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Un studio quelque part en France, des écrans qui clignotent tard le soir, un film qui naît image par image pour un public qu’il ne croisera jamais. Voilà le paradoxe que pose l’étude annuelle du CNC, présentée le 24 juin à Annecy : sur la décennie 2016-2025, plus des deux tiers des entrées des films d’animation français en première exclusivité, soit 68,4 %, se sont enregistrées hors du territoire national. Autrement dit, le public qui fait vivre nos dessins animés est d’abord ailleurs. C’est une fierté nationale, et c’est aussi une dépendance.
En bref
- Sur 2016-2025, 68,4 % des entrées des films d’animation français se font hors de France ; en 2025, l’export a totalisé 13,2 millions d’entrées contre 2,9 millions dans les salles françaises.
- 16 longs métrages d’initiative française agréés en 2025, deuxième plus haut niveau jamais atteint, après le record de 2023 (18 films).
- Les effectifs des studios reculent de 8,1 % en deux ans, et de 28 % chez les moins de 30 ans.
- Les femmes représentent désormais 44,3 % des salariés, un niveau record pour la filière.
L’étranger, premier public de nos dessins animés
L’export est redevenu en 2025 le premier segment exporté du cinéma français. Les films d’animation hexagonaux y ont totalisé 13,2 millions d’entrées hors de France, leur deuxième meilleur résultat de la décennie, en hausse de 95,4 % sur un an. Pendant ce temps, dans les salles françaises, les 16 sorties inédites n’ont réuni que 2,9 millions de spectateurs.
Le rapport saute aux yeux : pour un billet vendu en France, plus de quatre le sont à l’étranger. Cette poussée s’appuie sur quelques locomotives, Flow, Falcon Express et Une nuit au zoo, qui ont porté la filière bien au-delà de nos frontières.

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Ce déséquilibre n’est pas un accident de parcours. Sur dix ans, il s’installe comme la règle, et il dit quelque chose de notre modèle : on sait fabriquer des univers qui voyagent, mais le marché domestique ne suffit pas à les rentabiliser.

Une production record, portée par les coproductions
Côté création, la vitalité est réelle. En 2025, 16 longs métrages cinéma d’initiative française ont été agréés, le deuxième plus haut niveau jamais observé après le record de 2023. Depuis 2019, le seuil des dix productions annuelles est franchi chaque année, signe d’une filière qui ne s’essouffle pas sur le papier.
Cette abondance a un secret de fabrication : la coproduction. Depuis 2006, près de 70 % des films d’animation français sont montés avec des partenaires étrangers, dont la moitié avec la Belgique. Les budgets, eux, vont du simple au démesuré, des 800 000 euros du Vertige de Quentin Dupieux aux 20,7 millions du film Wings of Freedom. C’est aussi une pépinière de talents : sur vingt ans, près d’un film d’animation sur deux est un premier long métrage.
Derrière le rayonnement, une filière qui se contracte
Le revers tient en un chiffre que l’étude du CNC place côté audiovisuel et emploi. Après deux années record, les effectifs des entreprises d’animation reculent de 8,1 % entre 2023 et 2025, pour s’établir à 9 149 salariés. Le niveau reste supérieur à celui de 2018, mais la tendance s’inverse, et elle frappe d’abord les plus jeunes.
Les moins de 30 ans sont les premiers touchés, avec une chute de 28 % de leurs effectifs en deux ans. En cause, la baisse des investissements de la quasi-totalité des diffuseurs, qui assèche l’animation pour la télévision et les plateformes. Quand le robinet se ferme en amont, ce sont les nouveaux venus qui trinquent. Une note plus claire malgré tout : la part des femmes grimpe à 44,3 % des salariés, un record qui confirme la féminisation de la filière, comme le détaille l’étude du CNC.

Le tableau ci-dessous résume cette tension entre une production qui tient et des emplois qui s’effritent.
| Indicateur 2025 | Valeur | Évolution |
|---|---|---|
| Longs métrages d’initiative française agréés | 16 films | 2e plus haut niveau (record 2023 : 18) |
| Effectifs des entreprises d’animation | 9 149 salariés | -8,1 % en deux ans |
| Effectifs des moins de 30 ans | en baisse | -28 % en deux ans |
| Part des femmes parmi les salariés | 44,3 % | record |
Il y a là deux histoires qui se regardent en chiens de faïence. Celle d’un savoir-faire qui s’exporte mieux que jamais, et celle d’ateliers où l’on embauche moins de jeunes. La prochaine génération de films primés à Annecy se dessine sans doute déjà, ailleurs que sur nos écrans, et peut-être avec moins de mains pour la tenir.
Questions courantes
Quelle part des entrées de l’animation française se fait à l’étranger ?
Sur la décennie 2016-2025, 68,4 % des entrées des films d’animation français en première exclusivité ont été enregistrées hors de France, selon l’étude annuelle du CNC.
Combien de films d’animation français ont été produits en 2025 ?
16 longs métrages cinéma d’initiative française ont été agréés, le deuxième plus haut niveau jamais observé après le record de 18 films en 2023.
L’emploi se porte-t-il bien dans l’animation ?
Non. Les effectifs des entreprises d’animation ont reculé de 8,1 % entre 2023 et 2025, et de 28 % chez les moins de 30 ans, sous l’effet de la baisse des investissements des diffuseurs.
Pourquoi l’export est-il si important pour le secteur ?
Le marché français seul ne suffit pas à rentabiliser les films : en 2025, l’export a totalisé 13,2 millions d’entrées contre 2,9 millions dans les salles françaises, faisant de l’international le vrai moteur économique.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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