
L’après-midi du lundi 25 mai, la plage de Three Cliffs Bay, au pays de Galles, est noire de monde. Soleil, chaleur, vacances scolaires de mi-trimestre. Les familles ont posé serviettes et parasols, les enfants pataugent au bord. Puis, en quelques secondes, la scène bascule : un courant d’arrachement, invisible, se met à tirer plusieurs baigneurs vers le large.
Ce qui suit tient en quelques minutes et décide de plusieurs vies. Sur cette plage surveillée par les maîtres-nageurs de la RNLI, l’organisation britannique de sauvetage en mer, le sang-froid de trois jeunes secouristes a fait la différence. Au total, sur le week-end férié et les vacances, l’équipe de Swansea a sauvé trois vies et porté secours à sept personnes.
Pourquoi raconter cela à l’approche de l’été ? Parce que ce courant-là, celui qui a piégé ces baigneurs, existe aussi sur les plages françaises, et qu’un réflexe simple, contre-intuitif, peut tout changer.

La chaîne qui s’est formée dans l’eau
Tout commence quand le sauveteur Morgan Burgess repère deux jeunes enfants emportés par le courant. Un garçon peine à garder la tête hors de l’eau, une fillette ne parvient plus à revenir vers le bord. Il entre dans l’eau avec un tube de sauvetage, accroche le garçon et ramène les deux enfants. Mais au large, la situation empire déjà.
Son collègue Rhys Sabine a vu d’autres adultes en difficulté plus loin. Il pagaie sur une planche de sauvetage jusqu’à un homme et une femme, les hisse à bord, puis fait signe qu’il faut du renfort. Le sauveteur Riley Jones se met à l’eau à son tour avec un tube, Morgan repart avec une planche. Une véritable chaîne humaine se tisse, au fil des allers-retours entre la plage et la zone où l’eau aspire.
Plus loin encore, Rhys voit un homme couler. Il abandonne sa planche, où les premiers rescapés sont déjà installés, et nage jusqu’à lui pour le ramener à la surface. Au même instant, Riley atteint une femme et une jeune fille et les maintient à flot. Morgan arrive avec la planche. Ensemble, ils ramènent tout le monde vers la plage, un par un, sans céder à la panique qui gagnait l’eau.

Sur le sable, un homme adulte a besoin de soins, reçoit de l’oxygène en attendant l’ambulance, puis est confié à un proche après évaluation. « La réponse rapide et coordonnée de l’équipe a permis que toutes les personnes entrées dans l’eau cet après-midi-là rentrent chez elles saines et sauves », résume Vinny Vincent, le superviseur des maîtres-nageurs.
Ce sauvetage de masse n’est pas un épisode isolé. Sur la même semaine de vacances, les équipes de Swansea ont enchaîné les interventions sur plusieurs plages : recherches d’enfants perdus avec l’aide des garde-côtes et de la police, baigneurs hors de leur profondeur à Langland, soins prodigués à un blessé sur Aberavon. Les températures de l’air montent, mais l’eau reste froide en début de saison, et le choc thermique, ce saisissement qui coupe le souffle quand on entre brutalement dans une eau glacée, demeure un danger bien réel. Depuis sa fondation en 1824, la RNLI dit avoir sauvé plus de 146 700 vies.
Le réflexe qui vaut aussi pour nos plages
Ce qui a manqué de tout faire basculer porte un nom : courant d’arrachement. C’est une veine d’eau qui file vers le large, capable d’emporter un nageur en quelques dizaines de secondes, parfois là où les vagues semblent absentes et l’eau trompeusement calme. Sur la côte atlantique française, on les appelle souvent les baïnes, du mot « petite bassine » dans le Sud-Ouest. Une cuvette se creuse dans le sable, se remplit à marée montante ou descendante, puis déborde : c’est ce trop-plein qui crée le courant de sortie. Comme le rappellent les Sauveteurs en Mer, même un excellent nageur ne peut résister à un tel courant et s’épuisera inutilement à essayer.
Le bon geste est contre-intuitif : il ne faut pas lutter. Vouloir nager droit vers la plage, à contre-courant, épuise en quelques minutes, et c’est souvent l’épuisement, plus que le courant lui-même, qui fait couler. La RNLI le résume par sa campagne « Float to Live », se laisser flotter pour vivre, et la SNSM dit exactement la même chose. Restez calme, ne résistez pas. Si vous le pouvez, nagez parallèlement à la plage pour sortir de la veine d’eau, là où le courant faiblit, puis regagnez le bord en biais quand vous sentez les vagues vous aider. Et si la fatigue gagne, basculez sur le dos : tête en arrière, oreilles dans l’eau, respirez calmement, bougez doucement mains et pieds pour rester à flot, sans paniquer si les jambes coulent un peu. Levez un bras pour vous signaler. En France, le numéro à composer est le 112, ou le 196 réservé aux secours en mer.
Quelques précautions évitent d’en arriver là. Se baigner sur une plage surveillée, dans la zone délimitée par les drapeaux rouge et jaune. Se renseigner au poste de secours sur la présence de courants. Prendre un repère fixe à terre, un rocher, un parasol, pour remarquer si l’on dérive. Prévenir un proche avant d’aller nager. Et ne jamais tenter de secourir seul une personne emportée si l’on n’est pas formé : on alerte les sauveteurs et on garde la victime à l’œil.
Cette consigne, simple à retenir, vaut pour Three Cliffs Bay comme pour les plages des Landes ou de Gironde. Et derrière elle, il y a ce que cette journée galloise a montré de plus précieux : des bénévoles qui se jettent à l’eau pour des inconnus, et une plage entière qui, ce soir-là, a pu rentrer dîner.
En bref
Qu’est-ce qu’un courant d’arrachement ?
Une veine d’eau qui file vers le large et peut emporter un nageur en quelques dizaines de secondes, parfois là où l’eau semble calme. En France, on parle souvent de baïnes sur la côte atlantique.
Que faire si je suis pris dans un tel courant ?
Ne pas lutter contre le courant, cela épuise. Nager parallèlement à la plage pour en sortir, ou se mettre sur le dos, tête en arrière, respirer calmement et flotter, puis appeler à l’aide et regagner le bord une fois le souffle retrouvé.
Qui sont les sauveteurs de cette histoire ?
Trois maîtres-nageurs de la RNLI à Swansea : Morgan Burgess, Rhys Sabine et Riley Jones, intervenus le 25 mai à Three Cliffs Bay, au pays de Galles.
Quel numéro appeler en cas de noyade en France ?
Le 112, numéro d’urgence européen, ou le 196 réservé aux secours en mer. Mieux vaut se baigner dans une zone surveillée et respecter les drapeaux de sécurité.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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