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Sommaire
Décryptage
Votre montre connectée mesure le sommeil sans jamais lire votre cerveau : un accéléromètre suit vos mouvements et un capteur optique suit votre pouls. Elle en déduit une durée juste à quelques dizaines de minutes près, des réveils souvent ratés, des phases approximatives et un score dont la recette reste en partie cachée. Ses erreurs viennent surtout de là : immobile au lit, vous ressemblez à un dormeur.
Le fait
Face à la polysomnographie, l’examen de référence, les montres testées en laboratoire repèrent bien le sommeil, mais allongent la nuit et prennent une grande part des réveils pour du sommeil.
Notre lecture
Suivre une tendance a du sens : les auteurs d’une étude belge, menée à Anvers, jugent les meilleurs modèles utiles pour repérer des changements prolongés et marqués. Lire une phase précise ou un score au point près en a beaucoup moins.
La nuance
Les études d’Anvers et de Boston, détaillées plus bas, portent sur une seule nuit en laboratoire. Celle de Boston, où l’anneau Oura ne s’écarte de l’examen que sur le délai d’endormissement, a été financée par son fabricant.
À surveiller
Les auteurs de l’étude d’Anvers réclament des tests sur les modèles plus récents. En attendant, un score bas ne diagnostique rien : une insomnie qui dure se discute en consultation, pas dans les réglages de la montre.
Comment une montre connectée mesure-t-elle le sommeil ?
Le premier capteur, l’accéléromètre, enregistre les mouvements du poignet. Le second repose sur la photopléthysmographie : une lumière suit les variations de circulation sous la peau. Ce duo équipe les appareils testés dans une étude menée à Anvers, publiée en mars 2025. Des appareils récents captent aussi la température, et la plupart des fabricants ne détaillent pas leurs algorithmes, note une étude menée à Boston, publiée en octobre 2024.
En face, la polysomnographie, l’examen de référence, se fait le plus souvent la nuit en laboratoire du sommeil. Elle enregistre l’activité électrique du cerveau, les mouvements des yeux, la respiration et l’oxygène du sang, détaille la fiche de Santé.fr sur les examens du sommeil.
Est-ce que la montre connectée est fiable pour le sommeil ?
Oui pour repérer le sommeil, beaucoup moins pour en mesurer la durée au quart d’heure près. À Anvers, 62 adultes, dont des patients suspectés d’apnée du sommeil, ont passé une nuit en laboratoire sous polysomnographie, avec deux à quatre appareils aux poignets. Tous les appareils ont détecté plus de 90 % du sommeil réel. Selon le modèle, la montre allonge pourtant la nuit de 6 à 40 minutes en moyenne ; l’écart de 6 minutes reste dans la marge d’erreur de l’étude.

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À Boston, 35 adultes de 20 à 50 ans sans trouble du sommeil ont testé trois appareils. Les écarts sur la durée tombent à 3 à 9 minutes. Le protocole aide : huit heures au lit, une fenêtre qui surestime la concordance selon les auteurs.
Une méta-analyse de 24 études et 798 participants, parue en mars 2025, conclut que ces appareils restent moins fiables que la polysomnographie. Ils peuvent tout de même aider à suivre les habitudes générales de sommeil.
Pourquoi la montre se trompe-t-elle sur les réveils, le sommeil profond et le score ?
Parce que rester immobile ressemble à dormir. La psychologue Kelly Glazer Baron relevait en 2017, dans un communiqué de l’université Rush de Chicago, que ces appareils peuvent compter une lecture au lit comme du sommeil. À Anvers, sur 100 minutes passées éveillé, les appareils testés en ont compté 48 à 71 comme du sommeil. Une revue de 35 articles avance une autre cause : les nuits contiennent plus de sommeil que d’éveil, ce qui peut biaiser les algorithmes.
Le sommeil profond se reconnaît notamment à l’activité électrique du cerveau, un tracé absent du poignet. À Boston, l’Apple Watch Series 8 l’a sous-estimé de 43 minutes, sur 94 mesurées à l’examen. À Anvers, le même modèle en retire 25 minutes, quand le Whoop 4.0 en ajoute 31 et le Garmin Vivosmart 4 en ajoute 44. Le sens de l’erreur change selon le modèle.
Le score, un seul bulletin au matin, hérite de ces fragilités. La page d’aide de Google pour Fitbit et Pixel Watch cite six mesures, dont la durée, l’agitation et les réveils, comparées à des cibles selon l’âge et le genre, sans en donner le poids. La plupart des utilisateurs ont une moyenne entre 72 et 83 : un 75 est banal, même si Google le range en « Passable ».
Apple publie son barème dans le guide de l’Apple Watch : sur 100, 50 points pour la durée estimée, 30 pour la régularité du coucher, 20 pour les interruptions. Les interruptions dépendent de l’éveil, le point faible relevé à Anvers.
Quelle montre connectée choisir pour suivre son sommeil ?
Celle qui a été confrontée à une polysomnographie dans une étude publiée. Un test ne se transmet pas : les auteurs de Boston préviennent que leurs résultats ne valent pas pour les modèles suivants. À Anvers, l’Apple Watch Series 8 et la Fitbit Sense s’accordent le mieux avec l’examen sur les phases. Le Garmin Vivosmart 4 et la Withings Scanwatch ferment la marche, cette dernière fusionnant sommeil profond et sommeil paradoxal.
| Appareil | Durée surestimée (minutes) | Éveil compté comme sommeil (sur 100 minutes) | Accord avec l’examen (0 à 1) |
|---|---|---|---|
| Fitbit Sense | 6 | 51 | 0,42 |
| Apple Watch Series 8 | 20 | 48 | 0,53 |
| Whoop 4.0 | 24 | 60 | 0,37 |
| Garmin Vivosmart 4 | 38 | 71 | 0,21 |
| Withings Scanwatch | 40 | 69 | 0,22 |
Aucun de ces appareils ne remplace l’examen pour un diagnostic, précisent les auteurs d’Anvers. Reste un effet que la précision ne corrige pas. Un article médical de février 2017 décrit trois patients venus consulter pour un sommeil jugé court ou agité sur leur appareil. Pour faire monter le compteur, ils passaient de plus en plus de temps au lit. La quête de la nuit parfaite, compteur au poignet, porte un nom depuis 2017, proposé par l’équipe de Kelly Glazer Baron : l’orthosomnie.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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