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Anthony Sistilli a entendu sonner chez lui le 20 septembre 2026, dans l’Ontario. Deux agents de la police régionale de Peel venaient l’interroger sur la caméra qu’il avait braquée sur leurs voitures de patrouille. Il s’agissait d’une caméra lectrice de plaques « façon Flock », bricolée pour surveiller ceux qui surveillent. Le youtubeur canadien raconte la visite dans une vidéo reprise le 9 octobre par Gizmodo. Son projet tenait en une formule : « Flocker les Flockers ».
D’après Straight Arrow News, le youtubeur a acheté une caméra « relativement bon marché » sur Amazon, puis l’a reliée à un ordinateur portable et au GPS de son téléphone. Il dit avoir écrit le logiciel de reconnaissance en une vingtaine de minutes, avec l’aide d’une intelligence artificielle. Posté une heure devant un poste de police de Brampton, il a capté deux des cinq véhicules de police passés devant l’objectif.
Que lui ont dit les policiers ?
La visite a duré une trentaine de minutes, selon Straight Arrow News. Elle est arrivée seize jours après sa première vidéo sur le projet, publiée le 4 septembre. Les agents voulaient connaître ses « intentions » pour les données récoltées. Ils lui ont aussi demandé s’il comptait cartographier les déplacements des patrouilles. L’un d’eux, rapporte le youtubeur, a insisté sur le risque : des gens pourraient savoir où ils habitent et quand ils prennent leur service.
Anthony Sistilli, suivi par 140 000 abonnés sur YouTube, assure n’avoir « jamais eu l’intention de créer un réseau géant qui cartographie chaque policier ». Aucune poursuite n’est évoquée, et la police de Peel n’avait pas répondu à Gizmodo au moment de sa publication.
Brampton, sa ville, a équipé 50 carrefours de caméras à 360 degrés qui lisent les plaques. La municipalité affirme que ce réseau a aidé la police de Peel dans plus de 200 enquêtes (communiqué du 1er juin 2026). Les caméras des 50 carrefours enregistrent tous les automobilistes, policiers compris. Anthony Sistilli a seulement retourné l’objectif.
Pourquoi Flock cristallise-t-il autant de méfiance ?
Flock Safety, entreprise d’Atlanta, exploite plus de 120 000 lecteurs de plaques dans 49 États américains, selon Straight Arrow News. Au moins 153 villes ont refusé ses caméras ou rompu leur contrat. Certaines ont organisé leur départ de Flock, d’autres ont vu des habitants scier les caméras. Gizmodo rappelle les abus documentés : un ancien policier accusé de traquer une ex-compagne, des immigrés pistés, des recherches sur de parfaits inconnus.
Les États-Unis comptent un lecteur Flock pour environ 2 850 habitants, soit à peu près 24 000 lecteurs à l’échelle de la France (octobre 2026). Ce calcul part des 341,8 millions d’Américains recensés au 1er juillet 2025 (Census Bureau) et des 69,1 millions de Français au 1er janvier 2026 (Insee). La durée de conservation joue aussi : Flock règle par défaut l’effacement des lectures à 7 jours, chaque client restant libre de choisir sa durée (billet de l’entreprise).
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| Repère | Valeur |
|---|---|
| Lecteurs Flock aux États-Unis | Plus de 120 000, dans 49 États |
| Densité américaine | Un lecteur pour environ 2 850 habitants |
| Même maillage appliqué à la France | Environ 24 000 lecteurs |
| Conservation par défaut chez Flock | 7 jours |
| Conservation LAPI en France (sans correspondance) | 15 jours ; un an dans le texte du Sénat |
Et chez nous ?
En France, un particulier peut-il lire des plaques ?
Non. La CNIL est nette : un particulier ne peut filmer que l’intérieur de sa propriété (maison, jardin, allée privée). Il n’a pas le droit de filmer la voie publique, pas même pour garder un œil sur sa voiture garée devant chez lui. Une caméra tournée vers la rue et couplée à un logiciel de lecture de plaques cumule donc deux problèmes. Elle filme la rue, et elle fait un traitement que la loi réserve à l’État.
La lecture automatisée des plaques, ou LAPI, relève de l’article L233-1 du Code de la sécurité intérieure. Elle est réservée à la police nationale, à la gendarmerie et aux douanes. Les polices municipales n’ont pas accès aux données, rappelait Maire-info le 18 décembre 2025. Les lectures sans correspondance étaient alors conservées 15 jours. Le texte adopté par le Sénat le 17 décembre 2025 porte cette durée à un an. Il ajoute aussi des infractions à la liste, dont l’escroquerie et l’enlèvement d’enfant.
Et filmer la police, c’est permis ?
Aucun texte n’interdit de filmer un agent en intervention sur la voie publique. La loi « sécurité globale » avait voulu punir la provocation à l’identification des policiers. Le Conseil constitutionnel a censuré cet article le 20 mai 2021, faute d’une définition assez précise de l’infraction. Ce qui est puni, c’est de diffuser des informations permettant d’identifier ou de localiser quelqu’un pour l’exposer à un danger. L’article 223-1-1 du Code pénal prévoit trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. La peine passe à cinq ans et 75 000 euros quand la personne visée est dépositaire de l’autorité publique.
Une carte des patrouilles publiée pour exposer des agents tomberait sous ce texte. En France, la caméra d’Anthony Sistilli serait arrêtée plus tôt : elle filme la rue depuis le trottoir.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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