Un lycéen dans un couloir d'établissement, sac sur l'épaule, téléphone tenu le long du corps

Téléphone au lycée à la rentrée 2026 : ce que la circulaire décide, et ce qu’elle laisse à votre établissement

Le ministère écrit sur Éduscol que l'interdiction « est étendue » aux lycées à la rentrée 2026. Sa propre circulaire du 2 juillet la fait dépendre d'une loi qui n'est pas votée. Les réponses aux questions que se posent les familles.

Sommaire
  1. Le téléphone sera-t-il vraiment interdit au lycée à la rentrée 2026 ?
  2. Que décide exactement la circulaire du 2 juillet ?
  3. Ce sera pareil dans tous les lycées ?
  4. Mon enfant devra-t-il déposer son téléphone à l'entrée ?
  5. Quelles dérogations sont prévues ?
  6. Et au collège, qu'est-ce qui s'applique déjà ?

Questions-réponses

On connaît la scène : le groupe de parents qui s’agite fin juin, la phrase « il paraît que c’est interdit au lycée maintenant », et personne pour dire à partir de quand. Le texte existe pourtant. Il est daté du 2 juillet 2026, signé du ministre, publié au Bulletin officiel. Et il ne suffit pas, à lui seul, à interdire quoi que ce soit : sur les trois niveaux en jeu, un seul est réglé par la loi aujourd’hui, et ce n’est pas le lycée.

Le téléphone sera-t-il vraiment interdit au lycée à la rentrée 2026 ?

À ce jour, ce n’est pas acquis. La page Éduscol du ministère écrit que l’interdiction « est étendue aux lycées à la rentrée 2026 », au présent, sans réserve. Mais la circulaire à laquelle cette page renvoie dit autre chose.

Elle précise que le principe d’interdiction « a vocation à figurer dans la loi actuellement en cours de discussion », dont l’adoption définitive est seulement « susceptible d’intervenir d’ici la rentrée ». Deux pages du même ministère, deux niveaux de certitude.

Que décide exactement la circulaire du 2 juillet ?

Elle ne décide pas, elle prépare. La circulaire du 2 juillet 2026, publiée au Bulletin officiel n° 27, vise à « faciliter la mise en œuvre » de l’interdiction dès la rentrée scolaire 2026, dans la perspective de l’adoption de la loi.

Concrètement, elle invite les lycées à s’y préparer et leur dit comment. C’est un mode d’emploi anticipé, accompagné d’un vadémécum publié sur Éduscol, pas une règle qui s’applique d’elle-même le 1er septembre.

Salle de réunion de lycée vide avec une longue table et un tableau blanc nu
Sans loi votée, la règle passera par le règlement intérieur, donc par le conseil d’administration de chaque lycée.

La raison invoquée n’est pas mince. Selon l’étude 2025 de l’institut Ipsos pour le Centre national du livre, citée par le ministère, les 15-19 ans passent en moyenne 5 h 19 par jour devant un écran.

Ce sera pareil dans tous les lycées ?

Non, et c’est le point que les familles doivent retenir. La circulaire prévoit noir sur blanc un plan B : si la loi n’est pas adoptée avant la rentrée, le principe d’interdiction devra figurer « dans le règlement intérieur de l’établissement ».

Or un règlement intérieur ne se modifie pas d’un trait de plume. Il faut un dialogue avec la communauté éducative, une consultation obligatoire du conseil des délégués pour la vie lycéenne, puis un vote du conseil d’administration, dont la délibération est transmise à l’autorité académique pour contrôle de légalité.

Autrement dit, sans loi votée, la règle du lycée de votre enfant dépendra du calendrier de son conseil d’administration. Deux établissements voisins pourront ne pas en être au même point le jour de la rentrée.

Mon enfant devra-t-il déposer son téléphone à l’entrée ?

La circulaire ne l’exige pas. Elle porte sur l’interdiction de « l’utilisation » du téléphone portable et des autres objets connectés, pas sur leur dépôt ni leur confiscation à l’entrée de l’établissement.

Le rangement relève d’un autre dispositif. Éduscol range la « généralisation du dispositif Portable en pause » parmi les mesures du numérique raisonné, aux côtés de la suspension des notifications des espaces numériques de travail le soir, de 20 h à 7 h, et du vendredi 20 h au lundi 7 h. Les modalités concrètes, elles, restent à la main de chaque lycée.

Quelles dérogations sont prévues ?

Des dérogations « limitatives », dit le texte, et l’établissement les fixe lui-même dans le cadre de son autonomie. La circulaire cite les usages pédagogiques, ainsi que les nécessités administratives ou d’organisation liées au centre de documentation et d’information, au service de restauration et à l’hébergement, donc à l’internat.

Coin lecture désert d'un centre de documentation de lycée, tables en bois et rayonnages
Le centre de documentation, la restauration et l’internat font partie des dérogations que la circulaire cite nommément.

Un cas particulier est explicitement prévu : les étudiants qui suivent leur formation dans un lycée, en BTS ou en classe préparatoire, peuvent relever d’un régime spécifique, pour tenir compte de leur différence de situation avec les lycéens. Sur les élèves qui utilisent leur téléphone comme aide au handicap, la circulaire du 2 juillet reste muette : c’est le code de l’éducation qui réserve, à l’école et au collège, une exception pour l’usage médical.

Et au collège, qu’est-ce qui s’applique déjà ?

Là, c’est la loi, et depuis longtemps. L’article L. 511-5 du code de l’éducation pose l’interdiction d’utiliser un téléphone portable ou tout autre équipement terminal de communication dans les écoles et les collèges, sauf usage médical ou dérogation exceptionnelle prévue par le règlement intérieur.

Le lycée n’a jamais été couvert par ce texte. Il pouvait simplement, s’il le voulait, inscrire l’interdiction dans son propre règlement intérieur. C’est exactement cette faculté que la circulaire de juillet transforme en attente générale, en attendant la loi. Si le sujet des écrans vous suit à la maison, nous avons regardé si les écrans reculent vraiment chez les enfants, et rassemblé le reste dans notre dossier sur l’enfance en France.

Le 1er septembre, votre lycéen entrera donc dans un établissement où la règle sera peut-être une loi, peut-être un règlement intérieur voté en juin, peut-être encore une discussion en cours. La question à poser au chef d’établissement tient en une phrase : le conseil d’administration a-t-il délibéré, et quand ?

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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