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Un clic. C’est tout ce que demande le bouton rouge posé en bas à droite de chaque page du site de la police de Vancouver. Le guide officiel français censé rendre un service voisin en demande quatre à sept, selon votre navigateur : nous les avons comptés un par un. Reste un malentendu à lever tout de suite, parce qu’il vise des gens sans droit à l’erreur : ce bouton n’efface pas votre historique.
Ce que le bouton fait, et ce qu’il ne fait pas
Sur le site du Vancouver Police Department, le libellé s’affiche en clair : « Need to leave site for your safety? Quick Escape ». Besoin de quitter le site pour votre sécurité ? Le bouton reste collé en bas à droite, il ne bouge pas quand la page défile, et il apparaît aussi bien sur téléphone que sur ordinateur.
Le sergent Steve Addison, porte-parole du VPD, en donne la raison au média local Vancouver Is Awesome : le bouton « existe surtout pour donner aux victimes de crimes, ou à d’autres personnes qui veulent consulter discrètement notre site, la possibilité de cliquer ailleurs très vite ». Ce n’est pas un gadget d’ergonomie, c’est un objet pensé pour quelqu’un qui dispose de quelques secondes.

Le même article ajoute une affirmation plus lourde : le site du VPD n’apparaîtrait pas dans l’historique du navigateur quand le bouton est utilisé. Cette phrase peut fonder une confiance mal placée. Elle mérite vérification.
Le mécanisme tient en une instruction
Un bouton de ce genre ne ferme rien et n’efface rien. Il remplace l’adresse en cours par une autre. La documentation de référence pour les développeurs, le MDN de Mozilla, décrit précisément l’effet de cette instruction : la page quittée n’est pas conservée dans l’historique de session, si bien que le bouton « retour » ne permet plus d’y revenir.
Toute la nuance tient dans deux mots proches. L’historique de session, c’est la pile de pages de l’onglet ouvert, celle que le bouton « retour » remonte. L’historique de navigation, c’est le registre que le navigateur tient à part, consultable des jours plus tard. La technique vide l’un, pas l’autre.
Non, l’historique de navigation n’est pas effacé
Ce n’est pas notre interprétation, c’est la consigne de l’autorité qui a normalisé ce bouton. Le gouvernement britannique publie le motif de conception « Exit a page quickly », bâti avec un organisme spécialisé dans l’accompagnement des victimes de violences conjugales et le ministère de la Justice britannique.
Ce référentiel impose aux services qui installent le bouton d’afficher une page d’explication avant usage. Elle doit dire à l’utilisateur, noir sur blanc, que son historique de navigation ne sera pas effacé, et que cela peut continuer à le mettre en danger. Le même document prévient que le procédé n’élimine pas tous les risques : un agresseur peut surveiller par d’autres moyens, un logiciel espion par exemple.
Autrement dit, le bouton achète des secondes. Il ne réécrit pas le passé. C’est utile, et c’est différent.
La météo, Google : où mène vraiment le bouton
L’information qui circule mérite aussi d’être recalée. Vancouver Is Awesome situe l’atterrissage sur la page météo d’Environnement Canada. Le 15 juillet 2026, le bouton de vpd.ca renvoie vers google.ca. La page météo, elle, est bien la destination du « Safe Exit » du service de police d’Ottawa. À Londres, le « Leave this site » de la Metropolitan Police mène vers Google.
Les homologues restent rares. Selon le relevé de Vancouver Is Awesome, Ottawa, la police régionale de Peel et la Metropolitan Police disposent d’un dispositif comparable. Ni Toronto, ni Montréal, ni Calgary, ni Edmonton, ni Victoria, ni la police fédérale canadienne. Aux États-Unis, ni Seattle, ni New York, ni Chicago, ni le FBI.
En France, un guide plutôt qu’un bouton
Côté français, le réflexe existe, mais il prend une autre forme. Le site officiel arretonslesviolences.gouv.fr affiche en permanence, dans son bandeau du haut, un lien « Savoir effacer mes traces ». Il ouvre une page qui détaille la marche à suivre, navigateur par navigateur. Pas de bouton d’échappement, en revanche : le site n’en propose pas.
Nous avons compté les étapes de ce guide officiel, ligne par ligne. Il décrit d’ailleurs encore Internet Explorer, que Microsoft a retiré du service, et ne dit rien d’Edge.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
Combien d’etapes pour effacer, navigateur par navigateur
| Dispositif | Nombre d’etapes |
|---|---|
| Firefox (guide francais) | 7 etapes |
| Chrome (guide francais) | 6 etapes |
| Internet Explorer (guide francais) | 6 etapes |
| Safari (guide francais) | 4 etapes |
| Bouton Quick Escape (police de Vancouver) | 1 clic |
Tableau Actu Alt Plus. Etapes comptees par nos soins dans le guide arretonslesviolences.gouv.fr, face au bouton de vpd.ca.
L’écart n’est pas une critique du guide, qui fait précisément ce que le bouton ne fait pas : il efface pour de bon. C’est un écart de nature. Le bouton sert à celui qu’on regarde par-dessus l’épaule ; le guide, à celui qui a cinq minutes devant lui, seul. Aucun des deux ne remplace l’autre.
Ce guide est public, gratuit, accessible en un lien depuis la page d’accueil. Mais presque personne ne sait qu’il existe avant d’en avoir besoin. Comme pour les réflexes de la CNIL, l’outil ne vaut que par le moment où l’on y pense.

Reste ce que le design dit de nous. Un bouton rouge collé en bas de l’écran, c’est l’aveu qu’une simple consultation peut coûter cher, et que l’institution le sait. Un lien vers un guide dit la même chose à voix basse, et laisse le travail à celui qui a peur. Entre les deux, il n’y a pas une prouesse technique : il y a une décision, et elle tient en une ligne de code.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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