Un dictionnaire anglais ouvert sur un bureau, quelques lettres en bois posées à côté

Combien de mots anglais connaissez-vous ? Le test viral vous donne un chiffre, voici ce qu’il mesure vraiment

Un quiz qui circule promet de chiffrer votre vocabulaire anglais sur les 170 000 mots de la langue. La méthode tient en quelques cases cochées, et la science fixe des repères clairs.

Sommaire
  1. En bref
  2. Comment le test fabrique son chiffre
  3. « Connaître un mot », ça veut dire quoi au juste
  4. Natif, apprenant : deux mondes de chiffres
  5. Questions courantes

Cocher une trentaine de cases suffit pour qu’un site vous annonce un chiffre rond : vous connaîtriez 18 000 mots anglais, ou 9 000, ou 27 000. C’est la promesse d’un test en ligne baptisé VocabOwl, repéré ces jours-ci sur Hacker News, qui prétend estimer votre vocabulaire sur les quelque 170 000 mots de l’anglais en usage. Concrètement, l’outil ne vous fait pas réciter 170 000 mots. Il en pioche un petit échantillon, mesure la part que vous reconnaissez, puis multiplie. Comprendre ce calcul change tout : le nombre affiché n’est pas une note, c’est une estimation, avec sa marge d’erreur et ses angles morts.

En bref

  • Un test viral repéré sur Hacker News estime votre vocabulaire anglais en vous faisant cocher les mots connus dans un échantillon tiré au sort, puis en extrapolant à toute la langue.
  • Référence scientifique : un adulte américain de 20 ans connaît en moyenne 42 000 lemmes, selon l’étude Brysbaert et al. (2016, Frontiers in Psychology).
  • Le projet Test Your Vocab situe les natifs entre 20 000 et 35 000 mots, et la plupart des apprenants entre 2 500 et 9 000.
  • En français, 5 000 mots suffisent à se faire comprendre au quotidien, et environ 3 000 familles de mots pour lire un journal.

Comment le test fabrique son chiffre

Le principe s’appelle l’échantillonnage, et c’est exactement la logique d’un sondage. Personne ne demande son avis à toute la France pour publier un résultat, on interroge un échantillon représentatif puis on généralise. Ici, c’est pareil, mais avec des mots. L’outil tire des mots à différents niveaux de rareté, du plus courant au plus pointu, vous demande de cocher ceux que vous connaissez, et calcule la proportion. Si vous reconnaissez 60 % d’un échantillon bien construit, l’estimation tournera autour de 60 % du dictionnaire de référence.

Une main coche des cases sur l'interface d'un test de vocabulaire sur smartphone
Vous cochez les mots reconnus dans un échantillon : l’outil en déduit le reste.

La fragilité tient à deux endroits. D’abord, l’échantillon doit couvrir toute l’échelle de fréquence, sinon il surévalue ou sous-évalue. Ensuite, la mesure repose sur de l’auto-déclaration. Vous cliquez sur les mots que vous croyez connaître, et rien ne vérifie que vous les connaissez réellement. C’est la limite majeure de ce format, et les chercheurs la connaissent bien.

« Connaître un mot », ça veut dire quoi au juste

Voici ce qui fait toute la différence entre deux chiffres très éloignés. Reconnaître un mot quand on le lit, c’est le vocabulaire passif. Savoir le ressortir soi-même dans une phrase, c’est le vocabulaire actif. Les deux n’ont pas du tout la même taille. On comprend beaucoup plus de mots qu’on n’en produit, parfois deux à trois fois plus, et le test viral mesure le premier, le plus généreux. Reconnaître un mot ne veut d’ailleurs pas dire en maîtriser tous les sens : un mot a souvent plusieurs acceptions, et cocher la case ne dit pas lesquelles vous tenez vraiment.

Un autre piège guette : déclarer connaître un mot qui n’existe pas. C’est tentant, un mot inventé peut sonner juste. Les bons tests glissent donc volontairement de faux mots dans le lot, des leurres, pour repérer ceux qui cochent au hasard ou par excès de confiance, puis corrigent le score à la baisse. Sans ce garde-fou, l’estimation gonfle artificiellement, et certains outils viraux n’en ont pas.

Les linguistes ne comptent d’ailleurs pas en mots bruts, mais le plus souvent en lemmes (un verbe et toutes ses formes conjuguées forment un seul lemme) ou en familles de mots (aider, aide, aidant comptent pour une). Selon la règle de comptage retenue, le même cerveau peut afficher 10 000 ou 50 000, sans tricher. D’où l’intérêt de regarder les repères solides plutôt que le seul nombre du quiz.

Ordres de grandeur du vocabulaire : 42 000 lemmes pour un natif anglophone de 20 ans, 2 500 à 9 000 mots pour la plupart des apprenants, environ 3 000 familles de mots pour lire un journal
Graphique Actu Alt Plus. Sources : Brysbaert et al. (2016, Frontiers in Psychology) et projet Test Your Vocab.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

Ces ordres de grandeur viennent de travaux sérieux, pas d’un compteur de site. La référence la plus citée est l’étude de Marc Brysbaert et de son équipe, parue en 2016 dans la revue Frontiers in Psychology. Croisant la littérature et un test passé par des dizaines de milliers de volontaires, elle estime qu’un Américain de 20 ans connaît en moyenne 42 000 lemmes, avec un écart large selon les profils, des 27 000 du dernier vingtième aux 52 000 des plus lettrés. Et le vocabulaire continue de grossir avec l’âge : environ 6 000 lemmes de plus entre 20 et 60 ans, soit un mot nouveau tous les deux jours.

Natif, apprenant : deux mondes de chiffres

L’autre grande source est le projet de recherche américano-brésilien Test Your Vocab, qui a fait passer son quiz à des centaines de milliers de personnes. Son verdict : la plupart des natifs adultes tombent entre 20 000 et 35 000 mots, tandis que les apprenants étrangers se logent le plus souvent entre 2 500 et 9 000. L’écart est moins humiliant qu’il n’y paraît. Pour lire un journal anglais avec un confort correct, quelques milliers de familles de mots suffisent, parce qu’un texte courant repose massivement sur les mots les plus fréquents. Le reste, ce sont les termes rares, ceux qui font justement gonfler le score d’un natif.

Un journal en anglais plié sur une table de café à côté d'une tasse, lumière du matin
Lire un journal demande quelques milliers de mots, pas les dizaines de milliers du dictionnaire.

Le parallèle avec le français remet les pendules à l’heure. Un adulte francophone mobilise autour de 5 000 mots pour se faire comprendre dans la vie de tous les jours, davantage s’il a poussé ses études, et le seuil de lecture confortable tourne autour de 3 000 familles de mots. Autrement dit, le chiffre vertigineux qu’affiche un test reflète surtout ce que vous reconnaissez, pas ce dont vous avez besoin pour vivre, lire et parler. Le quiz est un bon jeu pour se situer. La vraie information utile, c’est qu’on en sait toujours plus qu’on ne croit, et qu’on en utilise toujours moins qu’on n’en connaît.

Questions courantes

Comment le test estime-t-il mon vocabulaire sans tout me demander ?
Par échantillonnage : il tire un petit groupe de mots à différents niveaux de rareté, calcule la part que vous reconnaissez, puis extrapole à l’ensemble du dictionnaire de référence, comme un sondage généralise à partir d’un panel.

Quelle différence entre vocabulaire actif et passif ?
Le vocabulaire passif rassemble les mots que vous reconnaissez en lisant ou en écoutant. Le vocabulaire actif, plus restreint, regroupe ceux que vous savez employer vous-même. On en comprend toujours bien plus qu’on n’en produit.

Combien de mots connaît un anglophone natif ?
Environ 42 000 lemmes en moyenne à 20 ans selon l’étude Brysbaert et al. (2016), et entre 20 000 et 35 000 mots pour la plupart des adultes selon le projet Test Your Vocab.

Faut-il un énorme vocabulaire pour lire un journal ?
Non. Quelques milliers de familles de mots, autour de 3 000, suffisent à lire un texte courant avec confort, car la langue de tous les jours repose surtout sur les mots les plus fréquents.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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