plus de noyades ?
Provence-Alpes-Côte d’Azur, avec 332 noyades l’été 2025, devant la Nouvelle-Aquitaine (203) et l’Occitanie (194). Mais c’est en Bretagne que la part de noyades mortelles est la plus élevée, avec 49 % contre 15 % en PACA.
Qui sont les victimes ?
Les adultes représentent 57 % des noyades et 9 décès sur 10. Les moins de 6 ans comptent pour 27 % des noyades mais peu de décès. Les personnes de 65 ans et plus ont trois fois plus de risque qu’une noyade soit grave que les 0-5 ans.
Qu’est-ce qui change pour l’été 2026 ?
Santé publique France a avancé sa surveillance au 1er mai, trois points de situation seront publiés dans l’été, et une campagne cible l’alcool et les baignades interdites en rivière, sous le mot d’ordre #coulepastonété.
Méthode et limites
Les chiffres proviennent du bilan final de la surveillance des noyades de Santé publique France et du Snosan, pour la période du 1er juin au 30 septembre 2025, comparée à 2024. Les noyades non mortelles sont recensées via le réseau d’urgences OSCOUR, les décès via les remontées des secours en mer et à terre. Le classement régional par gravité s’appuie sur la part de noyades suivies de décès, et non sur un taux par habitant : Santé publique France rappelle que les effectifs par région sont parfois faibles et que les données d’outre-mer peuvent être sous-estimées.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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