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1 260 régions du génome sont désormais associées aux cinq grands traits de la personnalité humaine. La méta-analyse qui les recense a été publiée dans Nature le 2 septembre 2026 par un consortium conduit par Ted Schwaba, de l’université d’État du Michigan, qui a réuni 46 cohortes et jusqu’à 1,14 million de participants. Sauf que l’ensemble de ces marqueurs, dont 824 étaient inconnus, n’explique que 4,8 à 9,3 % de la variation de chaque trait dans la population.
La solidité de ces associations est le vrai résultat. Elles tiennent d’un pays à l’autre, d’une tranche d’âge à l’autre, selon que la personne se décrit elle-même ou qu’un proche la décrit, et quel que soit le questionnaire employé. Une seconde analyse, portant sur jusqu’à 50 725 participants comparés à l’intérieur de leur propre famille, indique que ces liens ne sont quasiment pas contaminés par l’environnement familial partagé, contrairement à ce que l’on observe sur beaucoup d’autres traits sociaux et comportementaux. Les cinq traits en question sont ceux des Big Five : extraversion, agréabilité, conscienciosité, névrosisme et ouverture à l’expérience.
Jumeaux contre variants communs : deux chiffres, deux questions
Depuis des décennies, un autre compte circule : les études de jumeaux attribuent 40 à 60 % des différences de personnalité à la génétique, rappelle PsyPost. Les deux comptes sont exacts, parce qu’ils ne mesurent pas la même chose. Les études de jumeaux comparent la ressemblance des jumeaux identiques à celle des faux jumeaux, et capturent ainsi tous les effets génétiques, variations rares et interactions comprises. Une étude d’association pangénomique additionne la seule part portée par les variations fréquentes de l’ADN, celles qu’une puce sait lire. En corrigeant l’imprécision des questionnaires de personnalité, cette part monte à 9,3-13,3 % selon le trait, sans rejoindre le premier compte.
Rapporté borne à borne, ce que lisent les variants communs représente 12 à 16 % de ce que les études de jumeaux attribuent aux gènes. Le reste n’a pas disparu : il se loge dans des variations trop rares pour ressortir à cette échelle, dans les interactions entre elles, et dans tout ce que des jumeaux partagent au-delà de leur ADN.
| Méthode | Ce qu’elle mesure | Part de la variation |
|---|---|---|
| Études de jumeaux | Tous les effets génétiques, variations rares et interactions comprises | 40 à 60 % |
| Variants communs, étude d’association pangénomique | La part portée par les seules variations fréquentes de l’ADN | 4,8 à 9,3 % selon le trait |
| Variants communs, corrigés de la fiabilité des questionnaires | La même part, une fois retiré le bruit de mesure | 9,3 à 13,3 % |
| Score génétique appliqué à une personne | La prédiction du caractère d’un individu | Aucune |
Le génome se laisse lire plus franchement sur d’autres questions : chez certaines chauves-souris, il livre un mécanisme de longévité identifiable. La personnalité, elle, se disperse en contributions minuscules dont aucune ne pèse lourd.
Les 1 260 régions du génome associées à la personnalité dans Nature le 2 septembre 2026 expliquent 4,8 à 9,3 % de la variation de chaque trait et ne prédisent aucun caractère individuel ; en France, acheter un test ADN récréatif reste puni de 3 750 euros d’amende.
Ce que cela dit des tests ADN vendus en ligne
« Le grand public pense souvent qu’une influence génétique signifie que quelque chose est gravé dans le marbre, et ce n’est certainement pas ce qu’il faut retenir de cette étude, ni des autres études génétiques », déclare Jasmin Wertz, de l’université d’Édimbourg, à PsyPost. Les scores génétiques construits ici décrivent des moyennes de population : ils ne prédisent ni la personnalité ni le comportement futur d’une personne donnée.

En France, la question se pose de toute façon dans d’autres termes. Les tests génétiques récréatifs y sont interdits, même avec le consentement de l’intéressé : l’article 226-28-1 du code pénal punit de 3 750 euros d’amende le fait de solliciter l’examen de ses caractéristiques génétiques hors des conditions prévues par la loi. La CNIL le rappelait le 6 mars 2024 : acheter un test sur internet depuis la France tombe sous ce coup, et proposer ces tests expose à 15 000 euros d’amende et un an de prison.
Ce que l’étude ouvre est ailleurs. Corrélations génétiques et randomisation mendélienne relient les traits de personnalité à un large éventail de comportements et de trajectoires de vie : santé physique, troubles psychiques, mais aussi participation à la recherche et mobilité résidentielle. Le détail de ces corrélats occupe l’essentiel du manuscrit en accès libre déposé par les auteurs.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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