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Une porte d’immeuble dans le quartier de Yongsan, à Séoul, et une sonnette qui retentit treize fois en une vingtaine de minutes. Entre le 7 et le 28 décembre dernier, une ressortissante brésilienne s’est présentée vingt-deux fois au domicile de Jungkook, chanteur de BTS, déposant photos et papiers devant chez lui. Le 22 juin, le tribunal du district ouest de Séoul a rendu son verdict : un an de prison avec sursis pendant deux ans, et une expulsion à venir. Une décision qui partage l’immense communauté des fans et rouvre une question que la K-pop mondialisée traîne depuis des années : où s’arrête l’attachement, où commence le harcèlement.
En bref
- Le tribunal a retenu 22 visites en un mois au domicile de l’artiste, dont une intrusion en suivant un livreur (Star News Korea).
- Peine prononcée le 8 mai, rendue publique le 22 juin : 1 an avec sursis sur 2 ans, pour infraction à la loi anti-harcèlement et intrusion.
- Une mesure d’urgence interdisait toute approche à moins de 100 mètres ; elle a été violée début janvier.
- L’expulsion programmée de l’intéressée a pesé comme circonstance atténuante.
Les faits, eux, sont précis et documentés par la presse coréenne. Selon le Seoul Economic Daily, la jeune femme, identifiée seulement par l’initiale A comme le veut l’usage des tribunaux du pays, rôdait autour de la résidence et l’observait. Le premier jour, elle a actionné la sonnette treize fois d’affilée. Le 13 décembre, elle s’est glissée à l’intérieur de l’enceinte en profitant du passage d’un livreur. Interpellée en flagrant délit, elle a reçu de la police une interdiction d’approcher l’artiste ou son logement à moins de cent mètres.

L’avertissement n’a pas suffi. Le 4 janvier, elle est revenue déposer des images et des documents imprimés près de l’entrée, bravant l’ordre d’éloignement. C’est cette obstination, malgré l’arrestation et la mise en garde, que le juge Park Ji-won a soulignée à l’audience. La victime, a-t-il noté, réclamait une sanction sévère.
Pourquoi le sursis, et pourquoi il fâche
Le tribunal a pourtant retenu plusieurs éléments de clémence. Aucune intention de nuire physiquement n’a été établie : pour les juges, la jeune femme cherchait avant tout à transmettre ses sentiments à l’artiste. La violation de la mesure d’urgence a été jugée d’une gravité relative, et elle n’avait pas pénétré dans l’espace de vie intérieur du logement. Dernier facteur, et non des moindres : étrangère, elle sera expulsée une fois la peine définitive, ce qui réduit selon le tribunal le risque de récidive.
Sur les forums, ce raisonnement passe mal. Pour une partie des fans, transformer une expulsion en circonstance atténuante revient à offrir une sortie commode plutôt qu’une vraie réponse. D’autres rappellent que le sursis reste une condamnation pénale inscrite au casier, et qu’un retour au pays sous interdiction d’approche n’a rien d’anodin. Le débat interroge au fond ce qu’une société attend d’un tribunal face à un geste né de l’adoration plus que de la haine.

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Ce verdict n’arrive pas dans le vide. La Corée du Sud s’est dotée d’une loi spécifique, le Stalking Punishment Act, entrée en vigueur en octobre 2021, qui punit le harcèlement de poursuite de trois ans de prison au maximum. Depuis, les signalements explosent : de 7 626 cas en 2022, ils sont passés à 13 269 en 2024, selon le Korea Herald. Une hausse qui dit moins une flambée des comportements qu’une parole longtemps retenue, désormais libérée par un cadre légal.
Le lien parasocial, miroir mondial
Le terme a quitté les revues de psychologie pour entrer dans le vocabulaire des fandoms. Le lien parasocial, c’est cet attachement à sens unique qu’un public développe envers une figure publique qui ne le connaît pas. La K-pop l’a porté à une intensité rare, par ses contenus quotidiens, ses lives, cette proximité savamment entretenue. La quasi-totalité du temps, il nourrit une communauté solidaire et créative. Parfois, chez quelques individus, il déraille et confond l’intimité fantasmée avec un droit d’accès.
La France n’est pas étrangère à ce mouvement. Les ARMY, le fandom de BTS, y comptent parmi les plus actifs d’Europe, et la culture K-pop irrigue désormais festivals et salles de concert de l’Hexagone, comme le montre la vitalité de l’K-pop en France. Le débat français sur le cyberharcèlement et le droit à la tranquillité des personnalités résonne directement avec l’affaire de Séoul. Reste que la majorité silencieuse des fans, ici comme ailleurs, vit cet attachement sans jamais franchir la porte de personne.

Ce que ce procès laisse, au-delà du chiffre des visites, c’est une frontière dessinée noir sur blanc par une juge. Un fan peut tout aimer d’un artiste, sauf sa porte et son silence. La sonnette qui retentit treize fois n’est plus un hommage : c’est, légalement, une effraction de la tranquillité d’un autre.
Questions courantes
Pourquoi la harceleuse n’est-elle pas nommée ?
Les tribunaux coréens et la presse du pays désignent les prévenus par une initiale pour protéger leur identité. Aucun média primaire n’a divulgué son nom complet.
Le sursis signifie-t-il qu’elle est libre ?
Oui, elle n’ira pas en prison tant qu’elle ne récidive pas dans les deux ans, mais la condamnation reste inscrite. Elle est par ailleurs promise à l’expulsion une fois la peine définitive.
Qu’est-ce que la loi anti-harcèlement coréenne ?
Le Stalking Punishment Act, en vigueur depuis octobre 2021, punit les actes répétés causant peur ou angoisse, même sans violence, de trois ans de prison au maximum ou d’une amende.
Qu’est-ce que le lien parasocial ?
C’est un attachement à sens unique d’un public envers une personnalité qui ne le connaît pas. Très répandu et inoffensif, il peut, dans de rares cas, basculer vers le harcèlement.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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