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Sommaire
Décryptage
90 villes américaines ont rompu leur contrat avec Flock Safety au cours du seul mois d’août, selon le décompte d’une organisation anti-surveillance repris par TechCrunch. Le 19 septembre, la société qui équipe les rues des États-Unis en lecteurs automatiques de plaques a ouvert un plan de départs volontaires à ses quelque 1 500 salariés. Sans ces départs, prévient l’annonce interne révélée par Wired, l’entreprise devrait « almost certainly » réduire ses effectifs.
En bref
- Flock Safety propose un départ volontaire à ses quelque 1 500 salariés, selon une annonce interne révélée par Wired le 19 septembre 2026.
- 90 villes ont résilié en août d’après le décompte cité par TechCrunch ; la reprise de Slashdot parle de 93 gouvernements locaux, villes et comtés confondus.
- Le Washington Post a documenté en août 46 cas de policiers accusés d’avoir interrogé le réseau de caméras hors procédure.
- L’entreprise a annoncé le 13 août un numéro de dossier obligatoire par recherche et une conservation par défaut ramenée à 7 jours.
- En France, la lecture automatisée des plaques reste réservée aux douanes, à la police nationale et à la gendarmerie.
Un plan de départs, et un PDG qui parle de moral
Concrètement, l’entreprise ne licencie pas : elle propose de partir. L’annonce interne décrit les indemnités comme les plus généreuses jamais offertes par la société (« most generous »). La direction s’attend à un nombre important de candidats parmi les 1 500 salariés et dit qu’elle accordera le départ à une majorité d’entre eux, rapporte TechCrunch.
Interrogé sur le rejet que suscite son produit, le PDG Garrett Langley a situé le « biggest damage » ailleurs que dans les ventes : dans le moral interne. C’est le point de vue de l’entreprise, et il dit quelque chose de l’ambiance. Il n’explique pas à lui seul pourquoi le carnet de commandes s’allège.
Le décompte diverge selon qui compte. L’organisation anti-surveillance citée par TechCrunch s’en tient à 90 villes pour le seul mois d’août, soit quatre fois plus que le mois précédent. La reprise de l’enquête de Wired par Slashdot parle, elle, de 93 gouvernements locaux, villes et comtés confondus. Sur l’ensemble de 2026, toujours d’après Wired, environ trois fois plus de collectivités ont quitté le service que pendant les cinq années précédentes.
Ce qui s’est cassé en août
En août, le Washington Post a publié une enquête sur l’usage détourné de ce réseau par des policiers. Le quotidien y recense 46 cas de fonctionnaires accusés d’avoir interrogé les caméras hors procédure, souvent pour suivre des femmes : compagnes, ex-compagnes, connaissances. Dans un cas relevé par le journal, un chef de police a consulté la plaque de son ancienne compagne plus de 500 fois.
L’entreprise a répondu le 13 août par une série de réglages, détaillés par Poynter. Chaque recherche dans la base devra être rattachée à un numéro de dossier pénal à compter du 1er janvier. Les activités anormales, comme la consultation répétée d’une même plaque, déclenchent une alerte automatique. La durée de conservation par défaut passe à 7 jours, avec possibilité de la porter à un an si les élus locaux l’approuvent.
Un service peut aussi restreindre ce que les autres font de ses données : autoriser les recherches pour crimes violents, les refuser pour l’application des lois migratoires. Le partage n’a rien de théorique. Selon Wired, relayé par Slashdot, les données de la seule ville de Syracuse ont fait l’objet d’environ 4,4 millions de recherches par des policiers de tout le pays en un an.

Pourquoi ce réseau n’existerait pas en France
Le contraste tient en une page de la CNIL. « Seules les douanes, la police nationale et la gendarmerie nationales peuvent installer des dispositifs LAPI à des fins de prévention et de répression de certaines infractions », écrit l’autorité. LAPI, pour lecture automatisée de plaques d’immatriculation : le même objet technique que les caméras américaines, sous un tout autre régime.
La ligne la plus nette concerne les polices municipales. Elles « ne sont pas autorisées à mettre en œuvre un dispositif LAPI destiné à collecter en temps réel, dans une base de données, l’intégralité des plaques des véhicules filmés ». C’est exactement le modèle qui s’est répandu outre-Atlantique : une police locale, un réseau de caméras, une base interrogeable en quelques secondes.
Les finalités sont bornées elles aussi : criminalité organisée, vols de véhicules, sécurité des zones frontalières, portuaires et aéroportuaires, contrôle du stationnement payant et des voies réservées. Pour le stationnement, « les données sont supprimées dès qu’il est constaté que le véhicule est en règle ». À défaut, « elles peuvent être conservées 8 jours ouvrés au maximum à compter de leur collecte ».
Sept jours contre huit jours ouvrés : l’écart n’est pas là
Mis côte à côte, les deux régimes se ressemblent sur un point et divergent sur tout le reste.
| Critère | France (cadre CNIL) | États-Unis (réseau Flock) |
|---|---|---|
| Qui peut installer le dispositif | Douanes, police nationale, gendarmerie nationale | Polices locales clientes, avec partage possible entre services |
| Police municipale | Collecte en temps réel de l’intégralité des plaques filmées interdite | Déploiements locaux courants (environ 13 000 caméras au Texas en août 2026) |
| Véhicule sans suite à donner | Suppression dès le constat, 8 jours ouvrés au maximum à défaut | 7 jours par défaut depuis le 13 août 2026 |
| Plafond de conservation | 8 jours ouvrés, fixés par les textes | Un an, sur décision des élus locaux |
| Motif exigé pour une recherche | Finalités limitées par les textes | Numéro de dossier pénal à compter du 1er janvier |
En France, trois services seulement peuvent installer un lecteur de plaques, et les données d’un véhicule en règle sont effacées aussitôt ; Flock a ramené sa conservation par défaut à 7 jours le 13 août 2026.
Le rapprochement est instructif : 7 jours et 8 jours ouvrés, c’est le même ordre de grandeur. Le verrou français ne se joue donc pas sur la durée de vie des images. Il se joue sur l’identité du collecteur, puis sur le plafond. Le défaut n’est pas le plafond.
Côté américain, ce plafond se déplace : un an, si une collectivité l’approuve, soit cinquante-deux fois la valeur par défaut. Un an de passages enregistrés dessine la carte de vos trajets, du parking de l’école au cabinet médical.

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Ce qui peut encore tomber
La Floride et le Texas ont annoncé qu’ils cesseraient d’utiliser la technologie, rapporte TechCrunch. Le Texas comptait environ 13 000 caméras Flock en août, d’après Wired relayé par Slashdot. Le réseau ne se démonte pas d’un coup : il se défait contrat par contrat.

AAP recensait 80 000 caméras Flock installées aux États-Unis le 7 août 2026, quand huit d’entre elles ont été sciées à Winona, dans le Minnesota. Six semaines plus tard, ce sont les délibérations municipales qui font baisser le compteur, pas les scies.
Le calendrier, lui, est fixé. Au 1er janvier, chaque recherche devra porter un numéro de dossier pénal. D’ici là, il reste trois mois et beaucoup de caméras allumées.
Questions courantes
Combien de temps une lecture de plaque est-elle conservée en cas d’infraction en France ?
Trois ans au maximum. La CNIL précise que les photographies du véhicule, les données relatives à l’infraction et le numéro d’identification de la détection peuvent être conservés à ce titre, comme preuve pour les besoins de la procédure.
Quels textes encadrent la lecture automatisée de plaques en France ?
Le code de la sécurité intérieure, dans ses articles L. 233-1 et L. 233-1-1, et le code de la route à l’article L. 130-9-1. Le contrôle des voies réservées repose en plus sur l’arrêté du 19 avril 2024, qui organise le dispositif ACVR.
Ces caméras peuvent-elles reconnaître les personnes assises dans la voiture ?
Pas en France. La CNIL pose que ces dispositifs ne doivent pas permettre d’identifier directement ou indirectement les personnes à bord.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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